"Tuez les tous. La littérature reconnaîtra les siens."
American Black Box
maurice-g-dantec.png, 3,4kB
Maurice G Dantec

Turbo-Réaction : Demolition Man

par Maurice G. Dantec le 15/10/2004


(Turbo-Réaction) : "Demolition Man - de Marylyn Manson à CHOI-FM"
NUMERO V - AUTOMNE 2004

Trans-America Express : les icônes pop et le nihilisme

Pendant des années, Marilyn Manson aura su propager, fort habilement, une sorte de glam-rock technométal post-nazi, apocalyptique, monstruophile, jouant avec toutes les esthétiques diaboliques du XXe siècle, dont les formes d'art totalitaires. Il s'est imposé - en digne successeur de David Bowie, du Blue Oyster Cult, et d'Alice Cooper - comme le grand Antéchrist de la Société du Spectacle: ce que Marilyn Manson a compris, et met en scène, c'est l'un des pôles fondateurs du chiasme singulier qu'introduit la rock-culture, comme retour intensifié du phénomène, sur le corps supplicié du XXe siècle, soit son pôle «anti-politique», et ce pôle c'est précisément le totalitarisme, c'est-à-dire le moment où l'art devient culture de masse, et la culture, un art des masses. Qu'y a-t-il de plus rock (voir l'étonnant roman Rêve de Fer de Norman Spinrad) qu'un grandiose spectacle de nuit dans un stade, au son d'une heavy-music d'origine wagnérienne ou hardcore, sur fond de retraite aux flambeaux? L'économie même du concert rock est une inversion auto-intensifiée - aurait dit Abellio - de la culture totalitaire du XXe siècle. Jusque là tout allait bien pour Marilyn Manson, son héraldique et ses uniformes crypto-nazis, les parades néofascistes sur scène, les symboles ésotériques, les messes noires version techno, le circus cyber-sado-masochiste, tout allait bien, surtout pour sa compagnie de disque. Or, pas de bol, voilà-t-y pas qu'en l'espace de quelques semaines, l'Antéchrist de l'Underground métanational, affirme sans ambages son soutien à la politique étrangère de George Bush. Wouh-la-la. Le sang de navet des potinières de San Francisco, de New York ou de Montréal n'a fait que son petit demi-tour (de poignet) habituel, mais nos chochottes de s'exclamer que Marilyn Manson est désormais à BANNIR, parce qu'il s'agit d'un dangereux intellectuel d'extrême-droite. Donc vraiment nazi. Ah, zut, ça me rappelle quelqu'un, ça, mais qui ?

Code Rouge

Pas Dieudonné, en tout cas, l'homme du Heil Israël! qui a beaucoup fait rire Richard Martineau, et les quelques centaines de dhimmis québécois réunis pour l'occasion de son passage sur les tréteaux du coin. Il se tient en ce moment, quoique fort discrètement, une sorte d'exposition à ciel ouvert, sur la «Main», entre Roy et Marie-Anne. On y voit toute l'histoire du Montréal des années 20 et 30. Dont l'antisémitisme moutonnier des Québécois de l'Époque. Bien sûr, Richard Martineau, et les actuels Janissaires du zumoriste-pétomane nazinoir, qui se sont tant esbaudis à sa représentation, ne se sentent pas le moins du monde concernés par l'éventuelle analogie qui pourrait surgir de la juxtaposition de leurs étrons journalistiques et de ceux des tristes coucourges qui officiaient dans les équivalents de l'époque et dont quelques encoignures de portes, à proximité de l'ancien magasin Warshaw, remplacé par un Pharmaprix flambant neuf, laissent à lire toute la stupéfiante prosodie de caniveau. Ils ne se sentent probablement pas concernés. C'est le propre des Bourgeois de ne jamais se sentir ni cons, ni cernés, alors qu'ils sont entubés par leur propre instruction déliquescente, et coincés par les murailles du futur. Dans 50 ans, les écrits d'un Martineau, d'un Falardeau, d'un Foglia, voire de certains «lecteurs» du Devoir ou de La Presse (ne parlons pas des nazillons rouges de la NEFAC ou du Trouble) trouveront probablement, sur la «Main», quelques encoignures de portes qui narreront par le menu la terrifiante et humiliante dégradation de la pensée et du style à laquelle ces plumitifs se livrèrent, avant, comme le savait Karl Kraus en 1900, de détruire, ou tout du moins de tenter de détruire l'humanité toute entière.

Le recycleur et le recyclé : petit précis d'écologie culturelle québécoise.

