biographie

Biographie de Maurice G. Dantec

 

Maurice George Dantec naît à Grenoble le 13 juin 1959, au sein d'une famille communiste, d'un père journaliste et d'une mère couturière et employée de service de la Ville d'Ivry-sur-Seine.

Il passe la majeure partie de sa prime enfance dans cette ville, en pleine banlieue « rouge ». À l'âge de 5 ans, de violentes crises d'asthme vont éveiller en lui « d’atroces angoisses de mort imminente », dont le souvenir va hanter son adolescence. Ces problèmes de santé et la séparation de ses parents vont le conduire à vivre avec sa mère et sa soeur durant plus de 5 ans dans les Alpes, près de Grenoble, sa ville natale.




En 1971, retour à la grande ville : il entre au lycée Romain-Rolland, où il rencontre Jean-Bernard Pouy, futur créateur du Poulpe, qui amplifie son attirance déjà bien ancrée envers les littératures "marginales" américaines de l'époque (roman noir, écrits psychédéliques, science-fiction). Très tôt, il devient également un fervent lecteur de Nietzsche et Gilles Deleuze. À la fin des années 1970, une fois le bac en poche, il débute des études de lettres modernes qu'il abandonne vite pour fonder les groupes de rock « État d'Urgence », puis "Artefact" . Durant les années 1980, il continue ses aventures musicales tout en travaillant en tant que concepteur-rédacteur dans la publicité.

Après avoir créé, en 1991, sans succès, une société de communication multimédia, il décide de se « mettre à écrire sérieusement », tout en travaillant dans une agence de télémarketing. Sur recommandation de Jean-Bernard Pouy, il soumet en 1992 à Patrick Raynal, directeur de la collection Série Noire, un « volumineux et impubliable manuscrit de cinq cents feuillets de deux mille signes » : l’éditeur l’encourage alors vivement à lui livrer un autre ouvrage.

Un an plus tard Les Éditions Gallimard publient La Sirène rouge, dans la collection Série noire en 1993, qui a été adapté au cinéma en 2002. À mi-chemin entre le polar et le roman-feuilleton, très remarqué par la critique, ce premier ouvrage remporte le Trophée 813 du meilleur roman policier et deviendra un classique en moins de 10 ans. Succès fulgurant et deux ans plus tard, avec Les Racines du mal, en 1995, il signe un second roman mâtiné de polar et de science-fiction. Ce roman culte va faire de lui le chef de file de ce qu'on appelle l'école du néo-polar. Le public est pris par surprise, les éditeurs aussi. Ce qui ne l'empêchera pas de décrocher le Grand Prix de l'Imaginaire et le Prix Rosny Aîné en 1996. Crossover gonflé, Les Racines du Mal navigue entre polar, SF, thriller, et essai. La griffe Dantec est là. Il n'y a plus de genre, si ce n'est le genre Dantec et un propos à défendre. C'est la seule mission d'un auteur. La littérature est un art total, viral. A grands coups de déclaration sur ce mode définitif qu'il aime tant on le voit sortir de la niche du roman policier. Il intrigue les médias, en deviendrait presque fréquentable. Et si la greffe avec le grand public ne prend pas, cela n'arrange pas pour autant ses relations avec le petit milieu de l'édition. Ses prises de positions, qui dépassent de très loin le cadre dans lequel on préfère voir un auteur de polar, lui attirent de nombreuses inimitiés, en même temps qu'elle conforte dans son adhésion au cas Dantec un public de fidèles, presque d'initiés.

La même année, il offre aux lecteurs du Monde une novella, cette fois dans le pur esprit cyberpunk : Là où tombent les anges.
 
En 1994 et 1995 il se rend en ex-Yougoslavie, en qualité de "témoin", à titre personnel, du côté des catholiques Croates, avant que l'infernal domino de la guerre civile ne le conduise à soutenir également les Musulmans de Bosnie génocidés par les troupiers communistes de Milosevic.

