Biographie

“un beau jour, il faudra tuer l’homme qui est en moi”

Maurice Georges Dantec naît à Grenoble le 13 juin 1959, au sein d’une famille communiste, d’un père journaliste scientifique et d’une mère couturière et employée de service de la Ville d’Ivry-sur-Seine. Il passe la majeure partie de sa prime enfance dans cette ville, en pleine banlieue « rouge ». À l’âge de 5 ans, de violentes crises d’asthme vont éveiller en lui « d’atroces angoisses de mort imminente », dont le souvenir va hanter son adolescence. Ces problèmes de santé et la séparation de ses parents vont le conduire à vivre avec sa mère et sa soeur durant plus de 5 ans dans les Alpes, près de Grenoble, sa ville natale.Après une scolarité brillante, il entre en 1971 au lycée Romain-Rolland, où il rencontre Jean-Bernard Pouy, futur créateur du Poulpe, qui amplifie son attirance déjà bien ancrée envers les littératures “marginales” américaines de l’époque (roman noir, écrits psychédéliques, science-fiction). Très tôt, il devient également un fervent lecteur de Nietzsche et Gilles Deleuze. À la fin des années 1970, une fois le bac en poche, il débute des études de lettres modernes qu’il abandonne rapidement pour fonder les groupes de rock « État d’Urgence », puis “Artefact” . Durant les années 1980, il continue ses aventures musicales tout en travaillant en tant que concepteur-rédacteur dans la publicité.

Après avoir créé, en 1991, sans succès, une société de communication multimédia, il décide de se « mettre à écrire sérieusement », tout en travaillant dans une agence de télémarketing. Sur recommandation de Jean-Bernard Pouy, il soumet en 1992 à Patrick Raynal, directeur de la collection Série Noire, un « volumineux et impubliable manuscrit de cinq cents feuillets de deux mille signes » : l’éditeur , qui voit en lui “les signes d’un phénomène littéraire“, l’encourage alors vivement à lui livrer un autre ouvrage.

Interview pour Noise (Métacortex)

INTERVIEW MAURICE G. DANTEC NOISE MAGAZINE

Interview pour Noise

L’écrivain rock’n’roll. C’est presque un cliché. Pourtant, si on y regarde bien, peu d’écrivains français ont su faire de la littérature avec cet héritage électrique qu’on leur a légué. On a toujours beaucoup écris sur le rock’n’Roll, mais peu de romanciers ont su écrire avec le rock’n’roll. Votre littérature à vous est indissociable du rock’n’roll. De l’influence du rock psyche et du glam sur vos jeunes années à votre parcours en tant que musicien en passant par votre curiosité toujours vive pour ce que continue de produire cette musique à l’aube du XXIème siècle, est-il sérieux de dire que votre verbe a été forgé dans la musique électrique ?

C’est extrêmement sérieux en effet. Vous citez le rock psychédélique des années 60, le glam-rock des early 70s, il ne faut pas oublier Bowie, Iggy, Lou Reed, Roxy Music, Eno, la demi-décennie punk/new-cold-wave (76/77-82/83), la transmutation fondamentale SexPistols/PIL, Joy Division,  mais aussi les formes originelles du hip-hop (electrofunk new-yorkais, gogo-music de Washington DC), l’électro-industriel allemand, belge ou britannique, le mouvement techno de Detroit (Kraftwerk mixé avec le funk de Motor-City), l’aventure Hacienda, Happy  Mondays, Stone Roses, etc, des groupes  majeurs comme U2, Nine Inch Nails, ou Prodigy. Je ne cherche pas à « être au courant », c’est le courant qui cherche à être en moi, bref, le rock à joué en ce qui me concerne le rôle que le « polar » a je pense joué pour Manchette : l’expression artistique fondamentale du XXe siècle, c’est à dire celui de  l’arraisonnement de l’Homme par la Technique-Monde.

On pourrait rajouter néanmoins d’autres éléments clés :`

  • – la musique « classique » russe, il conviendrait mieux de dire « romantique » ou « post-romantique », ainsi que Mahler, et Beethoven.
  • – Des musiciens « contemporains » aussi différents que Debussy, Bartok, Messiaen, Ligeti.
  • – La musique « répétitive » : Terry Riley, La Monte Young, Steve Reich, Philip Glass.
  • – La musique du « Grand siècle baroque », selon moi 1650-1750 : Bach, Pergolèse, Haendel, et jusqu’à Mozart.
  • – La musique populaire celtique (j’y inclus certaines formes de country-music américaine).

– Vous avez fait partie du groupe État d’Urgence (plus tard rebaptisé Artefact) entre 1977 et 1980.  Un autre écrivain (qui est aussi devenu cinéaste) a également traversé ces années dans le même milieu. Je pense à F.J. Ossang, qui a marqué la scène post-punk avec son groupe MKB-Fraction Provisoire. Souvent associée au Rock Alternatif naissant, leur musique était pourtant très proche de vos centres d’intérêt de l’époque (même goûts pour la musique industrielle à la Throbbing Gristle et la littérature anglo-saxonne des Ballard/Burrough).

