"C'est avec les pacifistes qu'on fait les meilleurs collabos."
American Black Box
maurice-g-dantec.png, 3,4kB
Maurice G Dantec

Turbo-réaction : Bloc-notes de la guerre des guerres

par Maurice G. Dantec le 18/08/2004 Egards


TURBO-RÉACTION
Bloc-notes de la guerre des guerres


Nouvelles du Front de l'Est

1. En 1941-44, vu de Paris, ou de Londres, le Front de l'Est se situait vers le Dniepr ; vu du Canada, en 2004, c'est sur les bords de Seine que cela se passe. Nous commencerons donc avec les v½ux de Nouvelle Année du député Jean-Louis Borloo, sorte d'opportuniste radical-socialo-écologiste-libéral de cabinet de toilettes qui a osé déclarer, le 18 décembre dernier: Il faut considérer la France comme un pays du Maghreb. Alors, voilà, c'est fait: Français, contemplez la fin de votre civilisation; non seulement l'Europe, sous la pression de l'idéologie national-chirakienne, ne peut s'entendre sur les fondamentaux judéo-chrétiens de sa propre constitution - après vingt siècles d'histoire! -, non seulement elle s'apprête à faire directement entrer - comme le Luxembourg, ou le Portugal - ce pays islamique qu'est la Turquie, 70 millions d'habitants, dans la structure institutionnelle de l'UE sans la moindre garantie concordataire, mais un sinistre pignouf de politicien à deux euros, avec une tête de Jean-Pierre Mocky raté et terminé à l'urine, doté d'un nom comme d'un physique de clown pour bordel de campagne, peut désormais se promettre d'annexer la France à la Cyrénaïque, aux Aurès, et au Sahara! Comprenez bien que l'idée inverse pourrait carrément vous valoir les tribunaux, pour apologie du colonialisme.

2. Avant d'aborder de front les dernières échéances électorales franchouilles, je ne peux m'empêcher d'établir ici un rapide résumé des dernières péripéties (je devrais dire péripapéticies) de la Patrie-des-droits-de-l'homme-et-de-la-Laïcité, dont toute la structure vacille au moindre «signe ostensible à caractère religieux». Alors que l'Islam radical gagne irrésistiblement du terrain dans les «cités», dans les prisons, et même dans les universités, le super-État laïc et républicain se voit forcé d'adopter de toute urgence une de ces lois-rustines qui rassurent à peu près tout le monde, contentent quelques-uns, en «révoltent» d'autres, et ne résolvent rien. Croit-on vraiment que les hijabs vont disparaître des dites «cités» parce qu'on les interdira à l'école, au cas, fort peu probable, où cette loi «Stasi» (une de plus*) soit à peu près applicable, et donc peut-être appliquée? Croit-on même qu'en y interdisant au passage TOUS les signes d'appartenance religieuse (y compris ceux qui fondent notre civilisation), on va d'une manière ou d'une autre empêcher l'impaction désormais inévitable de l'islamisme à grande échelle sur le sol de France? Les toutes prochaines années seront décisives. Dans dix ans, nous verrons de nouveau poindre le fantôme de la Bosnie-Herzégovine. Mais pas dans les Balkans. Ou disons: pas seulement. Chirac, lui, sera à la plage. À Agadir.

3. Lorsque le métissage est général, il devient impossible.

4. L'Express titre, sur un de ses numéros de décembre: L'homme qui nous aura gâché l'année. Photo de G.W. Bush - évidemment - en illustration. Un fou rire menace de m'emporter dans la librairie où je contemple, incrédule, la première page de ce qui fut un jour un organe de presse considéré comme «sérieux». Allô-Police, et, pour les Français, Le Hérisson, voilà à peu près ce à quoi correspond aujourd'hui l'hebdomadaire fondé il y a plus de quarante ans par Servan-Schreiber! On se surprend à peine à souhaiter au plus haut point qu'en novembre prochain, quatre autres années soient définitivement gâchées pour les éditorialistes de la presse néo-collabo.

5. HOLIDAYS ARE OVER, sinistres pains d'andouille du journalisme centro-chirakiste. Les vacances sont terminées. La Fin de l'Histoire est terminée. La Seconde Histoire vient de commencer. Bienvenue dans le XXIe siècle, bienvenue dans la nouvelle Guerre de Cent Ans.