Lassé d'une France "trop molle", d'une Europe qu'il juge en pleine dislocation, comme en témoigne le conflit yougoslave, ayant vu de près la nature de la violence urbaine banlieusarde, et afin d'échapper aux milieux littéraires nationaux, il décide de s'exiler à Montréal. En cadeau d'adieu, il participe à l'enregistrement d' Utopia, le très attendu second album de No One Is Innocent.

En 1998, il s’installe à Montréal, et 1999 voit la publication de Babylon Babies très bien accueilli par la critique. Ce livre est actuellement adapté par Mathieu Kassovitz pour le Cinéma. Ce sera de son exil canadien que Maurice G. Dantec terminera Babylon Babies. Après avoir tenté, sans succès, de développer l'univers qu'il avait esquissé pour Là où tombent les Anges, la nouvelle inédite qu'il avait écrite pour le cinquantième anniversaire du Monde, c'est vers une anticipation moins radicale qu'il choisit de s'orienter. Ce troisième roman marque une étape essentielle dans sa carrière. Il boucle la boucle initiée par La Sirène Rouge, et on pressent un important virage à venir. Malgré un accueil critique assez largement unanime, Babylon Babies est un ouvrage que Dantec lui-même qualifie "de transition", une sorte d'équivalent livresque d'un Beatles For Sale, pour prendre une image qui serait familière au Fab Four Maniac qu'il est.

Avec Le théâtre des opérations, journal métaphysique et polémique, publié en 2000, Dantec  sème le chaos dans le monde éditorial et nous livre ses réflexions sur le monde à travers un journal qui reste encore aujourd’hui comme l'essai autoritaire depuis 1999 par sa zone d’impact, sa puissance et sa beauté. Dans Laboratoire de catastrophe générale présenté sous la forme d'un essai à la fois journal intime, chronique de l'actualité, pamphlet anti-idéologique, dont la quatrième de couverture rédigée par Dantec lui-même résume parfaitement l’enjeu : « Imperceptiblement, ce qui ne fut qu'une poignée de notes éparses rassemblées à la va-vite dans un fichier de mon ordinateur devint un "bazar du XXe siècle" dont l'origine fonctionnelle venait d'un besoin à peine conscient de mettre un peu d'ordre dans le chaos naissant de mes ouvrages, d'élaborer secrètement un travail de taupe dont la parution serait remise à un plus tard indéfini au cours du prochain siècle, et ainsi de m'engager dans la voie d'une discipline quotidienne, plus toxique encore que les toxiques dont je m'empoisonne la cervelle, discipline rigoureuse dont ne m'apparaît que plus tard, bien plus tard, à l'heure où j'écris ces lignes, à quel point elle m'est devenue nécessaire, à quel point elle menace mes propres faiblesses, exige de moi une éthique à la mesure des horizons esthétiques que j'essaie péniblement de dégager : une éthique de la lame, donc, la recherche d'une cohérence entre l'arme et l'organe, comme la fulgurance d'un sabre mise au service d'un désordre baroque, c'est-à-dire de ce méta-ordre qui surgit de la saturation et de la prolifération. »

En août 2002 est sortie au cinéma l'adaptation du premier roman de Dantec : La sirène rouge, avec Jean-Marc Barr.

En 1998, Richard Pinhas le contacte. Heldon n'existe officiellement plus, mais le guitariste propose à Dantec une sorte de soubresaut post-mortem, à laquelle il convie aussi Norman Spinrad. Une offre impossible à refuser pour un vieil inconditionnel. Très vite le projet se matérialise sous la forme de lecture en musique de textes du philosophe Nietzschien Gilles Deleuze, dont Pinhas fût l'élève au début des années 70. Dantec n'est cette fois pas un invité, mais bel et bien membre actif du groupe. C'est ainsi que le projet Schizotrope verra le jour, avec un album au titre familier de ses lecteurs : The Life and Death Of Marie Zorn. Une tournée suivra, ainsi que la concrétisation à répétition d'autres projets du même ordre.