Dans un précédent numéro de la revue, j'avais expliqué qu'il me semblait temps, enfin, de passer aux choses sérieuses, soit aux attaques ad hominem et d'ainsi nommer les hommes qui propagent leurs idées sur la place publique, comme on manie sans précautions des poubelles sur la voirie.

J'avais commencé, en guise d'éboueur-apéritif, par Pierre Foglia, de l'immondice centro-gauchiste nommée La Presse, dont je dois dire que la prose merdiculaire m'impressionne toujours autant, comme lorsque l'on est un instant, sans doute démoniaque, fasciné par le caractère presque impalpable d'une petite crotte de chèvre déposée sur le bord d'un sentier. Je savais bien sûr que Foglia n'était pas seul, sans quoi il ne serait pas un symptôme. J'ai cherché longtemps, je dois dire, la personne qui pourrait avantageusement prendre sa place de tête de Turc des jeunes turcs de la contre-révolution néo-catholique! Je ne dis pas qu'il n'y avait pas le choix, c'en était même désespérant, sur le plan quantitatif j'étais comme qui dirait débordé, voyez-vous, mais quant à savourer le plaisir de s'offrir un vrai néo-bourgeois-critique-post-gauchiste doté d'une relative culture politique, aïe, j'ai failli me rabattre, faute de vrais combattants, imaginez un peu, sur Nathalie Petrowski. Déjà qu'en m'étant attaqué sans préavis à Pierre Foglia, on pourrait m'accuser de ne pas respecter les Conventions de Genève, je n'ose imaginer ce qui risque de m'arriver si j'avais le malheur de m'en prendre à une femme, libérale de surcroît. Le Tribunal Pénal International, pour viol de la pensée unique à répétition? Mais Pierre Foglia, comme je vous l'ai dit, est une véritable mine de ressources mises au service de sa propre bêtise. La chronique dont il sera question ici, écrite comme d'habitude avec les pieds d'un quadrige de percherons, et l'élégance d'un alcoolique en fin de soirée, le pousse en effet, comme sous l'effet d'une injonction terrible - et c'est là tout le GÉNIE du BOURGEOIS que Léon Bloy, il y a un siècle, avait su déceler jusque dans le plus banal de ses clichés - à traiter de «connard» celui dont il dit par ailleurs qu'il sera pourtant toujours de son bord. Ô miracle de la novlangue calamiteuse laissée en héritage aux générations déculturées par ceux-là mêmes qui reçurent le meilleur de la civilisation française dans leurs collèges de jésuites, et sont incapables de laisser un monde, une morale, ne serait-ce qu'un morceau de politique, dignes, et viables, pour les enfants de l'âge de ma fille. Le «connard», auprès duquel toujours Pierre Foglia se tiendra - la solidarité chez les animaux de compagnie est quelque fois avérée - se nomme Pierre Falardeau. Si Pierre Foglia est un symptôme, comme je l'ai déjà dit, on me permettra de tranquillement affirmer ici, foi d'Européen ayant vu tous les nihilismes détruire sa civilisation d'origine, oui, on me permettra d'affirmer ici qu'alors Falardeau est la MALADIE. Falardeau est la maladie, parce que Falardeau EST LE QUÉBEC.