6. Campagne de presse haineuse à mon endroit: Quelle mouche, donc, m'a piqué, pour avoir rendus publics ces deux e-mails envoyés au «Bloc Identitaire», «dangereux» groupe «d'extrême-droite» luttant pour «la civilisation européenne»? Surtout pour leur dire tout mon désaccord avec leur insensées positions anti-américaines et anti-sionistes (la plaie des patriotismes européens). Mais c'est que - dites donc voir vous là-bas! - j'ai osé me moquer d'une expression devenue célèbre de monsieur Stasi, encore lui, au sujet des «chances-pour-la-France», et que j'ai aggravé mon cas en osant traiter de «bêtes sauvages» les petits caïds qui organisent les centres de viols à la serbo-bosniaque sur le territoire de la République, et que l'on devrait selon moi envoyer illico à un TPI quelconque pour CRIMES CONTRE l'HUMANITÉ. Lorsqu'on sait que la Police Nationale a identifié environ MILLE «cités» où visiblement les viols collectifs, et quotidiens, joliment dénommés «tournantes», ont lieu en toute impunité ou presque, il faudrait en plus que je présente mes EXCUSES pour avoir choqué leurs petites âmes sensibles de KAPOS de la République? La conjuration des imbéciles, Libé, le Nouvel Obs, les Inrockuptibles, la Presse (ici, au Québec), s'est dite alors d'un bel ensemble: chouette, on va enfin pouvoir le RÉDUIRE AU SILENCE, cet empêcheur de noamchomskyser en rond. On va pouvoir l'accuser d'être un NAZI. «Argument» digne d'une dame-pipi des toilettes de la démocratie que, précisément - il n'y a pas de hasard quand l'inculture est à ce point partagée -, les nanarchistes à piercing du Québec reprennent vaillamment tous en ch½ur: le Couac, ou les joyeux piliers de brasserie du Trouble, ces racistes anti-américains, tueurs de yankees par procuration (la seule joie des hypocrites est le ressentiment) dont on sent, à chaque étron locutoire francoïde éjecté -comme des crottins laissés dans son sillage par un cheval de trait - au travers de ce qui leur tient lieu d'organe de phonation, mais à travers lequel aussi ils défèquent par la même occasion, la présence résiliente d'une logorrhée révolutionnaire qui évoque immédiatement un émule de Léon Trostski atteint d'une violente attaque de dysenterie, oui, on «sent» - c'est le mot juste - toute la pestilence dégagée par le cadavre d'une idéologie de merde qui n'en finit pas d'empuantir l'atmosphère, et de contaminer tous ceux qui la respire. Dire que les Russes et les Slaves s'en s'ont occupés tout seuls, comme il le fallait, dans la cuvette des toilettes de l'histoire, pendant que nos cucurbitacées du nanarchisme étaient aux Foufounes Électriques. Il va falloir dare-dare que les petits Djerzinsky des tabloïds culturels, bleus, blancs, rouges, ou couleur bleuet, s'expliquent sur l'éminent paradoxe qui préside au fait que quelqu'un qui est ouvertement antinazi, anticommuniste, et sioniste, comme moi, peut être, dans le même temps, affublé de l'étiquette... nazi. Je rappelle ici aux nanarchistes ayant lu un peu de Noam Chomsky et quelques digests du marxisme structuraliste, que le Parti National-Socialiste des Travailleurs Allemands (NSDAP en allemand, sa véritable appellation) vantait la planification étatique de type bolchevique et la collectivisation socialiste des esprits*, sans parler de la destruction du Peuple de l'Ancien Testament. Donc, en ce qui me concerne, pauvres truffes, ou vous ne savez pas lire, ou bien, c'est la seule alternative, vous êtes des analphabètes. La quadrature du cercle est une très ancienne pratique des despotes, et des abrutis, qualités qui vont parfois de pair. Sauf que là, il y a eu comme qui dirait un os. Leur minable complot de pigistes cuculturels s'est retrouvé face à l'impensable. Pas de bol, en effet, un contre-mouvement spontané et assez incroyable s'est presque immédiatement mis en route. Des sites webs indépendants ont accepté les droits de réponse que tous les journaux, français ou québécois, m'ont élégamment refusés. Des centaines d'e-mails ont été relayés jusqu'à la maison Gallimard, des lettres, des messages de soutien, venus de tous les horizons, et de toute la France. Sauf de la nomenklatura littéraire parisienne, qui a bien d'autres chats à fouetter que de se battre pour sa propre liberté. Dont il est vrai qu'elle se contrefiche, l'ayant soldée à bon compte il y a longtemps contre l'assurance d'une vertueuse servitude volontaire récompensée lors de rituels automnaux, par des Prix d'excellence et d'Honneur pour les bons élèves de la classe**.