J’ai connu MKB-Fraction Provisoire au tournant de la décennie 70/80, après le split d’Artefact en tout cas. Je me souviens les avoir vu sur scène, mais avec d’autres groupes, un festival peut-être, je ne me souviens plus des circonstances exactes. J’avais noté la proximité de certaines influences, mais musicalement je m’éloignais déjà de cette scène post-punk alternative, je n’écoutais plus que de la cold wave, et les prototypes electro-indus. J’ignorais qu’Ossang faisait partie de ce groupe.

Dès 1983/84 j’ai commencé à abandonner le navire de la scène rock française. Fin 1985, je travaillais déjà pour le Capital-Simulacre.

– En parlant de scène post-punk française dans American Black Box, vous dites “Au début des années 80, on pressent que bientôt nous aurons le choix entre les Béruriers Noirs et Indochine“. Votre génération n’aura donc jamais pu concrétiser le projet que chérissait Yves Adrien d’inventer le “Rock Nucléaire des années 80”, mission qu’ont en revanche très bien remplis les anglais (PIL, Throbbing Gristle), les Allemands (Einstürzende Neubauten) et les Américains (Suicide). Qu’est-ce qui selon vous a foiré en France ?

Comme d’habitude. Les Français.

– Le rock en France : Les américains ont inventés le rock’n’roll, nous avons eu les yé-yé. Le monde anglo-saxon a donné naissance au Punk, nous avons eu Plastic Bertrand. Les anglais et les américains ont fait naitre le post-punk et le hardcore, nous avons eu le rock alternatif. Au milieu de ce cimetière de mouvements morts-nés sur notre sol, de quels groupes “hors normes”, ou “hors-genres” pouvons-nous tout de même être fiers ?

Métal Urbain, sans doute, pour commencer. Inventeurs avant tout le monde (76-77) de l’électropunk.

Kas Product, qui furent d’une certaine manière leurs successeurs au début des années 80.

Des groupes comme The Dogs. Electric Callas. Marquis de Sade. Je pense aussi à toute une micro-scène proto-electro qui tournait à Poissy sous le nom d’Usinor-Dunkerque, puis des Officiels, puis Century Boys, dont est sorti quelqu’un comme Claude Arto (Mathématiques Modernes), ou « Pat » et « Robert » qui donnèrent leurs noms à l’album des Rita Mitsouko. Que je peux sans problème ajouter à cette liste non exhaustive. Tout comme Alain Bashung, qui reste une singularité, comparable à Gainsbourg. Je n’ai pas très bien suivi ce qu’il a fait par la suite, un peu quand même, mais ce que produisit Daniel Darc avec Mirwais au cours des années 80 était franchement salvateur. Pour terminer, il existe un groupe qui est obscurci par la « renommée » – toute relative – d’Artefact. Je veux parler d’un projet que le groupe a conduit avec le chanteur Gregory Davidow, sous le nom de Spions Inc puis « The Party », avec la participation de Claude Arto, et qui se situe selon moi un cran au-dessus de ce qu’Artefact avait produit de son côté à la même époque.

– Le DVD de La Brune et Moi sort en ce début d’année. Votre groupe Artefact y fait une apparition. Vous rappelez-vous du tournage de ce film, et de quelle manière vous y avez été impliqués ? Quels souvenirs gardez-vous de cette période effervescente ?

Pas toujours si effervescente. C’est précisément ce que ce genre de films avait tendance, immédiatement, à oublier. Il y avait aussi beaucoup d’ennui, ce qui n’était pas pour déplaire à certains d’entre nous, plus sensibles au spleen solitaire qu’aux diverses formes d’enthousiasmes collectifs.

– Dans American Black Box vous évoquez à de nombreuses reprises Yves Adrien. Pourquoi à votre avis la scène Rock en France a donné aussi peu d’authentiques écrivains, juste des écrivaillons de la veine de Virginie Despentes ?

Pour les mêmes raisons que soulève votre question concernant la non-survie du rock français comme entité singulière à partir du milieu des années 80. L’esthétique de dandys atomiques des fulgurances initiales a été transformée en une panoplie « destroy » anarcho-misérabiliste qui ne pouvait conduire qu’à la bennes à ordures, en effet.

– Que pensez-vous de la presse qui traite du Rock aujourd’hui ? Suivez-vous toujours de près ou de loin la presse spécialisée ?

Il n’y a rien à en PENSER. Je ne «suis » ni de près, ni de loin, une « presse rock » qui ne traite de la littérature que dans une rubrique à part.

– Qu’en est-il du projet Aircrash Cult, groupe dont vous êtes parolier, dans lequel on découvre David Kersan (son agent littéraire, ndr) au chant, le musicien français Lionel Pezzano, et produit par David Coquart, Black Box United.