Bien plus grand que Foglia, évidemment il le dépasse, mais plus encore il le contient, j'ai failli dire «le détient». Foglia n'est qu'une bulle crevant pour un instant éphémère les eaux fangeuses du journalisme (post)moderne, autant dire l'exhalaison d'un maigrelet filet de vapeur méthanière se dégageant d'une fosse à purin, et dont l'histoire ne retiendra sans doute que la légendaire puanteur sémantique qu'elle dégageait... Falardeau est un artiste. Un vrai. C'est un excellent cinéaste, même ses films les plus «ratés» valent largement certaines «réussites» du cinéma québécois, devant lesquelles des journalistes comme Nathalie Petrowski se pâment (comme cet ennuyeux navet à la française commis par Denys Arcand - quand Paul Sautet rencontre Colline Serrault, version snowbird). C'est donc parce qu'il est un artiste que Falardeau est non pas le SYMPTÔME mais la MALADIE elle-même. Un artiste qui n'est pas porteur d'un virus, aussi inoffensif soit-il, se doit de changer immédiatement de métier. Celui de journaliste, en général, fait parfaitement l'affaire. Chanteur néo-punk ou animateur de télévision, voire les deux, sont réservés à ceux dont on sait qu'ils seront à jamais irrécupérables, quoique certains d'entre eux deviennent, à force de labeur, professeurs d'université, et best-sellers au Canada! - comme l'inénarrable pitre post-marxiste devenu célèbre sous le nom de Noam Chomsky. Cela fait maintenant deux siècles, depuis l'invention du journal, et de son parasite ultime, le journaliste, que la conjuration des imbéciles lettrés tend à accréditer la thèse que l'artiste serait le «reflet» de son «époque», qu'il serait, en d'autres termes - ceux que je préfère, en clinicien de la chose, employer -: le symptôme de nos maladies sociales! C'était à la fois anéantir toute grandeur véritable et la dernière des (ir)responsabilités nietzschéennes de l'artiste. L'artiste est un prophète ou il n'est rien. Une chiure de mouche écrivant des chiures de mouche, une tasse à café exposant une tasse à café, éventuellement compressée, une bite représentant une bite, un spectre digital faisant s'animer un spectre digital. Le langage de l'artiste est performatif, ou il n'est rien; si les artistes du XXe finissant et du XXIe siècle commençant savent inventer un monde, comment se fait-il qu'ils ne l'aient toujours pas fait? L'artiste est ainsi le prophète de l'Âge sans Dieu. Mais ce n'est pas parce que «Dieu est mort» que les Prophètes, investis quoiqu'il advienne du Feu de la Parole, ont le droit de faire n'importe quoi, et plus encore de dire n'importe quelle connerie, sur n'importe quel sujet, les plus sérieux étant, il faut bien le reconnaître, leur mets de prédilection. Au contraire. En cet âge des Prophètes de l'Âge sans Dieu, sans doute leur voix est-elle plus essentielle encore qu'aux époques bibliques reculées, en cet âge de l'Homme sans Fils, leur est-il plus proscrit encore de gaspiller leur don, qui n'est pas le leur, et de faire se vautrer la langue, et l'intelligence, dans les caniveaux de la pensée, dans les bondes d'éjection des eaux usées du nihilisme. Que Falardeau ait craché sur le «cadavre» encore chaud de Claude Ryan, il n'y a qu'un jésuite de gauche anticatholique comme Foglia pour s'emporter à ce sujet. J'ai quant à moi, dans un T.d.O* repoussé sous la pression de la nouvelle bien-pensance totalitaire, copieusement uriné (métaphoriquement, cela va sans dire) sur celui de Pierre Bourgault, en plein centre de la Cathédrale où cet athée forcené tint à venir parader sur son lit de mort. Les Surréalistes eux-mêmes, lors du décès enfin survenu du sinistre Anatole France n'y étaient ils pas allés d'un superbe «MORT D'UN CADAVRE»? Que Falardeau crache sur les momies emblématiques du Québec, c'est encore le Québec qui s'exprime. Le Québec qui se hait tout en se glorifiant de sa petitesse, et en ironisant sur son Empire perdu; le Québec qui, en bon citoyen de gauche, en bon homme rose, en parfait «Ti-cul», communique non pas comme moi-même avec et contre une tendance euronationaliste engluée dans l'antisionisme, mais avec et entre les authentiques néo-nazis québécois de vigile.net, ces tristounets rescapés du social-pétainisme dont les seuls amis politiques véritables - et il n'est pas anodin que Falardeau puisse faire le lien politique entre ces deux tendances - se retrouvent parmi l'extrême-gauche nanarchiste ou néo-trotskyste. Car qu'est-ce que nous dit Falardeau, entre deux crachats? Toujours la même chose depuis 30 ans: les Zanglais sont de sales colonisateurs pâ-bô-pâ-gentils, et les Zaméricains encore plus; quant aux Juifs, il suffit de lire l'exemplaire de Je Suis Partout de juillet 42 ou un livre scolaire du Hamas pour savoir de quoi il retourne. Ce n'est pas à l'auteur d'Elvis Gratton qu'on va pouvoir faire avaler la propagande des «Sages de Sion». Il n'est pas un simple Pierre Foglia, même si celui-ci clame être de «son bord». Non seulement il sait lire, lui, mais en plus, et c'est bien pire, il lui arrive de savoir écrire. Bref, Falardeau sert désormais de pointe avancée et «socialement engagée» à la mise en place de l'antisémitisme culturel officiel, à l'UFPisation des esprits, à l'Amir-Khadirisation des mentalités, à la dhimmitude annoncée, à la colonisation de soi-même par la partie de soi-même qui a perdu, qui s'est soumise. Falardeau, c'est la mise au rancart générale, sous couvert, précisément, d'identité nationale, de tout l'héritage français-américain, dans les combles truqués du mensonge néo-jacobin québécois. Et voilà pourquoi Pierre Foglia n'est pas une ordure: il est en effet parfaitement recyclable. Par un Pierre Falardeau, par exemple.