7. Le «mystérieux» groupe AZF, quels que soient ses motifs, quels que soient ses auteurs, aura eu pour insigne mérite de faire connaître aux Français, et au reste du monde par la même occasion, le fait que depuis l'été 2002 - date à laquelle l'usine du même nom, dans la région de Toulouse, a «accidentellement» explosé - la police et les médias français, c'est aujourd'hui la même chose, deux branches à peine distinctes du même «Département de la Désinformation générale», ont tout fait pour cacher au public l'existence de pistes très sérieuses permettant de penser qu'il s'agissait en fait d'un acte de terrorisme industriel opéré par des cellules proches d'Al-Qaeda, et par les buts recherchés, et par les moyens mis en ½uvre, et par les méthodes employées. Je rappelle à mes lecteurs que pendant deux ans, toute personne qui osait mettre en doute la version officielle des faits, j'en sais quelque chose, était immédiatement considéré comme «cinglé», d'extrême-droite qui plus est. J'en suis à me demander si ces faux islamistes, ou faux extrémistes inclassables, ne sont pas aussi de faux truands, et ne sont donc pas en fait de vrais flics, ou ex-membres de l'un ou l'autre des services de renseignement de la République, qui en ont assez de la politique collabo du Chirakistan, et qui ont tous les moyens de lui faire savoir qu'ils savent tout, eux. Après les vrais-faux passeports, voici l'heure des vrais-faux chantages. L'ère des néo-barbouzes est arrivée.

8. Comme le dit, reprenant un célèbre mot de Gainsbourg, un de mes amis qui aime à se moquer de l'antisémitisme de ses compatriotes: Qui a coulé le Titanic? Iceberg! Encore un Juif!

9. Déroute, Bérézina, Trafalgar, Pearl Harbour, Canicule! 11 septembre! voici la liste de quelques locutions que nous pourrions utiliser pour décrire la défaite électorale de la droite franchouille aux élections régionales des 21 et 28 mars! Ah! Quelle rigolade!

Probablement lassés d'entendre Raffarin leur expliquer à chaque occasion (voir Le Monde du 22 janvier) qu'il se trouvait lui-même plus à gauche que Tony Blair et Gerhard Schroeder, les électeurs indécis, plus un bon petit paquet d'anciens électeurs RPR et UDF, poussés à bout, ont préféré voter «utile»: ils ont donc remis directement 20 régions sur 22 aux mains des écolo-socialo-communistes. Le FN stagne. Les citoyens français sont en train d'envoyer un message très clair à Chirac et à sa bande de sociaux-démocrates libéraux: la crise de régime arrive, messieurs-dames, veuillez attacher vos ceintures, préparez vos sacs à vomi, l'avion «République» va traverser une zone de fortes turbulences.

10. Car ce que les élections françaises ont prouvé, s'il en est encore besoin, c'est qu'aucune alternative politique viable n'est plus concevable pour cette nation, qui a suicidé son destin, comme celui de tout le continent qu'elle devait élaborer avec les autres peuples européens, et qu'elle a préféré avorter plutôt que de ne pas céder aux pressions de l'Eurocratie bruxelloise d'une part et, d'autre part, celles des États islamiques qui tiennent désormais par les roupettes tous les politiciens que la République française - que le Diable ait son âme! - mettra en charge de sa gouvernance. Il n'y a plus d'issue, sinon l'irrémissible islamisation du pays, et la réaction nationale-populiste qui se traduit aujourd'hui par le vote FN et les incessants retours de balancier gauche/droite. Avec désagrégation prénatale de l'Europe à la clé. Mais que les microcéphales nanarchistes méditent bien ceci, entre deux cours d'escalade de barricades et une lecture publique de Bakounine: en France, le parti le plus anti-américain et le plus anti-sioniste, en tout cas pour bon nombre de ses tendances (dont celle avec laquelle j'ai essayé d'établir, ô crime de lèse-gougnafier, un dialogue), c'est justement le Front National. Il n'y a guère que les archéo-communistes et les néo-gauchistes de service pour le dépasser dans l'ignominie à ce sujet. Bien sûr, devinez un peu qui, dans le tas, se fait systématiquement traiter de NAZI? Anti-juifs, anti-américains, anti-occidentaux, plus encore que les militants bernés du parti de Jean-Marie Le Pen, nos ex-staliniens, néo-trotskystes, post-maoïstes, ultra-écologistes, anté-nazillons sauce Gaïa ou Adolf, désirent en fait secrètement rejoindre la Grande Oumma de l'Islam, ce communisme religieux, ce «premier programme de socialisation de Dieu», et voilà donc que nous les retrouvons désormais anti-russes, et anti-slaves, parce que ces peuples se sont justement sortis sans l'aide de cet Occident maladif de la merde stalinienne dans laquelle les idéologies marxistes les avaient plongés pendant au moins un demi-siècle, et qu'ils désirent désormais rejoindre sans complexe le Saint Empire Américain-Atlantique! Voici désormais que les dés sont jetés et que la Guerre des Guerres est bien sur sa lancée, elle est l'événement des événements qui va structurer toutes les «situations» au cours du XXIe siècle. Même lorsqu'elle sera terminée. Surtout lorsqu'elle sera terminée.

