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> Bibliographie > Essais > LABORATOIRE DE CATASTROPHE GENERALE LABORATOIRE DE CATASTROPHE GENERALEParution 2001 ISBN 2070428222
Gallimard
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LE THEATRE DES OPERATIONS VOL.2 "LABORATOIRE DE CATASTROPHE GENERALE"
préface de Michel Braudeau, 770 pages, 140 x 205 mm. Collection blanche, Gallimard
En trois romans, Maurice G. Dantec, apôtre du neuropolar, nouveau Messie littéraire, est devenu un mythe vivant. En un essai, son journal polémique : Le Théâtre des opérations, il a été conspué, agoni d'injures, mis au ban de la noble société des gens de lettres. Pas perturbé pour autant, Dantec, dont on attend avidement la sortie du quatrième roman clôturant les trois premiers opus livre ici la version 2001 de son désormais célèbre Journal métaphysique et polémique. Les amateurs de l'imbrication SF de philosophie et de techno-sciences y trouveront quelques pistes supplémentaires sur la genèse du roman à venir, Liber Mundi, les autres pourront s'y délecter des traits ultra-acérés que décoche sans ciller l'auteur, exilé depuis 1998 au Canada et jugeant depuis cette base outre-atlantique l'histoire et la culture mondiales.
Tout y passe : le moins bon comme le pire , la politique politicienne des fantoches de L'ONU et de l'Europe, la philosophie frelatée, la musique appauvrie, la littérature trahie. Ce "journal", tout sauf intime, se décline comme une déclaration de "guerre totale" envers les nihilistes ambiants et les médiocrités à la petite semaine. Radioscopie en direct des pulsations d'une époque ayant perdu les pédales où l'homme agonise lentement sous le poids d'une nannoscience omnipotente, cet essai est encore plus provocateur que le précédent, signe évident que Dantec n'a pas fini de faire entendre sa voix. Entre poésie apocalyptique, aphorismes sanglants et bilan thérapeutique continué, le Laboratoire de catastrophe générale donne à voir, comme au travers de rayons X(-files ?) le processus d'une écriture acharnée, qui colle aux basque du réalisme et lacère à tout-va le grand mou indifférencié de la vie ordinaire afin d'en exposer la chair avariée par la grâce de néologismes et mots-scapels étincelants. On en ressort broyés de lucidité mais aussi résolument orientés vers cette ligne d'horizon, anticipée et décryptée, où aura lieu l'ultime combat. Amazon
Maurice G. Dantec
« Le post-humain de ce début de XXIe siècle est donc un simple animal doué de raison. Il est le sursinge capable très bientôt d'interconnecter les cellules de son cerveau avec des machines logiques à hautes performances. Bref un chimpanzé jouant avec une machine à écrire. Autant dire que ses probabilités de produire ne serait-ce qu'une ligne de Shakespeare, ou de Baudelaire, résistent à tous les ordres de grandeur. Car avant de produire le post-humain, encore faudrait-il savoir former un homme. Certes, l'humanité est foutue, elle a le choix entre des cultures sans sociétés - donc sans (bio)politique - et des nations sans cultures (donc sans métaphysique) ; entre des individus aux solitudes inutiles, massifiées, et des communautés aux droits et aux rituels absurdes ; entre l'intensification des pouvoirs de surveillance cyberphotonique et de contrôle génétique de la Machine et le retour aux "âges d'or" proto-industriels ; entre le vidéodrome totalitaire et l'émeute hyper-spectaculaire ; entre le simulacre et le néant. Mais ce que le Centre de Commandement métalocal et hyper-corporatif entreprend désormais, c'est l'extension du contrôle dans le théâtre cellulaire et biotopique interne des individus, désormais nœuds coextensifs du réseau des nanomachines, vecteurs fissiles de la communication publicitaire totalisée, micronisée, cybernétique et iconique. Guérilla métacritique. » Maurice G. Dantec.