Une Alyah pour les Français

Il n'en fallait pas plus pour que, soudain, la France avachie tremble de tous ses membres, atteints d'une gangrène purulente, et qu'elle se révulse d'horreur devant le miroir de sa déchéance, obligeamment tendu devant elle. Il n'en fallait pas plus pour que les cris d'orfraies des potinières culturelles de la République ne se mettent à emplir l'air vicié des égouts parisiens de la pensée, à grands renforts de mots bidon flottant sur les eaux pestilentielles de l'humanitarisme commémoratif, il n'en fallait pas plus pour que le jacobin guillotineur qui sommeille en tout Français se réveille, à la fois offusqué et contrit, offusqué par la mise à bas si brutale du pantalon crasseux de la réalité officielle, la culotte maculée offerte alors à notre vue ne paraissant pas des plus ragoûtantes, et contrit parce que l'ensemble des ronds de jambe médiatico-politiques, exécutés d'un bel ensemble au nom de la «Shoah», et que les mêmes accomplissaient encore il y a peu avec la régularité des coucous suisses, évoque désormais le hululement des sirènes d'appel, et le jappement des dobermans à proximité des miradors. Que l'antisémitisme de l'extrême gauche hitlero-trostkiste s'allie désormais sans se voiler la face aux mégabandes criminelles et islamisées qui tiennent comme de véritables fiefs les banlieues françaises, quoi de plus naturel? Pour une fois, les nihilismes convergent clairement vers leur centre originel et terminateur tout à la fois: celui du Grand Jihâd contre l'Occident, ou plutôt contre ce que Jean Renaud dénomme brillamment notre actuel «Inoccident». En Angleterre, le SWP, parti membre de la IVe Internationale trotskiste, vient officiellement de proclamer son alliance indéfectible à l'Islam «anti-impérialiste». En France, la LCR, et d'autres groupes analogues, sont actuellement déchirés par le débat ouvert par leurs homologues britanniques*; on me dit qu'en Allemagne, des «Verts» seraient tentés de changer d'affiliation «politique», sans pour autant devoir modifier la couleur de leur drapeau; il est vrai qu'en Islam, politique et religion ne font qu'une seule et même chose, ce qui est précisément la définition du terrorisme nihiliste. En Russie post-soviétique, les ex-communistes continuent de se vautrer dans leur antisémitisme de sous-popes à deux roubles, et accusent Poutine de conduire une sale guerre contre les Tchétchènes. Le front Vert-Rouge-Brun est en cours de constitution, nous lui opposerons l'Anneau Bleu-Blanc-Rouge de l'Occident Impérial. Que les agressions anti-juives se multiplient en France au point d'évoquer de miniatures Nuits de Cristal à répétition, voilà au fond qui n'a de quoi inquiéter qu'une poignée de vieux grincheux réactionnaires qui n'ont pas saisi la portée du mouvement formidable des peuples vers un avenir radieux, celui de ce monde sans frontières, autant dire ce monde qui ne sera plus un monde, mais un parc à thèmes géant, s'il ne devient pas un Sahara islamique. Mais que la véritable homophobie, avec violences systématiques, viols, agressions de toutes natures, humiliations, meurtres, soit le fait des bandes ethniques islamisées, comme un article récent de l'Express (qui n'est franchement pas un brûlot d'extrême droite) en a apporté la démonstration, et non de ces méchants intégristes catholiques opposés au mariage gai, peu importe, car ce qui importe en France, ce n'est pas la vérité, c'est la République, ce qui importe en France, ce n'est pas la liberté, c'est la «démocratie». Autant dire le nombre d'électeurs qu'on est en mesure de s'affilier. Que le gouvernement israélien, lassé du double langage des élites politiques du Chirakistan - dans le meilleur des cas (lorsqu'il ne s'agit pas des véritables nazillonneries verbales proférées par un de nos diplomates ou un autre) - ait décidé de prévenir la possibilité d'un nouvel Auschwitz, conduit cette fois au nom du Djihâd, voire du droit des Peuples à disposer d'eux-mêmes (et des autres), voilà certes qui n'est tout de même pas très présentable pour la politicaillerie franchouille, qui se défend depuis 1944 d'être ou d'avoir été collabo, alors que moins de 100000 authentiques résistants faisaient le travail la veille du jour J. Il faut donc se réjouir de la leçon infligée aux dhimmis du Frankistan par le gouvernement Sharon. Il faut s'en réjouir et non seulement s'en réjouir mais soutenir de la manière la plus active qui soit l'appel lancé ainsi aux derniers juifs du Vieux Continent: vous ne devez plus rien à cette «Europe» qui par deux fois déjà s'est suicidée, emportant à la dernière occurrence six millions d'entre vous dans les chambres à gaz, et qui vient de s'avorter le plus sciemment possible en imposant le modèle antichrétien et voltairien d'une pseudo-constitution qui ne tiendra pas une génération devant la montée du postnazisme islamique. Nous pouvons, nous devons même certainement faire mieux, oser aller plus loin encore: oui, il semble bien qu'il soit temps pour qu'enfin on puisse dire à TOUS les authentiques Français de l'Ancien Monde, qui ne veulent ni d'une Europe déchristianisée ni d'une France islamo-bolchevique, qu'il s'agit pour eux de comprendre que l'âge de la Grande Diaspora Française vient de commencer. Comment donc croyez-vous que l'Israël de la Chrétienté serait puni, après avoir ainsi traîné 2000 ans de civilisation dans la tourbe fermentée du jacobinisme, éclairée de ces «lumières» qui ne sont pas autre chose que les illuminations d'une époque vouée à Lucifer, et qui conduirait au règne de Satan, et de ses abattoirs industriels? Les Français de l'Ancien Monde doivent admettre que leur pays est perdu, mais qu'ils peuvent encore construire le Nouveau Monde Français, ici, en Amérique, ici, en Atlantide. Nous ne pouvons certes pas imaginer qu'un jour les gouvernements canadien ou québécois osent instaurer un «Droit au Retour» analogue à celui que l'État juif réserve à ses corréligionnaires, ce sera à nous seuls, comptant sur nos propres forces, et sur la Grâce Divine, de faire en sorte que si la France, en tant qu'entité géographique et historique provisoire, s'effondre, la civilisation française, elle, puisse perdurer par delà les âges et les mondes, non comme pseudo-République Universelle, mais comme première fille de l'Église, et comme centre unificateur et métalocal du christianisme futur.