Il nous aura toutefois fallu attendre mars 2003 pour savoir à quoi nous en tenir. Avec Villa Vortex, Dantec revient enfin à la fiction. Pour faire patienter ses fans, et en quelque sorte pour solde de tout compte il décide de publier en collection Blanche, son journal de bord qu'il tient depuis 1991. Le Théâtre des Opérations et Laboratoire de Catastrophe Générale tiennent tout autant de l'essai que du pamphlet. Prévu pour sortir selon une périodicité d'environ deux ans il y livre au jour le jour le produit de ses réflexions à la vue d'un monde qui, semble-t-il, réclame plus d'attention qu'on ne lui en accorde. Charge érudite contre une société en piqué suicidaire, on ne sent guère l'importance que revêt un tel exercice qu'à la lecture de ce quatrième roman. Plus structurée, la pensée de Dantec est désormais indissociable de sa fiction. Elle en est le cœur. C'est d'elle que naissent ses personnages, et non plus l'inverse. Cela fait de Villa Vortex un roman à part : dur et global, comme le parangon de cette écriture virale que son auteur prônait déjà à la sortie de Babylon Babies.

Une littérature virale parce qu'il faut contaminer de son propos tout le débat contemporain. Le faire sien, car il nous appartient en propre. Toute l'œuvre de Dantec tourne autour de la thématique de l'engagement. Investit dans la vie de son temps il se veut un libre penseur. Il en assume tout à la fois les poses et les conséquences. Péremptoire parfois jusqu'au mépris, entier mais manipulateur, provocateur et complexe, on l'adule ou on l'exècre, mais d'un côté du stylo comme de l'autre, la demi-mesure n'est pas de mise dès qu'on pénètre dans l'univers de Dantec. C'est pourquoi on peut craindre de l'aimer, ne pas oser être d'accord avec lui. Il est de ses auteurs qui appellent au jugement. On doit s'interroger sur sa vision du monde. Il nous l'impose avec tant de brutalité qu'elle nous rentre parfois dans la gorge. Très loin. On peut y adhérer ou s'y refuser, mais qu'importe, parce que la déflagration est telle que Dantec aura rempli son contrat : il aura descellé vos certitudes, le temps au moins, que vous vous interrogiez. Action. Réaction. Réflexion. Sun Tzu et son Art de la Guerre n'est jamais bien loin. Ecriture virale, littérature balistique, auteur commando. Bienvenu dans les cours de survie pour lecteurs du XXIe siècle.

En 2004, une polémique initiée par certains médias et certains journalistes de gauche lorsque Dantec a laissé publier un e-mail sur le site web du Bloc Identitaire ; ce qui a conduit ses détracteurs à le calomnier en l'accusant de se « rapprocher » de l'extrême droite. Lui-même précise que son point de vue sur l'Amérique et Israël est opposé à celui des identitaires. Des milliers d’e-mails de soutien de lecteurs sont reçus par Gallimard qui refuse finalement de publier le dernier tome de son Théâtre des Opérations, American Black Box. Frédéric Beigbeder décide de publier ABB chez Flammarion et annonce rapidement à Maurice Dantec que quelques parties du troisième volume du Théâtre des Opérations seraient inévitablement censurées car plusieurs dizaines de procès étaient prévus par les avocats Flammarion. Maurice G. Dantec refuse aussitôt la censure invisible et propose l'idée d'un caviardage, made in CIA, ainsi qu'un prologue de l'auteur expliquant à ses lecteurs les raisons de ces barres noires multiples sur l'essai. Au départ, Beigbeder ne voyait aucun inconvénient à ce type de manœuvre. Mais le larsen vient de plus haut et le verdict tombe : l'image de Flammarion ne passera pas sur l'idée du caviardage qui pourrait les faire passer pour de vils censeurs. Finalement, après ses tergiversations, la direction de Flammarion paraissait prête à accepter les exigences de l'écrivain. Mais à Montréal, la décision était déjà prise.