Arriba Espana!

Ce 11 mars 2004 restera comme une date dans l'histoire de l'Infamie. C'est par ces mots que le président espagnol, José Maria Aznar, a laconiquement commenté l'ignominie perpétrée par les bédouins cavernicoles du wahabbisme. Alors que la gaugauche franco-québécoise poussait ses cris d'orfraies au sujet de deux e-mails que j'avais envoyés au «Bloc Identaire», les vrais nazis, eux, planifiaient leurs attentats. Il faudra un jour que les micro-terroristes de la presse aux ordres soient jugés au même titre que ceux dont ils camouflent les actions par leurs insipides bavardages. Le nihilisme contemporain est criminel même dans le ridicule. Il pousse déjà le monde vers le moment apoplectique de sa désagrégation qui se verra, avec le nihilisme qui en aura recouvert la surface, fondre sous la foudre terrible venue de la justice divine. 200 morts, 1500 blessés. Dès les premières minutes et en dépit de la longue litanie d'assassinats commis par les criminels de guerre basques depuis quarante ans, je pressens quelque chose d'inhabituel. Attentats simultanés, pas de cibles politiques précises. Même en Irak, les Saddamites et les Djihadistes ne sont pas parvenus à ce record, ce record de l'infamie. Cela puait vraiment l'islamiste gangrené de toute son idéologie de tombeau, cela dégageait l'odeur de la hyène crevée qui pourrit dans l'eau fangeuse d'un marécage historique. Cela sentait la vengeance, le ressentiment des vaincus, le faiblesse des esclaves, cela puait la mort au travail. La mort de la pensée, la mort de la Parole. Au point que les tueurs wahabbites firent tomber les masques dès leur première revendication, découvrant le visage grimaçant de l'Antéchrist Coranique: «NOUS AIMONS LA MORT; ET VOUS AIMEZ LA VIE.» Rappelez-moi déjà quel était le slogan des méchants fascistes phalangistes en 1936? Viva la Muerte, dites vous? Ah, oui, mais si cela est prononcé par un tueur à gages musulman, ce n'est pas du fascisme, voyons donc ma bonne dame, dans ce cas-là il s'agit de la juste revendication d'un peuple opprimé par l'impérialisme occidental. Le nihilisme actif contemporain a tout juste besoin des morts qu'il laisse dans son sillage, par milliers, pour dégager l'odeur de la vermine qui vient grouiller sur les cadavres. Les reportages télévisés sur cette organisation de pathétiques assassins nommée ETA montrent très vite de quoi il s'agit: les remugles du marxisme se mélangèrent dans les années 60 à la fameuse «lutte d'indépendance nationale des peuples colonisés», la grande blague onuzie à laquelle tout le monde, Québec en tête (tiens?), a adhéré, dans la phase post-nazie de culpabilisation de l'Occident, et après quelques stages auprès de groupes palestiniens, en compagnie de quelques Allemands et Italiens qui deviendraient plus tard célèbres, les néo-dobermans du nazisme rouge commencèrent, il y a quarante ans maintenant, à combattre pour la «démocratie» en Espagne. À l'instar de leur congénères - dans l'infamie tout le monde est frère - de «Palestine» qui ont constamment sabordé tous les processus de paix qui auraient pu conduire à une reconnaissance mutuelle entre les deux peuples de la région en litige, vingt-cinq ans après la mort du «Caudillo», les racistes anti-espagnols demandent toujours une reconnaissance déjà acquise à coups de bombes. L'ONU avait d'ailleurs listé le «problème basque» comme un des horribles «reliquats du franquisme et du colonialisme»! L'ONU n'en est pas à un crime près. Je n'ai jamais eu de sympathie particulière pour les Basques. Il ne devinrent quelque chose qu'en devenant «Vascos» soit «Gascons», autant dire Français, pour le reste, en ce qui me concerne, l'image historique des bandes de chacals qui s'abattirent, avec la complicité des Sarrasins, sur l'arrière-garde de Charlemagne, pour y assassiner Roland, ne plaide franchement pas en leur faveur. Il est tout à fait évident que ce dernier attentat ne peut leur être directement imputable, mais en revanche il m'étonnerait fort que des liens opérationnels ne se soient pas constitués entre Al-Qaeda et les divers réseaux terroristes post-marxistes et indépendantistes, où que ce soit dans le monde, et en premier lieu en Europe de l'Ouest. Et le fait même que des structures terroristes, et donc mafieuses, pré-existaient dans le pays, jouait en faveur des assassins. Quant aux hybrides de cochons sauvages et de caniches décérébrés qui auront commis ces crimes contre l'humanité, il ne reste plus qu'à attendre qu'ils aillent rejoindre leurs animaux de compagnie, en pyjamas oranges, dans le chouette camp de vacances tropical de Guantanamo-Bay.