Code rouge, bis.

Attentats en série contre des lieux de culte chrétiens en Irak. Le principal mérite de cette guerre ce n'est pas d'avoir fait tomber Saddam Hussein, mais de faire tomber les masques.

Le Pont de Mostar et les Janissaires onuzis

Il est parfois des murs qu'il faut abattre, et des tunnels qu'il faut creuser. Il faut parfois l'inverse. Il est parfois des murs qu'il faut dresser, et des ponts qu'il faut détruire. Cette leçon du XXe siècle ne risque pas d'être comprise de sitôt, et celui qui est né sur ses décombres, autour du Ground Zero, ne saurait probablement pas quoi en faire, au cas improbable où il saurait s'en souvenir. En 1993, alors qu'une terrible guerre tripartite enflammait les Balkans, la mauvaise conscience de l'Occident post-nazi réussit le tour de force d'absoudre les criminels et d'égaliser tous les «belligérants», tout en choisissant parmi eux celui qui pourrait servir à l'occasion de parfait bouc émissaire, de bon pigeon de l'affaire. Pour ceux qui n'ont pas bien suivi à l'époque les ignominies de MM. Svend Robinson, Akashi, ou du général McKenzie, je me permets un rapide résumé: après l'effondrement du Mur de Berlin, et la chute du dictateur-cordonnier Ceaucescu qui s'ensuivit presque aussitôt, les communistes serbes, désireux de conserver leur pouvoir merdique, refusèrent tout changement dans la constitution yougoslave, en bloquèrent les institutions, puis envoyèrent l'armée fédérale et des milices de volontaires fanatisés en Croatie et en Bosnie pour y «unir tous les territoires serbes». En 1991, lors de la Guerre en Croatie, la vision du conflit donnée par les médias français, voire occidentaux, était la suivante: De méchants fascistes anciens oustachis pro-allemands catholiques croates voulaient exterminer tous les gentils serbes yougoslaves socialistes. Ces derniers avaient donc raison de faire tonner le canon. Les Croates revendiquaient leur catholicisme, ils désiraient rejoindre l'Union européenne, et se doter d'une économie de marché comme d'un régime démocratique, c'était à n'en pas douter de dangereux nazis. En mai 1992, les serbo-communistes entamèrent leur guerre en Bosnie, Vukovar puissance 10. Très vite, la vérité se mit à suinter de partout, comme un tas de cadavres en état de décomposition depuis une morgue improvisée en plein milieu de l'été. Les médias franchouilles s'étaient fait avoir par l'appareil de propagande coco de Milosevic et de ses divers relais d'opinion. Les premiers massacres à grande échelle commis par les communistes serbes commençaient sérieusement à ébranler l'opinion publique européenne; fin 1992, lors du Référendum sur Maastricht, les agents en charge de la Gouvernance française sentirent la balle siffler très près de leurs oreilles, venue droit de Sarajevo. On vit alors un très subtil jeu d'ombres médiatiques se configurer pour gentiment faire passer le message, et la pilule qui allait avec: les Bosniaques étaient des musulmans, donc, pour les médias occidentaux, et l'intelligentsia qui leur est redevable, des «victimes» patentées, auxquelles il fallait livrer secours, etc., etc., toutes les litanies humanitaires que cette époque est en mesure d'inventer pour calmer les esprits furent dès lors proférées, avec la larme à l'½il, la chemise blanche, et la mèche romantique de rigueur. Dans le camp d'en face, non seulement