Trouver un nouvel éditeur pour American Black Box : tel est le premier décret que Maurice G.   Dantec et son agent David Kersan prendront, début septembre 2004. Et la course à l'éditeur démarre, comme un clip dans les ruelles du VIe arrondissement au siège des éditions Fayard, mon premier choix. Arrivé à l'arcade de la cour intérieure, Raphaël Sorin, Directeur littéraire de la maison et dernière légende de l'édition, marche seul dans la cour, une chemise sous le bras. Sous celui de David Kersan : American Black Box et quand il lui apprend qui il représente, ses yeux s'éclairent. Son intérêt pour le livre lui paraît certain et il le convie dans son bureau dès le lendemain. Toutes les maisons d'éditions contactées étaient demandeuses évidemment et sous le choc de constater l'impensable : Dantec refusait la censure Flammarion et toute forme de négociation.

Et surtout de se sont montrer prêts à acquérir American Black Box, et surtout aller jusqu'au bout : obtenir le transfert intégral de celui qu'ils regardent comme l'un des plus grands écrivains existants, Maurice G. Dantec.

Fayard souhaite comme les éditions Albin Michel, récemment approchées, accueillir l'écrivain. American Black Box inévitablement, mais ils veulent également les romans. David Kersan décide de stopper sa course dans tous les sens du hasard et de fixer les relations avec ces deux maisons d'éditions. L'important, aujourd'hui, est que l'une d'elles entre en chatouille avec Gallimard, qui refuse toujours d'entamer le début du commencement d'une négociation.

"Les romans de Dantec ? Il n'y a pas en eux de la moindre trace de littérature digne de ce nom", avril 2005, Richard Millet, nouveau Directeur Editorial de Gallimard.
Ce à quoi Dantec répond, calmement : Il n'y a pas la moindre trace des romans de Richard Millet dans la littérature digne de ce nom.

Ses tentatives de connexions avec la rue Sébastien Bottin se heurtent encore aux bureaux d'Antoine Gallimard. "Il n'est pas question de transférer un des plus grands écrivains français, Maurice Dantec doit encore un roman à notre maison et vous devez être au courant : un roman exceptionnel, le grand retour à la fiction que nous attendions depuis Babylon Babies". Sur ses nombreux appels, sa dernière communication sera celle qui aura été la plus marquante, la tension entre mon interlocutrice et lui-même effleurant la tendresse des boxeurs après un match où presque tous les coups sont permis. Maurice Dantec ne quittait pas Gallimard pour un plus gros contrat ailleurs. Il partait car il était un homme blessé. Et parce qu'il vivait et finira ses jours pour la littérature. Et parce qu'il attendait du respect. Et que rien ne justifiait l'état de fragilité absolue dans laquelle l'écrivain se trouvait alors. Il fallait trouver une solution pour l'écrivain mais aussi pour l'homme. La lucidité s'allongeait soudainement entre leurs échanges : Je vous considère comme un véritable grand écrivain, mais puisque votre décision est définitive, alors oui. On ne retient pas un écrivain contre son gré ; une maison d'édition n'est pas une prison. Ces mots justes seront ceux d'Antoine Gallimard en personne qui joindra, dans une ultime tentative de renversement, Maurice Dantec à Montréal.

Au moment où les tractations semblaient acquises pour Fayard, Albin Michel m'avise qu'ils cherchent à me joindre absolument. Leur décision est prise et ils iront jusqu'au bout.

Comme prévu, ce sera finalement Albin Michel qui sera le plus prompt à saisir le téléphone pour se lier avec Gallimard. Richard Ducousset, numéro deux d'Albin, contacte Térésa Cremisi, numéro deux de la NRF pour entamer les premières discussions qui aboutissent dans cet état de fatalité par l'accord de Gallimard.