On a pu voir quelques vidéoclips/démo sur le net, un album est-il en cours ?

Un album est en cours de mixage. Le second est déjà prêt à être enregistré.

– “La beauté c’est ce qui en ce monde n’est pas de ce monde” (American Black Box). Dans vos romans, seuls les femmes, les paysages et les phénomènes naturels (les aurores boréales, pour ne citer qu’elles) sont les agents de cette grâce. Si cette beauté que vous évoquez fréquemment dans vos livres s’est incarnée au cours du XXème siècle dans un disque de votre collection, lequel serait-il ?

Non. Je suis prêt à éradiquer toute une ville pour sauver l’intégralité de ma bibliothèque. Je peux faire quelques concessions pour mes disques. Mais pour ne m’en faire conserver qu’un seul, je vous conseille l’usage d’armements non conventionnels.

– Que vous inspire en tant que catholique les pétitions que certains groupes religieux font circuler contre certains festivals de rock ou de métal, considérés comme “sataniques” ?

Ils feraient mieux de s’occuper des vrais agents de la régression satanique/matérialiste, dont certains oeuvrent désormais au sein même de l’Église.

J’ajoute que la mouvance « dark metal/sataniste » me désintéresse au plus haut point.

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– Dans vos fictions comme dans vos trois TdO, la musique tient toujours une place très importante. On a même l’impression à vous lire que chaque livre possède sa propre playlist. Certains titres jouent même un rôle très importants dans la narration en elle-même. Quel rôle dynamique joue le rock sur l’écriture en elle-même ?

Le rock s’inscrit naturellement dans l’ensemble des autres influences musicales, je peux sans problème passer de Ligeti à Renegade Soundwave, de Stravinsky à Bob Dylan, puis de Suicide à Pergolèse. Les « play-lists » sont facultatives, et provisoires, sans compter qu’elles évoluent avec le temps, il m’arrive d’écrire dans le plus total silence, voire avec CNN dans le fond, comme c’est le cas à présent.

– Vous souvenez-vous précisément quelle a été votre playlist lors de l’écriture de Metacortex ?

Oui, je l’ai fournie à l’Association des Lecteurs. Une trentaine de titres, mais en prenant en compte son évolution dans le temps (ndr : en gros on y trouve entre autre Archive, Blue Öyster Cult, Brian Eno & Boards of Canada, Depeche Mode, Suicide, T-Rex, Youth Engine Records, The Who, The The, Hooverphonic, John Carpenter, Gary Numan, Front Line Assembly, Foo Fighters, Sisters Of Mercy)

– Écoutez-vous systématiquement de la musique quand vous écrivez ? Si oui, comment gérez-vous votre playlist par rapport aux différents stades d’écriture du livre ? L’écriture d’un livre comme Metacortex a dû se dérouler sur plus d’un an, dans ces conditions j’imagine qu’une playlist-type doit considérablement bouger durant cette période.

Concernant la première question, je vous réponds un peu plus haut.

Un noyau de base reste en place, généralement, puis la playlist se développe avec l’écriture, et enfin une sélection s’opère d’elle-même, je termine généralement avec un noyau dur à la fin, qui peut être le même que celui du départ ou tout autre chose. Il n’y a aucune règle pré-établie.

– Dans une interview réalisée six mois avant la sortie de Metacortex, vous aviez parlé de l’influence qu’avait pu avoir l’album “Tyranny and Mutation” de Blue Öyster Cult sur l’écriture du roman. Pourtant à la lecture du livre, on ne retrouve aucune référence directe à ce disque. L’influence de ce disque a donc du travailler dans l’ombre. Pourriez-vous nous expliquer de quelle manière ?

Rapport Politique/Culture, Rouge/Noir, Méthédrine/Quaalude, Science/Fiction, Cube-Monde/Métacortex. J’ai bien expliqué ? (rires)

– Le livre s’ouvre sur une citation tirée d’une chanson de Dead Or Alive (non : ABC), puis sur une autre de Joseph de Maistre. Dans American Black Box, vous dites “Il n’y a aujourd’hui rien de plus conservateur qu’un groupe de Rock-music“. Le rock est-il pour vous une forme de réaction contre le monde moderne, comme Maistre a pu être lui-même une réaction aux idéologies progressistes du XVIIIème siècle ?

Cette confusion est de ma faute. Je n’utilisais pas le terme « conservateur » dans le sens où vous l’avez compris, son sens original, « contre-révolutionnaire », j’ai usé du sens qu’il a pris aujourd’hui, à savoir que des groupes comme Metallica (qui est celui que je prenais en exemple, je crois) se contentent de répéter les sempiternels mêmes riffs « métal », avec les postures-clichés qui vont de pair, et les textes niveau secondaire qui les « accompagnent ».