Les Européens à genoux devant leurs nouveaux maîtres

Après les résultats catastrophiques des élections espagnoles, il convient d'annoncer ici, et maintenant, que LA CIVILISATION EUROPÉENNE EST MORTE, un certain 11 mars 2004. Le 11 septembre 2001 avait changé le visage de l'Amérique. Le post-modernisme des bobos démocrates gauchistes fut renvoyé d'un coup d'un seul dans le vide-ordures de l'Histoire, alors que s'effondrait le double palais de cristal du capitalisme éthique et du mondialisme pacifiste, carbonisant 3000 personnes et les ensevelissant sous une montagnes de rêves hippies à jamais brisés, amoncelés au dessus du Ground Zero, ce point initial d'une récriture globale du Monde, et de l'Amérique, de l'Amérique-Monde, comme du Monde-Amérique. Mais en Europe, lorsque Al-Qaeda frappe, les éditorialistes de la presse aux ordres, les petits collaborateurs ex-bolcheviques et les nouveaux prébendiers du Dar-al-Islam, tous s'unissent dans la même clameur, celle des lâches, qui consiste à accuser les peuples libres qui se défendent contre le terrorisme d'en être les responsables, comme à l'époque du nabot Adolf, ou de Joseph le petit Père des Peuples. Ainsi, les criminels de guerre onuzis, et les caporaux du nanarchisme ont-ils tous en choeur, d'un bel ensemble, condamné l'assassinat «politique» du «chef spirituel» du Hamas. Chine, France, Algérie en tête, ces grands modèles de démocratie et de courage ne se sont heurtés, encore une fois, qu'au veto impérial américain. Or il faut ici écrire noir sur blanc, et rouge sur or, ce que nous pensons de cet acte de justice et de salut public: les Israéliens n'ont pas commis d'assassinat politique contre la figure d'un «guide spirituel», ils ont éliminé un criminel de guerre et un chef terroriste avéré. Ou alors cela voudrait dire que l'assassinat par la résistance tchèque de Heydrich, chef des SS, à Prague, en 1942, était au même titre condamnable. Je rappelle en effet aux ignares des coalitions trotskystes que :

1) La SS était un ordre politico-religieux.
2) Le Hamas considère la destruction totale de l'État d'Israël comme un préalable à toute négociation!
3) Tout militant du Hamas peut tuer des juifs, ou que ce soit dans le monde. Sans distinction d'âge, de sexe... ni de race (il existe des juifs noirs, le savez-vous?)
4) Conclusion, pour ces rats de fosses septiques, la Palestine s'étend désormais jusqu'à la banlieue de Paris, et le Plateau Mont-Royal!
Tout en pleurant sur le sort de leur idole merdique, les apprentis criminels de guerre nanarchistes du Trouble ou d'Alternatives en sont réduits, les pauvres chochottes, à essayer de se «désolidariser», mais pas trop quand même, des hérétiques assassins d'Atocha. Oui? Sauf que c'est trop tard mesdemoiselles. Nous avons exhibé sur notre site (egards.qc.ca) les étonnants étrons locutoires qui vous tiennent lieu de pensée politique: La destruction des États-Unis est indispensable au salut de l'humanité! Si une telle expression est TOLÉRÉE et TOLÉRABLE chez les dhimmis du Quebeckistan, alors n'ayons pas peur de renvoyer la balle à l'envoyeur:
1) la destruction des communistes et des anarchistes est indispensable au salut de l'humanité!
2) la destruction de l'Islam est indispensable au salut de l'humanité!