"Second volume du journal de l'auteur, brillant auteur de science-fiction et "prince du néopolar". La pente polémique s'accentue chez cet anti-Européen, furieux adepte du "mal penser", établi au Québec depuis 1995. Mais, par-delà les réactions négatives qu'il se plaît à provoquer, Dantec est passionnant, qu'il parle de politique, de science, de métaphysique ou d'art. Et comme l'écrit J. Savigneau, "Dantec a l'énergie, la rage et la phrase". Un beau fatras sans doute violent, parfois apocalyptique, mais ni si haineux ni si narcissique que certains critiques ne le disent." Le Figaro
Dissipons tout malentendu : Laboratoire de catastrophe générale n’est pas un journal intime. Point d’états d’âme dans ce texte foisonnant, qui semble n’avoir ni commencement ni fin, mais une dissection et une tentative de dépassement du nihilisme contemporain que diagnostique l’auteur. En guettant le surgissement d’un nouveau stade de l’humanité, Dantec cherche à jeter les bases d’une nouvelle métaphysique, estimant que les bouleversements scientifiques récents provoquent des basculements de paradigmes. L’idée générale : la forme achevée de la modernité, telle que nous la connaissons aujourd’hui en occident, est sur la pente d’une décadence mortelle. Dantec traque et fustige toutes les formes du nihilisme postmoderne conduisant à l’abandon de la souveraineté créatrice. Il vomit la démocratie, l’égalitarisme, l’humanisme, toutes notions nées des Lumières et mortes en 1918, pourvoyeuses selon lui des dialectiques mortifères que nous continuons aujourd’hui à subir, et qu’il juge à jamais dépassées. L’humanité doit opérer une mutation, une synthèse disjonctive lui permettant de s’inventer un futur en exploitant la richesse des héritages du passé. Mais Dantec n’adopte pas pour autant une attitude "révolutionnaire" ou "réactionnaire". Il estime que seule une approche "évolutionniste" est viable. Le capitalisme marchand doit continuer à régner outrageusement, jusqu’à épuisement, engendrant des cataclysmes d’où surgira une nouvelle humanité, une humanité surhumaine issue de cette dialectique du chaos. Dantec n’est pas un prophète de la fin : pour lui, ces bouleversements représentent une promesse. On est très loin des prédictions millénaristes. Il est difficile de rendre compte d’un livre aussi tentaculaire. Littérature et philosophie, sagesses anciennes et technologies nouvelles, histoire des civilisations et chroniques rock… Le Dantec diariste fait profession d’éclectisme. Certains lecteurs resteront dubitatifs face à la virulence du propos, face aussi à une pensée qui va à l’encontre des certitudes de l’homme moderne occidental. Les allusions à l’homme nouveau, le rejet de la démocratie bourgeoise ou le dénigrement de la "décadence" évoquent immanquablement le fascisme, mais il serait trop simple de voir en l’auteur un fasciste new look. Son procès en "réaction" n’aura servi qu’à montrer la pauvreté des arguments du politiquement correct face à toute spéculation intellectuelle non conformiste. A la pensée unique, qui n’est pas toujours celle que l’on croit, Dantec oppose une pensée singulière - c’est le moins que l’on puisse dire. Olivier Cleuet, Parutions.
Ce qui est passionant avec cet ouvrage (tout comme le premier tome), c'est que son contenu est un terrain fertile pour les debats de toutes sortes. Dantec jette de gros paves dans la mare et presente sa vision des choses (qui s'est sensiblement radicalisee depuis le MSTZ), reste au lecteur a se forger une opinion propre et eclairee sur les sujets traites. Si son style devient parfois caricatural avec quelques termes et expressions utilisees de maniere recurrente, Dantec nous force a garder nos neurones constament a l'affut durant ce long monologue. Ceux qui lisent cet ouvrage sans recul traiterons son auteur de tous les noms, ceux qui s'en serve comme epice pour pimenter leurs propres questions existentielles seront combles! MD
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