– On a tendance, encore aujourd’hui, à considérer le rock comme une musique subversive, pourtant cela fait bien longtemps qu’elle a totalement été avalée par l’économie-monde. Sous quelle forme pensez-vous que le rock va subsister durant le siècle qui vient de débuter ?

Je me fiche complètement qu’une musique soit « subversive » ou pas. Bach « subversif » !

Il n’y a que les trotskystes pour croire ce genre de balivernes. Le rock subsistera à tout, il a survécu à plusieurs explosions atomiques. Il pourrait même survivre à ce monde. Et à son « économie ».

– Par extension, dans un monde où “jouer le subversif” est un moyen de prendre du galon dans la sphère médiatique, les conservateurs sont-ils les derniers à être capable de créer un authentique scandale ?

Je vous l’ai dit, le mot « conservateur » n’est plus adéquat, car qu’avons-nous à conserver de ce monde merdique, l’autre ayant disparu depuis plus de deux siècles ? Je ne me considère même pas comme un « réactionnaire », réagir ne suffit pas, même si cela prouve qu’on est encore vivant. Je crois au principe d’affirmation nietzschéen. C’est la raison pour laquelle je me définis comme un Catholique-Futuriste.

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– Du personnage de Alice dans La Sirène Rouge (qui a l’age de douze ans a déjà dévorée des tonnes de livres de toutes sortes) jusqu’à vos bikers qui lisent Joseph de Maistre dans Metacortex, vos personnages sont depuis toujours des gens érudits. Leur rapport au monde semble systématiquement passer par le livre. Le vrai challenge serait-il pour vous de raconter une histoire du point de vue d’un homme ordinaire ?

Un homme « ordinaire » n’a aucune histoire à me raconter, quelque soit son « point de vue ».

– Dans votre roman Villa Vortex, on fait exploser des usines en écoutant le “Diamond Dogs” de Bowie, dans American Black Box vous dites avoir aimé écouter “Nightclubbing” de Iggy Pop en pleine guerre des Balkans. Metacortex, lui, se déploie entre deux époques qui circonscrivent plus ou moins la naissance du Rock et la fin supposée du monde telle que nous l’avons connus. Pourquoi le rock est-il chez vous toujours associé à la guerre ou à la destruction?

Ce n’est pas « chez moi ». Le rock est la bande sonore de la seconde moitié du XXe siècle, cela devrait répondre à votre question. Le véritable lieu de naissance de cette musique n’est sans doute pas Memphis, Tennessee, mais Los Alamos, Nouveau-Mexique.

– Vous dites souvent que chacun de vos livres est écris contre le précédent. J’ai cependant l’impression que depuis Villa Vortex (depuis votre conversion au christianisme, en fait), chaque nouveau volume de votre œuvre est un approfondissement de vos préocuppations et une amélioration perpétuelle de la forme. Les questions théoriques me semblent à chaque fois mieux fondues dans la matière narrative, à tel point que Metacortex est de loin votre roman le plus fluide. Est-ce que c’est genre de chose à laquelle vous travaillez, ou bien est-ce que vous laissez l’expérience faire son œuvre ?

Vous avez répondu à la question. L’expérience narrative est précisément celle qui me permet de continuer d’affirmer que chaque livre naît de la destruction créative du précédent. Le Christianisme est basé sur le principe du dogme évolutif et comme le dit Nicolà Gomez d’Avilà, il naît d’une tension toujours entretenue entre hérésie et orthodoxie.

La nécessité d’entrelacer au plus profond du matériau littéraire les questions théoriques et les diverses formes de narration comme des « échos » les unes des autres est une conséquence directe de cette expérience.

– Cosmos Inc et Grande Jonction nous mettaient en garde contre l’avènement d’un monde “mégamachinique” où les hommes seraient devenus les rouages isolés d’une gigantesque machine qu’ils ne parviendraient plus à se représenter dans son ensemble. Dans Metacortex, on est paradoxalement dans un monde où la condition sine qua-non pour survivre est justement de devenir machine (machine à tuer, machine à traquer, machine à décoder les secrets du monde). Metacortex nous dit donc en substance que la machine n’est pas un danger en soi, mais que c’est le manque d’Être face à la machine, notre incapacité a inventer une authentique relation metaphysique homme/machine qui pourrait nous perdre. J’ai bon, m’sieur ?

Tout bon, jeune homme. Vous êtes donc recalé pour un poste aux Inrockuptibles .

– Dans vos romans, survient toujours ce moment où la rencontre d’un imprévu scientifique avec une singularité humaine amène une évolution radicale de l’espèce, ou signe l’avènement du post-humain, ou d’un humain hybride (capable, par exemple, de parler le langage des machines, où de décrypter l’invisible). La technique semble être le seul vecteur qui puisse permettre à l’homme d’accéder au salut. L’homme ne peux t-il se sauver seul ?