«La fureur» contre Bush ou les coups de pieds au Q qui se perdent

Soyons honnêtes: Ici-Montréal n'est pas pire que les autres hebdos gratuits de la métropole, anglos ou francophones. Il reflète, avec parfois la candeur des crimes authentiques, et permet ainsi de mesurer avec une relative précision, le degré atteint par la connerie instruite et cultivée dont Karl Kraus, vers 1900, devinait déjà qu'elle allait conduire l'humanité au tombeau. Il l'avait deviné, parce qu'il était un écrivain. Et un authentique journaliste. Il l'avait deviné parce qu'il fréquentait alors, à Vienne, les salons littéraires et artistiques où le conformisme néo-bourgeois le plus plat, entre un souper factice et un faux roman écrit sur le coin d'une table, sous les yeux de vos confrères qui font très exactement la même chose, se trouvait déjà des airs de petit gommeux rebellitaire et des attitudes maigrelettes de poète romantique, d'humaniste socialement engagé, voire de dandy poli et «bien habillé», quand le dandysme - de tous temps - a représenté la tendance exactement inverse: arriver trop tôt dans une tenue strictement à contre-courant, ne boire que du champagne millésimé, dérober la plus belle femme de la soirée, et partir avant tout le monde. Il n'existe pas, ici, dans le Québec des «intellectuels», non, il n'existe pas une seule de ces crottes de mouche qui ne rêve de faire son petit numéro de claquettes à la Michael Moore. Depuis six mois environ, Ici-Montréal a ouvert une rubrique - Face cachée (sic!) - où l'on interroge à peu près n'importe qui sur à peu près n'importe quoi, du moment qu'il s'agisse d'une star. Je veux dire une star d'icitte. Jusque-là, comme on dit, tout va bien: en tout cas, on est habitué. Elles n'ont généralement rien à dire, sinon sur la date de sortie de leur prochain disque, film, bouquin, ou coupe de cheveux, à part quelquefois un souvenir ému de leur jeunesse, ou bien quelque post-bondieuserie humanitaire puisée dans la grande fosse à clichés contemporaine. Sur le plan politique c'est plus drôle encore. On y frise en effet l'unanimisme tant convoité par les roitelets de la Bulgarie ou de l'URSS de la Grande Époque, disons de la Corée du Nord contemporaine. Sur environ dix «artistes» - aujourd'hui un «artiste» est, le plus souvent, quelqu'un justement incapable de produire de l'art, soit une singularité paradoxalement universelle, en même temps qu'un univers totalement singulier, mais passons - sur dix «artistes», intermittents, subventionnés avec le pognon de pauvres cons de travailleurs du secondaire au chômage entre deux emplois en perdition, huit ou neuf pensent PAREIL. Comment tu penses, toi? Pareil, et toi? Pareil, Bush est un sale con, non? Pareil, Bush est un sale con. Et en plus il faudrait lui donner un bon coup de pied au cul, ah! ah! ah! Pareil, surtout que pour botter le cul des grokons d'Américains, nous les Québécois on s'y connaît. Pareil. On est encore meilleurs que les Français. Quel con ce Bush. Faudrait vraiment lui botter le cul. Ah! ah! ah! Pareil, quel Bush, ce con. Il faudrait vraiment lui enculer la botte, ah! ah! ah! AH! AH! AH! Quand ce ne sont pas les zumoristes-pétomanes nazis-cools qui en profitent pour nous jouer leurs divers concertos pour binious rectaux, la liste des pleurnichardes subventionnées qui se complaisent depuis l'été dernier à donner dans l'anti-américanisme de confort, cet antienne anti-Bush répétée avec la monotonie qui caractérise la sous-culture des «artistes» post-modernes, ou de leurs épigones, oui cette liste permet de mieux cerner la catastrophe intellectuelle qui a eu lieu ici. QUI A LIEU ICI. Qui a lieu à chaque mot écrit, ou prononcé, par un journaliste, ou pire par un artiste «ouachement engagé tu ouas». Qui a lieu dès lors qu'un acteur, un musicien, ou nous le verrons tout à l'heure, une pétasse de la télé, se targue de «penser» le monde, alors qu'il sont à peine capables de prendre la mesure réelle du petit morceau de quartier où ils résident. Ces mêmes artistes, qui ne pourraient pas enregistrer leur musique, ni faire leurs films sans le pognon, le matériel et les logiciels d'horribles firmes multinationales américaines*, ont parfois, lorsqu'on les sollicite, comme c'est le cas pour cette rubrique d'Ici-Montréal, un agent qui a lu avant eux les exemplaires de l'hebdomadaire gratuit en question.