ils étaient «communistes autogestionnaires» depuis 50 ans, mais les Serbes étaient nos alliés depuis un siècle. Mieux encore, ils étaient les piliers de la Fédération yougoslave, modèle d'intégration post-titiste devenue référence pour tous les Ignacio Ramonet du monde. Ils défendaient le socialisme, alors que l'URSS et le Mur de Berlin avaient disparu au grand dam de Mitterrand et de tous les mitterrandiens, autant dire de tous les Français ou presque. Il fallait donc égaliser les «belligérants», tout en préparant les esprits à sélectionner le «vrai méchant». Durant l'été 1993, les Croates et les musulmans de Bosnie centrale se livrèrent à de féroces combats, les Croates ne désirant pas plus que les Serbes vivre sous le joug d'un État en voie d'islamisation rapide (la guerre fut un élément accélérateur du phénomène, bien entendu). À Mostar, ville frontière que les Croates des Krajinas avaient défendu contre les envahisseurs turcs durant des siècles, les combats prirent une tournure tant symbolique que stratégique. Un beau matin, exacerbés par les tentatives d'intrusion de commandos musulmans dans la partie de la ville qu'ils contrôlaient, les hommes du HVO* firent sauter le fameux «pont historique» qui reliait tant symboliquement que matériellement les deux communautés. Ce fut l'occasion rêvée, si longtemps attendue. On avait enfin affaire à un vrai salaud de fasciste, ni serbo-communiste, ni musulman, sur lequel les journalistes de l'Occident bobogauchiste allaient pouvoir taper sans avoir à se restreindre: crime contre l'Humanité! Lancèrent certains. Guerre à la Culture, déclarèrent les autres. Oustachis! Honte! Vandalisme! Nazis! Plus tard, on comparerait leur geste, commis dans l'absurdité et la violence quotidienne de la guerre, à la destruction tranquillement préméditée des statues bouddhistes d'Afghanistan par les chameliers talibans! À la différence des Serbes, qui, après tout, s'étaient contentés de commettre 30000 viols ethniques et d'accomplir plusieurs Srebrenica, les Croates avaient fait sauter un pont! Un pont historique. Il était dès lors implicitement évident, pour tous les Jean François Kahn de la presse nationale-contemporaine, et ils sont légion, que, de tous les «belligérants» en présence, ces salauds de catholiques destructeurs d'artefacts historiques étaient à n'en pas douter les pires, de vulgaires animaux sans aucun respect pour les ½uvres d'art, les symboles «communicationnels», et les Ponts et Chaussées. Il fallait donc les punir. Ce que l'ONU - avec l'aide inespérée de Clinton - s'empressa de faire, dès la guerre terminée :

1) on obligea les Croates de Bosnie à rester à l'intérieur d'une fantomatique «fédération croato-musulmane», alors que les Serbes, instigateurs de cette guerre, vivent en paix dans leur Republika Srbska, devenue de facto province de Belgrade (à Dayton, les Croates de Bosnie ne furent pas représentés).

2) À chaque occasion qui se présente, les fonctionnaires cuculturels franchouilles ou «internationaux» déversent leur lot d'affligeantes conneries humanitaires-socialistes sur ce sinistre conflit, qu'ils n'ont pas su arrêter, et font peser la faute sur celui qui, aujourd'hui, quoiqu'il arrive, se doit de payer pour les crimes des autres: le salaud d'Occidental catholique, symbole des «Croisades», autant dire de la défense de l'Europe.