Entièrement d’accord avec votre première analyse. Pour la suite : non, non. Relisez votre question précédente. La Technique ne risque pas de « sauver » l’Homme, si quelque chose le peut. La Technique comme « pensée autonome » comme « agent intelligent » à la manière d’Averroes, est née de la séparation absolue établie entre Science et Révélation. Depuis les Racines du Mal j’envisage la question sous cette forme.

Quant à savoir si l’Homme peut se sauver seul, cela consiste d’abord à présupposer qu’il puisse SE sauver. Si c’était le cas, pourquoi ne l’a-t-il pas déjà fait ?

En fait l’homme est sauvé, mais il ne le sait pas, ou refuse de le croire, ou ne veut pas l’être.

C’est la raison pour laquelle la Chute ne s’arrête pas.

– Ce saut quantique dans l’évolution de vos personnages de fiction représente t-il à votre échelle d’écrivain la découverte de certains livres décisifs ?

Livres ou événements « vécus », car c’est la même chose. En fait, bien souvent, ce sont mes personnages qui me guident vers certains ouvrages.

– En parcourant ce qu’on raconte de vous dans la presse et sur la toile, je vois parfois votre nom associé aux mots “islamophobie”, “réactionnaire” et autres noms d’oiseaux. Pourtant quand j’ouvre vos livres, me viennent tout de suite à l’esprit les mots “Lumière”, “Espérance”, “Beauté”, “Poésie du territoire”. Qu’est-ce qui produit selon vous un tel écart ?

S’occuper de politique c’est inévitablement entrer dans les ténèbres humaines. Je ne suis pas « islamophobe », étymologiquement cela signifierait que j’aurais peur de l’islam, ce qui est une bonne blague. Je considère l’islam comme un totalitarisme religieux régressif à la base, je constate que depuis 14 siècles, malgré leur prétendue maîtrise d’Aristote et des chiffres qu’elles ont soi-disant inventé, les différentes sociétés islamiques n’ont pas su produire une seule théorie scientifique d’importance, aucune technologie nouvelle, rien.

Il ne faut d’ailleurs jamais dire que les émirs de la Péninsule Arabique sont devenus riches grâce à leur pétrole. Ils sont devenus riches grâce à notre moteur à explosion.

– Metacortex est probablement le roman dans lequel on trouve le plus grand nombre de morts. Paradoxalement, il est aussi celui qui laisse percer le plus d’espoir. J’ai un peu la même sensation à la lecture de vos textes dits “polémiques” (publiés dans les Théâtre des Opérations, dans Égards ou dans Ring), comme si la colère avait laissé place à une grande sérénité, une grande quiétude face aux catastrophes à venir. Qu’est-ce qui a changé en vous en l’espace d’une petite décénnie ?

La Paix est un moment de la Guerre.

– La notion de sacrifice est omniprésente dans Metacortex. Vous citez Joseph de Maistre, qui a énormément écris sur le sujet, mais on devine aussi en sous-texte une lecture très studieuse de René Girard. Cette notion de sacrifice, j’imagine qu’on la retrouve jusque dans l’acte même d’écrire. Metacortex vous a probablement pris un an / un an et demi de votre vie, que sacrifie t-on en tant qu’écrivain pour accoucher d’un tel livre ?

Plusieurs bons millions de neurones pour commencer. Un sacrifice qui ne comporte pas un don physique du corps n’est… qu’une vue de l’esprit, justement.

– Vous avez toujours revendiqué ne pas réellement être l’auteur de vos romans. Vous dites toujours que le “Je” n’existe pas, que l’écrivain est multiple, que ce sont les histoires qui cherchent à exister à travers vous, que ce sont les voix des morts qui s’expriment à travers votre plume, que l’écrivain n’est rien de plus que le vecteur de forces qui le dépassent. Dans Metacortex, la relation machinique/métaphysique qui va connecter Verlande avec l’invisible, lui ouvrir les secrets qui recouvre le monde, est t-elle une façon absolue de parler de la relation qui vous lie avec ces mondes qui ne demandent qu’à naître ? Metacortex n’est-il pas au fond une allégorie de votre condition d’écrivain ?

Oui, bien sûr, mais tout écrivain, me semble-t-il, est confronté à cette problématique. À lui d’oser l’affronter, ou pas.

Comme tous mes romans depuis les origines, Métacortex n’échappe pas à la régle. Je circonscris de plus en plus la « chose », c’est tout. Network-Centric Schizo-narration.

– Vous ne cachez jamais dans vos romans les livres qui vous ont aidés à les concevoir. Au contraire, les livres des autres interviennent toujours en tant que processus dynamique, à tel point qu’on peux entrevoir au fil des années la transformation de votre pensée rien qu’en parcourant cette “bibliothèque virtuelle”. Vous jouez le jeu d’une transparence totale, là où la plupart des écrivains restent plutôt discrêt concernant les livres qui les influencent/transforment.

Les livres sont des formes de vie.