Albin Michel publiera donc Cosmos Incorporated à la rentrée littéraire et American Black Box sans censure dès février 2006.

Un mois plus tard, le 18 janvier exactement, Dantec et son agent sont reçus dans les locaux du 22 rue Huygens pour une journée inoubliable passée en compagnie de Maurice Dantec, Richard Ducousset, Thierry Pfister, Gaspard Noe, Jean-Louis Costes et toute l'équipe de Ring, journée ponctuée par une soirée Dantec qui réunira deux cents lecteurs dans un amphithéâtre parisien.

L'euphorie anti-Dantec aura donc bel et bien eu lieu et une certaine cochonnerie médiatique est satisfaite. Les littérateurs gauchistes et les bonniches de la presse carpette : pour eux avec Dantec, depuis 10 ans, il ne s'est rien passé, pas un chef d'œuvre, pas un cyclone, ils pelotent honteusement leur haine sous la machine à écrire. Mais il faudra regarder les drag queens du Paris cambré vers le bon mouvement du Monde et les chihuahuas de l'Internet putréfié ne rien comprendre du Dantec qui débarquera lors des prochaines rentrées littéraires, qu'ils imaginaient crevé-largué. Non, il faudra la regarder, elle, son œil perdu sous les flash, elle, la Littérature déchaînée.

De 2004 à 2006, Maurice Dantec participera à la revue de la revue conservatrice Egards et au Ring où il s’est par exemple prononcé pour le "non" au référendum du 29 mai sur le projet de constitution européenne. En l’espace de deux ans, il livrera une vingtaine de texte pour la presse en ligne et la presse papier.

Maurice G. Dantec est l’un des écrivains de langue française les plus importants de l’après 1945. Son œuvre foisonnante, visionnaire, problématique, font de lui l’écrivain le plus admiré et le plus haï par les médias.

Ecrivain culte, romancier de race, essayiste pyromane le classe dans la grande lignée des Léon Bloy, Antonin Artaud et Louis-Ferdinand Céline. Sa littérature envisagée comme arme de création massive implique ses romans sous la forme de la succession. Un roman ne s’achève véritablement jamais et ouvre de manière permanente vers le prochain. Démarrée avec un roman de commande, La Sirène Rouge - portée au cinéma - sa carrière marquée par le risque et la recherche du séisme prend une vertigineuse ascension avec Les Racines du Mal qui voit véritablement l’amplitude Dantecquienne s’exprimer.

Sa littérature brasse et malaxe les fonds marins de notre civilisation occidentale mutante. Dantec en tireur d’élite précis, travaille, blesse, zèbre son corps de ruines et fondations juxtaposant fiction et réalité à la vitesse de la lumière. Sur les ruines du futur, ce véritable prodige littéraire déploie son ultra-code au sein d’une œuvre titanesque dans son ampleur, et par sa couleur.

Le lectorat de Maurice G. Dantec se situe aux alentours de 200000 lecteurs - avec les éditions poches - et 40000 pour les TdO.

La moitié des e-mails de lecteurs proviennent de personnes qui n’ont pas encore lu l’œuvre de Dantec. Ils l’ont connu lors de passages télévisions, lors de lectures de textes polémiques sur internet ou dans la presse ou ont vu l’adaptation cinéma de La Sirène Rouge, ou se sont intéressés au personnage en apprenant la réalisation de Babylon babies (son troisième roman) par Mathieu Kassowitz – film produit aux par la FOX pour un budget de  70 millions de dollars US.

Rappelons que ce même roman est le premier à être traduit aux Etats-Unis dès ce début octobre. Les Racines du Mal suivront dès le printemps prochain.