L'agent se contrefiche de la politique comme de sa première arnaque. Lui, ce qu'il voit c'est que Pascale Bussières, Jérôme Minière, Marie-Michèle Desrosiers, François Pérusse, Lynda Johnson, Clodine Desrochers, pour ne citer que les plus «connus» (et sans faire mention de ceux qui, courageusement, se sont contentés de donner un blâme moral «allah-guerreuh-et-allah-violence» ), ont tous répondu, à la fameuse question du coup de pied au cul: George W.Bush! Avec les contempteurs systématiques de toute véritable souveraineté politique (la souveraineté, pauvres dindes, c'est précisément - relisez Hobbes ou Carl Schmitt - la possibilité de faire la guerre), on frôle bien les chiffres records d'une élection cubaine, voire française! On comprend mieux dès lors pourquoi Véronique Cloutier, sorte de blondasse engeance de producteur de variétoche merdique, devenue star de la télé en important avec succès une formule - «La Fureur» - qui fit la fortune de son inventeur, français comme de bien entendu, un certain «Arthur» qui se surnommait lui-même à ses débuts L'Animateur le plus con de la Radio, comme si les milliards de francs si facilement accumulés sur l'insondable stupidité des bovidés que l'on dénomme pompeusement «citoyens» lui apportait en retour une sorte d'épiphanie le forçant à proférer quelque vérité inouïe à son propre sujet, on comprend mieux, disais-je, pourquoi Véronique Cloutier - qui doit savoir de George Bush et de l'histoire du Moyen-Orient ce qu'un Québécois moyen sait de la Biélorussie - a pu se risquer ainsi à une prise de parole aussi engagée! La rébellion gagne du terrain. Le Nanarchisme cool progresse. Le Black-Bloc ou le Trouble d'un côté de la fosse à purin, Véronique Cloutier ou une autre «artiste» du «show-biz» sur le bord opposé. Ça clapote. Ça produit du bruit, et des flaques de matières fécales qui collent à vos chaussures si vous approchez trop près, ou trop longtemps, de cette piscine coprolalique où les verrats de la contestation subventionnée s'ébattent joyeusement, ruminant quelques chiasseux colombins de lieux communs, déféquant en rythme leur bordées de clichetons géopolitiques dont même Ignacio Ramonet, atteint d'Alzheimer, ne voudrait pas, et nous donnant dès lors l'occasion, quoiqu'en nous bouchant les orifices nasaux, de nous esbaudir devant la modernité ainsi livrée à elle-même, et à son étourdissante production intestinale. Là encore, pour faire la liaison, comme on dit sur les plateaux de télévision où l'on prend le téléspectateur pour un clone de soi-même, soit un sinistre abruti, rien ne sera plus aisé. Nous restons dans la Ferme des Animaux, chère à George Orwell, et nous ne changeons pas d'espèce. Nous restons entre hommes et femmes de bonne compagnie. Avec les porcs.