Si beaucoup d’écrivains restent « discrets » au sujet de leur influence réelle sur leur propre production c’est parce que cette conception leur est étrangère et que par conséquent la « transformation » – à laquelle ils font d’ailleurs souvent référence – reste de l’ordre « intellectuel ».

Or un livre est une expérience physique. Neurophysique.

– Quelle leçons avez-vous tiré des faiblesses de Villa Vortex (premier tome de la trilogie Liber Mundi) avant d’attaquer la conception de ce deuxième tome ?

Que ses faiblesses étaient sans doute des forces mal exploitées. J’ai donc attendu plusieurs années avant de laisser place à ce second volume de Liber Mundi, je ne devais plus pêcher par précipitation, je devais donner le temps à Métacortex de réunir toute la masse critique avant de le laisser détoner.

– Depuis Villa Vortex (depuis votre conversion au christianisme, en fait), vous me semblez produire une authentique littérature de l’invisible, la foi, les anges, le chaos, l’amour, l’entropie. L’essentiel dans la vie terrestre semble être à vos yeux tout ce qui est invisible à l’œil nu. Parmi tous vos livres écrits depuis 2003, Metacortex me semble être le premier a livrer un mode d’emploi, le premier à offrir une arme de guerre littéraire pour décoder le réel.

Vous me permettrez de prendre cela comme un compliment. Tous mes livres convergent vers ce but « viral », mais il est vrai que pour la première fois, avec ce roman, j’ai eu l’impression de toucher pleinement la cible, et pas très loin du centre.

– La chanson “Massacre à l’électrode” que vous chantiez avec votre groupe Artefact à la fin des années 70 commençait sur ces mots : “Fillette qui pleure dans la souffrance“.

Pourchassées dans La Sirène Rouge, assassinées dans Les Racines du Mal/Artefact/Metacortex, torturées et transformées en automate dans Villa Vortex, la fillette suppliciée est une image récurrente dans l’imaginaire Dantecquien depuis plus de 30 ans. D’où vous vient cette obsession ?

Mon côté sentimental, je présume.

Plus sérieusement, je ne sais pas, et peu importe. Elles, elles le savent, c’est amplement suffisant.

– De la même manière, le symbole de la bibliothèque est un élément central, aussi bien dans votre vie que dans vos romans. Je ne ferais pas l’affront de vous demander pourquoi cette récurrence, j’aurais plutôt tendance à me demander pourquoi cet élément est si peu cet élément dans la littérature des autres.

Parce qu’ils font de la « littérature » avec leur moi.

En ce qui me concerne, ma littérature a pour objectif la destruction de ce qu’il en reste.

– Que trouves t-on comme acquisitions récentes dans votre bibliothèque ?

De la Patristique essentiellement.

La Route de Mc Carthy. Les dernières productions de JG Ballard. Novalis (Le Brouillon Général).

Le dernier catalogue Sig-Sauer.

– Vous associez également le rock au Christianisme. Dans American Black Box vous dites “j’ai trop aimé le rock’n’roll pour autre chose que catholique“. Plus loin, vous récidivez en disant “sans la Très Sainte Électricité de quelques dandies du XXème siècle finissant, jamais sans doute je n’aurais pu adhérer à la religion catholique“. L’Électricité, la Lumière, le Verbe, la Beauté, pourquoi ai-je l’impression que dans votre littérature tout a l’air de provenir de la même source ?

Parce que c’est le cas. Toute littérature est un écho du Verbe, qu’on le veuille ou non.

– Vous venez récemment de changer d’éditeur et venez de rejoindre James Ellroy, Dennis Lehanne, mais aussi Giorgio Agamben et Günther Anders chez Rivages. Quel influence va avoir sur votre écriture un tel changement d’éditeur, connu pour le prestige de sa ligne éditoriale, aussi bien dans le roman noir que dans l’édition d’essais ?

Vous avez cité les quatre pôles – je remplacerais peut-être Lehane par J. Lee Burke – par lesquels ma littérature prend forme. Les auteurs de la Technique-Monde devenue omnipotente (avec certains écrivains de SF), et les théoriciens critiques de cet arraisonnement.

Je suis sioniste, et je le dis

Une interview de Maurice G. Dantec réalisée en février 2004 par l’agence de presse franco-israélienne Guysen News, qui refusera de la publier, prétextant une référence à Léon Bloy. Alors que Dantec voit en Bloy un “authentique chrétien sioniste”, Guysen l’a définitivement rangé dans les rangs des plus ignobles antisémites.

Zionist

L’interview

FRANÇOIS MEDIONI: En premier lieu, qu’est-ce qui vous a motivé à entrer en contact avec les Jeunesses Identitaires ?