Et c'est pourquoi on est allé jusqu'à cette infamie qui s'est déroulée courant juillet, pour «fêter» la reconstruction du pont. Pour les Croates, ce pont n'est pas un «symbole communicationnel», c'est pire qu'un mur, c'est un tunnel, un tunnel intrusif que l'État islamique de Sarajevo veut creuser dans toute l'Herzeg-Bosna croate. Cette «Fête» devait sans doute avoir des accents d'amère défaite, pour eux qui gardent cette région de l'Europe contre l'avancée ottomane depuis le XIVesiècle! Mais il fallait qu'ils avalent la potion jusqu'à la lie, il fallait qu'ils en crèvent de cette «réconciliation» humanitaire, rythmée par un de ces designers d'ambiance à la Jean-Paul Goude qui se sont fait une spécialité de tout écraser, du haut de leur stupide prétention culturelle d'artiste mondial. Ce chorégraphe de la médiocrité, dont je n'ai pas retenu le nom, a donc procédé à sa série de danses pseudo-folkloriques sur fond techno avant de jeter sur ce morceau de territoire, blessure ouverte du continent depuis sept siècles, sa vision d'abruti instruit par les têtes d'½ufs de l'ONU: en clou du spectacle, ce sinistre pain d'andouille, après avoir probablement lu à la va-vite un Guide du Routard dans sa chambre d'hôtel, s'est en effet cru obligé de faire parader, en plein sur le pont, une cohorte de JANISSAIRES! Je sais fort bien que pour un Québécois lecteur du Couac (ou du Trouble) le mot Janissaire n'évoque rien, déjà que je ne suis pas certain que ces «marxistes» aient jamais lu (et compris) une seule ligne du Capital, je ne vois pas comment ils pourraient connaître quoi que ce soit du continent de leurs origines. Au cas, fort peu probable, où l'une de ces huîtres fielleuses ressente, pour une fois, le vague désir de s'instruire pour de bon, renvoyons-la à l'un ou l'autre des dictionnaires en usage aujourd'hui et osons, pour satisfaire aux capacités réduites de son système nerveux central (souvent facultatif chez les trotskistes), opter pour cette synthèse: Janissaires, corps spécial de l'armée ottomane composé à partir de jeunes enfants kidnappés en masse dans les territoires conquis ou lors de razzias frontalières puis brainwashés, islamisés, entraînés, et formés spécialement pour haïr et tuer leurs anciens coreligionnaires. Et c'est la reproduction post-moderne de ces SS médiévaux que les fonctionnaires onuzis ont choisi pour symboliser la «réconciliation» des deux «ethnies»! Imaginons un défilé de la Division Das Reich à Oradour-sur-Glane! On ne le redira jamais assez: la place nous manquera pour juger tous ces criminels de guerre, qui s'arrogent le droit d'être les Juges de la République Mondiale. Osons dès lors faire une transition directe avec ce qui suit :
Combat Rock (CHOI-FM et la République Soviétique du Parallèle 42)

En cette ère où le visage grimaçant des droits inhumains a recouvert l'atroce dénuement des libertés détruites, il était temps, sans doute, que le CRTC laisse, lui aussi, comme tous les autres Big Brothers en puissance de ce monde, tomber le masque. Lorsque j'ai émigré au Canada, il y a six ans, j'avais benoîtement cru en la perspective, d'ailleurs fort bien publicisée par les ministères en charge de l'immigration, d'un pays où la liberté d'expression, et le véritable pluralisme, étaient de règle, osons le dire: constitutionnellement garantis. Je quittais alors une France devenue vulgaire appendice des Commissaires de Bruxelles (ni mandatés ni élus, à la parfaite mode jacobine-bolchevique), une France qui s'engageait déjà dans l'islamolâtrie galopante, une France qui allait bientôt donner à Chirac le score d'une élection cubaine ou zimbabwéenne. Je ne me considérais pas moins comme un réfugié politique qu'un Croate, un Kashmiri ou un Biélorusse.

