"En France, les pires ennemis de la littérature sont les écrivains eux-mêmes"
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Maurice G Dantec

 

Un an plus tard Les Éditions Gallimard publient La Sirène rouge, dans la collection Série noire en 1993, qui sera adapté au cinéma en 2002. À mi-chemin entre le polar et le roman-feuilleton, très remarqué par la critique dont Libération qui y voit "l'un des plus grands polars de tous les temps et la naissance d'un auteur déjà culte", ce premier ouvrage remporte le Trophée 813 du meilleur roman policier et deviendra un classique en moins de 10 ans, dépassant les 200000 ventes. Succès fulgurant et deux ans plus tard, avec Les Racines du mal, en 1995, Maurice Dantec signe un second roman mâtiné de polar et de science-fiction. Ce roman culte va faire de lui le chef de file de ce qu'on appelle l'école du néo-polar. Le public est pris par surprise, les éditeurs aussi., ce qui ne l'empêchera pas de décrocher le Grand Prix de l'Imaginaire et le Prix Rosny Aîné en 1996. Crossover gonflé, Les Racines du Mal navigue entre polar, SF, thriller, et essai. La griffe Dantec est là. Il n'y a plus de genre, si ce n'est le genre Dantec et une narration singulièrement hypnotique.  Dantec déclare qu'en dehors de son contrat avec la maison Gallimard, il a signé avec ce livre, "un contrat avec le Diable". La littérature est un art total, viral. A grands coups de déclaration sur ce mode définitif qu'il aime tant on le voit sortir de la niche du roman policier. Personnage énigmatique, Dantec voit son second roman traduit dans 15 pays, mais ouvre toujours plus sur des prises de positions qui n'arrangent pas ses relations avec le petit milieu de l'édition. Ses déclarations dépassent de très loin le cadre dans lequel on préfère voir un auteur de polar et lui attirent de nombreuses inimitiés, en même temps qu'elle conforte dans son adhésion au cas Dantec un public de fidèles, presque d'initiés.