MAURICE G. DANTEC : Cette mouvance est un rassemblement hétéroclite de jeunes gens perdus de l’Occident post-moderne. J’ai moi-même, étant jeune, il y a un peu plus de 20 ans, fréquenté durant un ou deux ans cette mouvance. Mon idée était d’entamer un dialogue ouvert et critique pour que les Identitaires aillent au bout de leur réflexion et comprennent la nécessité de l’unité mondiale des Chrétiens, du combat aux côtés de l’Amérique Impériale et du Royaume d’Israël contre l’alliance Verts-Bruns-Rouges.

En dépit de la propagande néotrostskiste des médias du pouvoir, ce ne sont pas des NAZIS : en effet, aujourd’hui les Nazis soutiennent ouvertement l’islam radical et se regroupent avec l’extrême gauche anarchiste, comme c’est le cas à grande échelle, vous le savez sans doute, en Californie. Visitez Aryan Nation, un exemple, puis les sites affiliés aux Identitaires, et établissez sans crainte les comparaisons, et les différences : elles sont sans compromis, me semble-t-il. D’autre part, et au-delà même de cette distinction, j’ai bien spécifié dans mon communiqué TOUT ce qui m’OPPOSAIT aux Identitaires, et sur des sujets non négligeables : comme l’Amérique ou Israël. Mais en France, vous n’avez le droit de vous adresser qu’à ceux avec lesquels vous êtes d’ACCORD, ou qui font CONSENSUS. J’aurais dû envoyer ma lettre au Dalaï-Lama, ou à Jacques Chirak le Bienheureux, rien ne me serait arrivé.

Saviez-vous que Maxime Brunerie qui a tenté d’assassiner Jacques Chirac appartenait à cette mouvance ?

D’abord, je m’en fous. Chirak n’est pour moi qu’un valet des islamo-gauchistes et des dictateurs pétrolifères. Il est au pied, tel le chien devant son maître, des Organisations Islamiques de France, qui lui font un socle électoral non négligeable : c’est un TRAÎTRE, il a trahi tout ce que pourquoi 3 générations de Francais se sont battus au XXe siècle.

Ensuite : Maxime Brunerie n’appartenait pas au Bloc Identitaire, mais à un groupuscule fasciste pro-islamiste nommé Unité Radicale, et avec lequel le Bloc Identitaire est, sur cette question centrale justement, en totale rupture – et encore : en fait Brunerie n’avait je crois qu’une carte de militant du MNR, le parti de Mégret ! Nous sommes en pleine manipulation stalinienne de l’information. En France, les rédactions ne sont rien d’autres que des appendices des Renseignements Généraux. Et le pire c’est que tout le monde le sait !

Que pensez-vous de l’idéologie des Jeunesses Identitaires et de l’extrême-droite en général ? Pensez-vous qu’elle est compatible avec l’idéologie qui sous-tend la civilisation occidentale: démocratie, droits de l’homme, anti-racisme (authentique pas la version MRAP) ?

Vaste débat. L’idéologie qui “sous-tend” la civilisation occidentale, cher monsieur c’est d’abord le Génie du Christianisme, durant 18 siècles. Ensuite : “démocratie”, droits de l’Homme, antiracisme, ATHÉISME, c’est justement celle du MRAP, qui est venue recouvrir la première de son bavardage lénifiant ! Celle de ceux qui crient “mort aux Juifs !” dans les manifestations pour la “Palestine” ! C’est celle des Lumières. Celle du rationalisme Jacobin-révolutionnaire. Celle de la République “laïque”. Celle du socialisme institutionnel.

C’est cette idéologie qui “paradoxalement” a selon moi conduit 6 millions de juifs à la chambre à gaz. Relisons Hannah Arendt et Heidegger ! C’est normal : toute cette idéologie moderniste-jacobine est arqueboutée sur la volonté de NIER DIEU, et donc toute souveraineté qui s’y rattache, et tout souvenir même de son existence. En cela le juif, le juif “croyant”, “non-assimilé” à la matrice égalitaire athée républicaine, est un “problème”, une “question” – n’est-ce-pas ?- comme le dirent les exterminateurs marxistes.

Hitler est un Saint-Just allemand, un Luther dégénéré mâtiné de Lénine.

NOUS AUTRES, Chrétiens-sionistes, n’avons pas comme bases idéologiques les terroristes de 1793, de 1870, 1933, ou 1917 !

Le Monde et Libération ont-ils déjà tenté dans le passé de vous discréditer ?

Depuis la parution du Théâtre des Opérations, I et II, la haine à mon endroit ne cesse de monter : c’est que ces gens là m’ont d’abord soutenu, voire encensé. Or, en France, la coutume est de lapper la main du maître médiatico-culturel qui vous a donné quelques miettes à grignoter et permis de vous faire une “carrière” dans la littérature. Si vous ne respectez pas la coutume, vous êtes pire qu’un Judas, car vous démontrez non seulement la mesure de votre liberté, mais celle de leur propre servitude.

Selon vous, pourquoi la mouvance des bobos gauchos vous déteste-t-elle autant ?

