
Métacortex

Crimes pédophiles, assassinats de flics et de magistrats, conflits
politico-religieux, conspirations croisées... Le lieutenant Paul Verlande, de la
Sûreté du Québec, est confronté à une série d'attentats dont le diagramme secret
cache le pire crime de droit commun jamais commis, sur fond de guerres civiles,
de chaos climatique, d'exodes massifs et de piraterie maritime généralisée. Il
marche vers les ruines du monde, cautérisées par l'âge atomique, fixées au sol
par les hautes températures qui vont plastifier la terre. Désormais, ce n’est
plus qu’une question de jours.
Métacortex plonge ses racines dans
la guerre totale engagée en 1945 et surplombe l'Histoire en reliant un père,
ancien Waffen SS, et son fils par-delà la vie et la mort. À travers ce
roman-monde, Maurice G. Dantec explore les pouvoirs secrets du cerveau humain et
signe une oeuvre d’une impitoyable puissance d'arrêt.
"Maurice Dantec vient de publier chez Albin Michel un roman à tout casser, Métacortex, son livre le plus achevé, la fin d’un cycle, l’équivalent littéraire d’une plongée en Enfer. Le meilleur roman d'anticipation sur la seconde guerre mondiale" Raphaël Sorin, éditeur de Michel Houellebecq, Charles Bukowski, Philip. K. Dick et ancien directeur littéraire des éditions Flammarion et Fayard.

Fluctuat - Benjamin Berton
"Avec Métacortex, ce nouveau
roman mastodonte, passionnant et monstrueux, Maurice Dantec continue
pour servir son univers unique d’anticipation et d’angoisse d’élargir la
fracture qui le sépare désormais du reste de la littérature. Ce
faisant, il prolonge jusqu’au cœur du mal sa réflexion sur les rapports
entre l’homme et la technique aux XXème siècle et suivants. Vaste
fresque pantemporelle en forme de polar apparent et potlach culturel aux
gros bras, Métacortex déploie son plan improbable et implacable entre
le futur proche et l’époque nazie, fait apparaître des fantômes, des
cartes et des mots qui tuent. Métacortex est le livre de la chute passée
et en train de se produire. Dantec écrit avec Métacortex, son livre le
plus sombre, le moins éclairé de l’intérieur et de l’Extérieur (ce qui
est une nouveauté). Grande Jonction, Villa Vortex ou Artefact font
figure de joyeux contes pour gamins à côté de celui-ci. Il est aussi
respirable qu’un été à Belsen mais fluide comme un automne à Montréal.
Métacortex est un chef d’œuvre virtuose dans un genre qui n’existe pas
encore ou n’existe déjà plus.""Qu'est ce qui relie deux bateaux en flammes (un
pétrolier, un ferry
surchargé d'immigrants clandestins) dans le golfe du Saint-Laurent, le
meurtre
très pro de deux flics sans histoire et un insaisissable pédophile
assassin ?
Réponse : la traque à laquelle se livrent deux policiers d'une brigade
spéciale
canadienne, Verlande, fils d'un Waffen SS et Vorodine, russe exilé.
Choix non
innocent qui permet à l'auteur de remonter jusqu'à la Seconde Guerre
mondiale
[avec flash-back saisissant sur l'anéantissement du guetto de Varsovie
et la
chute de Berlin], où "tout" a commencé. Tout ? Rien d'autre que le
commencement
de la fin, cette "onde qui s'étendait sur le monde", ces "guerres
civiles qui
devenaient mondiales". On aura reconnu le thème favori, l'obsession
récurrente
de Dantec qui n'a pas cherché à s'évader du Québec pour décrire avec
réalisme et
force de conviction une fin des temps à la fois convulsive et larvaire,
qui sait
s'aménager des incises satiriques avec notamment l'Islam dans le
collimateur (à
Montréal couverte de minarets, les croix sont interdites pour ne pas
choquer les
minorités ethniques !), autant que d'astucieuses notations
environnementales :
si les campagnes sont vouées à la production d'éthanol, les villes sont
reconfigurées en territoires agricoles. Dantec joue avec maestria des
instruments de la violence qu'il feint de dénoncer, ainsi ses
descriptions des
armes et de leur effet sur les chairs, conduisant son récit vers sa
conclusion
ultime : "L'unique salut [du monde] résidait dans sa déstruction
totale".
Certes, on demeure sceptiques sur le Métacortex, énigmatique arme
neurologique
qui fait coïncider présent et passé, qu'on peut considérer comme un
MacGuffin
hitchcockien, de même que les envolées mystiques de Verlande qui n'est
pas loin
d'être présenté comme un Christ et appelle de ses vœux l'Apocalypse, à
savoir
la Renaissance par le chaos, en irriteront plus d'un. Mais il serait
vain de
séparer chez l'auteur l'acceptable de ce qui le serait moins. Dantec est
une
force de l'écriture comme il en est des forces de la nature, Céline de
la
science-fiction qui tache, et son roman torrentiel (800 pages bien
tassées) un
bulldozer qui nous fonce dessus et qu'on doit laisser nous écraser" -
Raphaël Sorin, Libération
"Dantec que j’ai comparé à Dante vient de publier chez Albin Michel un roman à tout casser, Métacortex, on l’a totalement biffé, et partout. Je passe devant le stand du Centre National du Livre. Il affiche trente portraits avec ce slogan mortel: «30 ans, 30 auteurs». Et j’embarque sa brochure. Leur «conseiller littéraire», Thierry Guichard, s’est fendu d’une présentation: «Car il s’agit bien de cela aussi dans cette littérature en mouvement: mieux saisir le monde, mieux s’y enfouir.» Bon, mais justement Dantec fait le contraire: il désenfouit à mort. Il annonce une terre plastifiée, un monde cramé. Et si on se donnait la peine de lire, on verrait que c’est sans doute son livre le plus achevé, la fin d’un cycle, l’équivalent littéraire d’une plongée en Enfer, placée sous l’invocation de Joseph de Maistre et de Saint Jean. Voyez Paul Verlande, le héros de Métacortex, agent de la Sûreté du Québec, il a l’air de sortir d’un roman de Spinrad ou de Dick, avec en plus une accoutumance au chaos démentielle."