Le 10 septembre dernier, la capacité de la célèbre salle de concert parisienne « La Cigale », pleine à craquée, n’a pas suffi pour accueillir les lecteurs venus soutenir Dantec lors d’une conférence de presse. Cette grand messe Dantec filmée par France 3 dura 6 heures durant lesquelles l’écrivain exilé évoqua tout aussi bien ses positions politiques, les raisons de son exil et les tunnels de sa littérature. 300 appareils photos furent réquisitionnés à l’entrée et 27 caméras.

Thierry Ardisson s’est félicité d’avoir été l’unique à recevoir sur le plateau de « Tout Le Monde en Parle » les deux plus grands écrivains français « Houellebecq et Dantec ». Dantec a d’ailleurs été présenté tout l’été comme l’unique outsider de l’auteur de la Possibilité d’une île qui a d’ailleurs déclaré dans les colonnes du Nouvel Observateur mi septembre 2005 : « Maurice Dantec est actuellement le plus grand écrivain de Science-Fiction de la planète ».

« Véritable personnage de Science Fiction » selon le célèbre quotidien Suisse Le Matin, Dantec est traduit dans 16 langues, de l’Amérique au Japon en passant par la Russie.

Les émissions littéraires télévisuelles n’évoquent jamais les sorties poches des parutions littéraires, mais pour Dantec, Campus a proposé un Duplex Paris-Montréal pour la sortie poche de Villa Vortex.

Lorsque Maurice Dantec décida de quitter Gallimard pour des motifs relevant de son honneur d'écrivain, Antoine Gallimard en personne téléphona (fait très rare) à Maurice Dantec pour le supplier de rester au moins jusqu’à la fin de son contrat.

Son nouvel éditeur s’est dit prêt à « perdre de l’argent » pour avoir l’honneur de publier le « plus grand écrivain français vivant » de ce début de siècle. A ce propos, Patrick Raynal, ancien Directeur de la Série Noire chez Gallimard et découvreur de Dantec ne mâche pas ses mots :

 « Ce que les gens n'ont pas encore compris, c'est que Maurice Dantec n'est pas un écrivain au succès conjoncturel. Ils n'ont pas encore compris qu'il est le plus grand écrivain du siècle, de tout le siècle »

ou Raphaël Sorin, découvreur de Houellebecq et à l'origine du lancement de Charles Bukowski en hexagone, célèbre éditeur français, ex-directeur littéraire Flammarion et actuel de chez Fayard :

« Il y a 500 kilos d’écrivains en Europe, et Dantec est sur la balance ».

Hier phénomène purement littéraire, aujourd’hui phénomène à extension politique, Dantec oblige au positionnement.

Guillaume Durand : « L’œuvre de Dantec est une immense métaphore sur la dissolution de l’Europe et de sa culture. J’ai un souvenir inouï d’une de ses dernières apparitions à Campus. Il fumait un pétard à côté de Charles Pasqua tout en le filmant avec une caméra DV ! »

Franz Olivier Gisbert, Directeur du Point et présentateur-rédacteur en chef de l’émission phare de France 3 « Culture & Dépendances » le présente comme « Le Pape de la Science Fiction, véritable phénomène littéraire ».

Enfin, rappelons que Maurice G Dantec débarque aux States en 2005 avec deux romans traduits : Babylon Babies (octobre 2005) et Les Racines du Mal (printemps 2006) avant l’arrivée de Babylon Babies sur les écrans américains, film produit par la FOX et réalisé par Mathieu Kassowitz. De cette nouvelle aventure transatlantiques, retenons les dernières lignes de la quatrième de couverture de l’éditeur américain : « Born in 1959, Maurice G. Dantec has published The Red Siren, The Roots of Evil, and Villa Vortex. He is one of the most loved and most hated of contemporary French authors.”

Bienvenue dans le Monde de la Technique et de la Surmachine. Bienvenue dans la boîte noire du tireur d’élite de la littérature du XXIe siècle.

 

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