
Villa Vortex
VILLA VORTEX (LIBER MUNDI, I)
Collection : La Noire - Format : - 832 pages
"Expérience unique dans l'histoire littéraire, ce roman monstre où Dantec fait de notre cerveau son ultime camps de concentration." Lire, 2003
Quatrième roman de Maurice G. Dantec, Villa Vortex termine un cycle et en ouvre un autre : dans ce récit qui fait l'aller-retour entre le « micro-local et l'universel », la fiction devient l'enjeu même de la guerre qu'il annonce. Murs, Abîmes, Tunnels, Tours dessinent un corps irréductiblement politique où la désintégration de la « polis » dans la Ville-Monde devient la figure même de l'urbanisme futur.
De 1989 à 2001, Villa Vortex est une chronique de la mort annoncée des démocraties européennes, vue depuis le processus du fascisme général, soit de la guerre de tous contre tous, et cela jusqu'au-delà des frontières de la vie et de la mort.
"Maintenant je suis en mode cyborg de combat amplification de lumière par connexion directe avec mon sytème nerveux central. Methedrine Starship. Artifices de la neurochimie en sautoir, le monde est d'une pureté inhumaine [...] Je sais que quelque chose veut prendre forme en moi, et je peine encore à l'écrire. Je sais que les plages du D-Day renvoient directement à la haute colonne atomique qui par deux fois s'est élevée au-dessus de la planète des singes doués de parole. Je devine que ma vie semble comme au milieu de son évolution, je pressens que quelque chose m'indique le point de destruction initial qui me permettra de mieux voir le monde."
Le 11 septembre 2001, l'inspecteur Kernal décroche son téléphone qui lui explose à la figure. Agonisant, Kernal remonte le temps, nous racontant les dix dernières années de son existence, cette décennie où le monde tel que nous le connaissons part en fumée. Fraîchement débarqué à la police de Vitry après de brillantes études en sciences sociales, Kernal avait été confronté à une série de crimes horribles entre 1991 et 1993 : des corps de jeunes filles recouverts de composants électroniques retrouvés aux environs de centrales électriques et nucléaires. Comme si le tueur voulait faire de ses victimes des marionnettes dernier cri… Nous retrouvons dans Villa Vortex tous les thèmes chers à l'auteur : serial killer technologique, décor urbain apocalyptique, drogues synthétiques, sous oublier l'inscription du récit dans la réalité sociale et politique : l'ex-Yougoslavie, l'Algérie, la délinquance en banlieues, les attentats du World Trade Center… Dans cette critique hallucinée de la décennie 1990 qui a vu fleurir en Europe la misère économique, la violence, l'insécurité généralisée et la haine, l'auteur dépeint une société gangrenée par un Mal qui devient de plus en plus absolu à mesure même qu'il se dévoile.
"Un policier, George Kernal, recherche un tueur en série qui transforme ses victimes en poupées-robots. Le hasard lui fait croiser un dossier encore plus brûlant qui lui vaudra d'être plastiqué. En fait, le narrateur meurt dès le deuxième chapitre et c'est d'outre-tombe qu'il nous parle. L'intrigue policière cède rapidement et de plus en plus fréquemment le pas à des digressions historico-métaphysiques doublées d'un pamphlet virulent sur le déclin de l'Europe. La dernière partie devient une espèce de roman du roman où un narrateur-auteur-démiurge dialogue avec son personnage. Les parties proprement romanesques prouvent à nouveau que Dantec est un des romanciers les plus doués de sa génération. Il faudra toutefois un lecteur des plus motivés pour parvenir au terme d'un livre qui tend de plus en plus vers l'essai déjanté faisant appel à une multitude de connaissances (de la kabbale à l'ADN en passant par Abellio, Villiers de l'Isle-Adam et quelques autres). Un hybride entre les précédents romans de Dantec et ses deux journaux polémiques et métaphysiques". SDM
"Attention ! Ouvrir un roman de Dantec c’est comme entrer en religion. Oubliez tous vos repères, toutes vos valeurs, vous entrez dans un nouveau monde. Un monde apocalyptique et théologique, sans limite… les adjectifs sont infinis tant son écriture est riche, violente et poétique.
Au rythme de "Diamond Dogs" de David Bowie, Villa Vortex est un roman placé sous le signe d’un thème cher à Dantec, la machine : informatique, sociale, politique, religieuse… Dantec écrit l’Histoire de la fin du XXe siècle à travers celle d’un flic déjanté et hors norme. Kernal le flic vit l’effondrement du monde, depuis la chute du mur de Berlin jusqu'à celle des Twin Towers. Il nous plonge dans une vision prophétique de notre temps sans rien oublier : violence, serial killer, terrorisme, inertie des institutions, corruption de l’État, religion… L’auteur est clair, ce livre est une fiction, mais "la vie est une fiction". Villa Vortex est un roman multiple par les différences de tons, d’écriture, les histoires et les intérêts s’entremêlent sans jamais, pourtant, perdre le lecteur. Dantec dose les genres, maîtrise, innove. Il reste inclassable, impossible de le ranger dans un seul genre littéraire même si on peut le rapprocher de Dan Simmons, de Jean-Christophe Grangé ou de Jean-Michel Truong. Il les dépasse et les englobe. Thriller, politique fiction, roman historique, théologique, traité de sciences humaines et de science-fiction, Villa Vortex est bien plus que cela. Combien de livres se rejoignent et se croisent dans ce Livre des Livres ? À vous de le découvrir…
Les romans de Dantec sont des bulldozers jubilatoires qui vous prennent violemment dès la première page pour vous emmener en pleine extase jusqu’à la dernière. "Il est de mon devoir aujourd’hui de t’emmener toi aussi, lecteur, dans cette expérience". Nadia Krovnikoff