J'ai probablement quitté la France à temps; mais il m'est vite apparu que j'arrivais au Canada trop tard. Pour moi, dont l'enfance et l'adolescence avaient été bercées par les visites régulières aux plages du Débarquement, le Canada, c'était la nation franco-britannique qui avait foutu une branlée aux nazis teutons sur la plage de Juno Beach. Je ne savais pas que j'allais atterrir, au Québec, dans une «petite France» plus jacobine encore que les Jacobins, et au Canada, dans une «mini-Europe» gouvernée par des juges tout-puissants, plus puissants encore que les Commissaires de Bruxelles. Je ne savais pas que je quittais cette fameuse «URSS qui aura réussi» - comme on surnomme parfois avec raison ma patrie d'origine - pour une sorte de Chine Pop version post-moderne, j'ignorais en effet que le Canada «multiculturel» était le programme avancé du nihilisme pour détruire toute authentique «culture». Je ne savais pas encore ce que signifiaient les mots «pluralité des opinions» pour ceux qui ont, soi-disant, la charge d'en assurer la liberté. Je ne me doutais pas encore que je serais un jour obligé de prendre ma plume pour défendre le droit à l'expression de gens avec lesquels je ne suis pas forcément d'accord, ni en ce qui concerne les opinions, ni en ce qui concerne le style pour les exprimer, ni même sur leur coupe de cheveux ou de costume. J'ai déjà dit à plusieurs reprises publiquement que, par exemple, mon profond mépris pour les thèses négationnistes ne m'obligeait nullement à vouloir en demander l'interdiction, j'ai déjà rappelé à plusieurs reprises la formule de simple bon sens de Karl Popper: le meilleur moyen de lutter contre une mauvaise idée, c'est une meilleure idée. Certes, certes, CHOI-FM était ce qu'on appelle dans le jargon germanopratin, qui a fait ses émules sur le Plateau Mont-Royal: une radio «populiste». Autant dire «démagogique». Rappelons pour la bonne bouche le mot de Nicolas Gómez Dávila au sujet de ce concept: démagogie, mot employé par les démocrates lorsqu'ils ont peur de la démocratie. Certes, certes, pour le petit souverainiste sans réelle souveraineté, ce surgeon de la décadence, anti-américain, anti-occidental, anti-sioniste et «multiculturaliste», les accents virils de Jeff Fillion ou d'André Arthur au sujet du centralisme socialiste de l'État Québécois, cela fait un peu tache dans le décor. Surtout lorsque l'on sait que la radio était écoutée par près d'un demi-million de personnes dans la région de Québec, c'est-à-dire à la fois l'endroit où le modèle «québécois» est censé être représenté en tant que «nation», et l'endroit où le Parti québécois se prit la plus grosse tasse de son histoire, lors des dernières élections. Voilà qui n'a échappé à aucun des chroniqueurs de la presse collabo québécoise, et encore moins à ses lecteurs, comme un numéro récent du magazine Voir nous en a apporté la preuve: non seulement ces «provocateurs fascisants» n'ont pas respecté les injonctions du Big Brother pancanadien, et ils sont donc justement punis pour ne pas avoir obéi à ces fonctionnaires (c'est-à-dire à des non-élus), mais dont la puissance équivaut presque à celle des juges, non élus, de la Cour suprême, mais pire encore, ils ne se conformaient absolument pas au «modèle québécois» tant vanté par les caniches du post-modernisme. Opposés au mariage gai, ils vomissaient les Talibans et les musulmans radicaux dans leur ensemble, n'accordaient qu'une confiance mitigée en la France (le «modèle secret» des jacobins québécois), soutenaient Bush et la politique étrangère US en Iraq (de quoi faire mourir d'apoplexie Mme Dussault et Messieurs Martineau et Aktouf), et allaient même, ô comble de l'horreur, jusqu'à critiquer Castro, Arafat, et soutenir, imaginez la tête de Pierre Foglia ou d'Amir Khadir, la diplomatie musclée d'Ariel Sharon contre les terroristes «palestiniens»! C'en était trop, cette fois, vraiment trop, pour tous nos petits «démocrates», ces «démocrates» dont le couperet servant à décapiter tout ce qui dépasse, et en premier lieu de leur minable prêt-à-penser bobogauchiste, est déjà aiguisé, prêt à l'usage, pour peu qu'une institution déliquescente ou une autre vienne à s'en mêler. Désormais, nous le savons, puisque nous sommes la seule réelle ALTERNATIVE au monde immonde que le social-libéralisme éthique et équitable nous prépare, on doit nous faire taire, by all means necessary. Mais désormais, pour nous faire taire, il va falloir imiter en tous points le CRTC, pour nous faire taire il va falloir faire tomber les masques. Il va falloir montrer le vrai visage de la démocratie totalitaire. Il va falloir envisager à terme la manière forte.

Maurice G. Dantec