Voir la question précédente. Ils me détesteront d’autant plus que je leur montrerais leur propre visage, hideux et cosmétique, dans le miroir de ma littérature : ils y verront la mort au travail, qui les ronge, et les panique.

Quelles sont vos positions concernant les USA, Israël ?

J’écris depuis dix ans. Depuis dix ans j’ai toujours affirmé très clairement mon soutien à la civilisation américaine. Et depuis dix ans, je dérange pour cela. C’est que je ne suis pas un de ces “pro-américains” qui, comme monsieur Colombani, du Monde, braille avec la foule que “nous sommes tous américains” au lendemain du 11 septembre, pour tout de suite après cracher virilement sur les 300,000 GIs morts sur le sol de France, lorsqu’il s’agit de faire pour de bon la guerre au terrorisme et aux dictateurs pétrolifères. En cela, vous noterez que le Monde, ce n’est pas autre chose que La Voix de la France.

Ma conception de l’Amérique a de quoi surprendre un pigiste de la presse Chirakienne, soyez en sûr. Comme en ce qui concerne Israël. Je crois en la destinée manifeste du peuple américain comme je crois en la destinée manifeste du peuple juif, du Peuple de la Parole. C’est pour cette raison que je suis complètement cinglé et bon à enfermer dans les asiles psychiatriques de la République. C’est pour cette raison que les nazillons trotskistes de Libération se déchaînent contre moi.

Pensez-vous qu’il y a aujourd’hui un conflit entre l’occident et l’islam ?

Ce conflit vieux de 14 siècles est brutalement réactualisé à l’heure de l’Armageddon nucléo-orbital, à l’heure de la Technique-Monde. Cela, vous le savez, était ÉCRIT, dans les DEUX Testaments.

C’est pour cela que l’on cherche à me faire taire, de toute urgence : je prétends disséquer les composantes géopolitiques, historiales et eschatologiques de cette Guerre, et je le dis. Je suis Chrétien et je le dis, je suis Sioniste, et je le dis, je crois en la civilisation occidentale, et je le dis, je suis opposé à l’islamisation de la France – et de l’Europe – et je le dis, je suis opposé à la barbarie néonazie des organisations terroristes palestiniennes et je le dis, je suis pour les États-Unis et contre l’ONU, et je le dis.

Je ne mérite rien de moins que la potence.

Vous revendiquez votre catholicisme et vous soutenez les Etats-Unis et Israël, pourtant, la droite et la gauche catholique, pour des raisons différentes, sont généralement hostiles à Israël et aux Etats-Unis. Comment expliquez-vous cette position atypique ?

Le monde change. Le christianisme est en crise mais cette crise est aussi son SALUT. La Guerre en cours est une Prophétie. Aux USA Catholiques, Évangéliques, Juifs, dressent un front commun contre le nazisme islamique et la post-modernité anti-occidentale. En Europe, et en France tout particulièrement, l’athéisme jacobin révolutionnaire aura exercé sa néfaste influence pendant tout le XXe siècle : mais cela est TERMINÉ. Il existe désormais une ligne de convergence ABSOLUE entre les vrais Chrétiens et les Juifs, contre les néo-phillistins d’une Église post-concilaire qui est en train de s’auto-détruire. En “Palestine”, des changements ont lieu. Désormais les Catholiques d’Orient commencent eux aussi à réfléchir et à se demander quel serait leur sort dans l’état indépendant d’Arafat et du Hamas.

D’autre part, notre tradition (méta)nationaliste, européenne, et chrétienne vient de Joseph de Maistre, PHILOSÉMITE bien connu. Et je ne parle pas de Bloy, Boutang, Abellio et bien d’autres : c’est cela être un Chrétien-Sioniste (voir votre dernière question).

Depuis plusieurs semaines, vous êtes mis en cause et stigmatisé dans un certains nombre de médias français, pensez-vous que cela soit du à vos positions politiques ?

Évidemment. Je suis contre TOUT ce qui fait bander le Franchouillard centriste bobo d’aujourd’hui. Contre Chirak. Contre les 35 heures. Contre Nick Mamère. Contre le rap nazi-cool. Contre le pacifisme. Contre Arafat. Contre les Guignols de l’Info. Contre Pierre Marcelle. Contre Thierry Ardisson. Contre Tariq Ramadan…

Quelles sont selon vous les autres motivations de cette campagne ?

La haine des nabots et des écrivaillons post-modernes, tel l’inénarrable acarien Arnaud Viviant, et ses complices de la Nomenklatura intellectuelle parisienne. Tous ceux qui trouvent la lecture de mes romans “insurmontable”. Tous ceux qui ne supportent pas qu’un gars de ma génération ne s’agenouille pas devant le premier caca “déconstruit” de ses contemporains.

Pensez-vous que cela soit susceptible d’avoir des répercussions sur votre carrière littéraire ?

Cela en aura, c’est certain. Ou alors vous ne connaissez pas la République Populaire de France.