Mel Gibson devant les cochons

Avant même que d'attaquer ce sujet, comme on se doit d'attaquer à l'AK-47 tout nazillon trotskyste à portée de tir, il me faut apporter une précision à mes lecteurs du Québec, et dès lors faire feu sur une autre position ennemie: La Passion du Christ, de Mel Gibson, à l'heure où j'écris ces lignes, soit le 19 mars 2004, n'est toujours pas sorti en France, et l'on ne sait toujours pas s'il va y sortir un jour. Pour quelle raison?! Ah, chers amis de l'Amérique française, comme votre naïveté souvent me touche, c'est que la France n'est pas une démocratie, au sens où vous mêmes, parfois sans le savoir, vous l'entendez: la République Française est la DÉMOCRATIE JACOBINE RÉALISÉE (soit ce qui pend au nez du Québec si un jour l'UFP et les PQuistes de gauche prennent le pouvoir). Dans cette République plus athéiste encore que ne le furent les ex-républiques socialistes de l'Est européen - c'est dire! -, ce film soulève, avant même qu'on ne l'ait vu, un déchaînement de violence verbale anticatholique tel que ce pays, pourtant depuis deux bons siècles habitué à bouffer du curé à chaque déjeuner, n'en avait pas connu depuis des lustres. À la différence du Québec où, tout de même, cette crasseuse et identique bêtise des masses cultivées aura au moins fait l'effort de se déplacer pour voir le film avant de ne savoir rien en dire. Conclusion? Plus besoin de «censure» en France, puisque l'autocensure générale l'a si efficacement remplacée. Aucun distributeur, encore, n'a osé entreprendre d'assurer la diffusion de La Passion en salles, et l'on peut parier que ce film si «outrageusement violent» connaîtra, sur le sol de cette belle République, le sort de celui de Stanley Kubrick, Les Sentiers de la Gloire, qui tombait il faut le dire, là aussi, fort mal à propos, puisque les descendants des ganaches étoilées de 1917 se trouvaient alors, en 1958, à faire la police dans le «département» d'outre-mer de l'Algérie. Aujourd'hui, en pleine crise constitutionnelle continentale, et à quelques semaines des élections régionales puis européennes, c'est le Chemin du Calvaire qui est banni. Il est des signes qui ne trompent pas*. Ce qui me permet d'enchaîner, comme on dit, avec les invraisemblables perles - dont les siècles conserveront j'espère la trace - que les castrats de la post-modernité québécoise ont, tous en ch½ur, en entonnant quelques vocalises dont ils ont le secret, lâché dans la cuvette des WC qui leur tient généralement lieu de tribune d'expression. Qu'une pauvre huître défroquée, désormais syndicaliste professionnel, comme Gérald Larose y aille de son couplet «humaniste» et post-conciliaire nous assénant 10 fois en 3 minutes que le film n'est pas «chrétien», et que je ne sais plus quel autre tâcheron de la bureaucratie culturelle s'est permis d'affirmer, 30 fois en 10 minutes, qu'il est sans doute «antisémite», à partir d'on ne sait trop quelles bases de réflexion christologiques, et sur je ne sais plus quelle chaîne du «service culturel» de Radio Canada, fut comme une simple mise en train. Plus tard, un immonde «prêtre», dont on se demande comment il peut remplir son office, sinon avec des bordées d'inepties anathèmes, avait repris peu ou prou le même insipide sermon. On passera rapidement sur l'espèce de fond de teint multicouches vivant nommé Michel Girouard et qui officie en toutou toiletté de service pour couvrir (!) les Gay Pride, au Journal de Montréal, et qui avait, on le comprend, tout un tas de choses extrêmement importantes à nous dire sur le film, dont le fait qu'il ne lui semblait pas, à lui non plus, très «chrétien». Lorsque qu'un pédéraste californien nous accouchera d'une version néopop de la Passion, avec des chars de parade montant, sous des nuages de confettis, aux côtés du célèbre funiculaire de San Francisco, nul doute que la religion catholique aura fait un grand pas en direction de la tolérance. Ces pathétiques blaireaux furent tous surpris d'apprendre alors que le Congrès juif canadien trouvait le film parfaitement normal et ne voyait aucun reproche d'antisémitisme à lui attribuer. Aïe, aïe, aïe. Comme vous le savez, à notre époque, ce sont les vrais antisémites qui généralement s'arrangent pour accuser leurs ennemis politiques de leurs propres turpitudes. Mais là, c'était raté. Accuser Mel Gibson d'antisémitisme alors que le CJC n'y voyait rien à redire fit passer quelques-uns des portes-paroles de la culture locale pour ce qu'ils étaient, une fois n'est pas coutume : de sinistres cons.

Le gros de l'offensive allait venir de la presse écrite. Le premier qui se fait remarquer, dans cette bauge nauséabonde de michetons du lieux commun, dans cette benne à ordures sociétale pleines de bavardages d'étudiant attardés qui se nomment «journalistes», le premier sur lequel j'ai jeté mon dévolu, comme au sommet d'une pile d'ordures, quoique très certainement recyclables elles aussi, s'appelle Franco Nuovo. Il officie au Journal de Montréal et y joue le rôle de l'émigrant italo-québécois souverainiste moderne qui en veut. Chacun sa méthode pour se faire une place au soleil, mais passons donc au plus vite sur l'immondice que ce gonfleur de baudruche pour commémorations festives a écrit au sujet de La Passion. Tout d'abord, constatons: sur une large colonne d'environ 80 lignes, il faut creuser pour trouver quelque chose à critiquer. C'est-à-dire pour trouver quelque chose qui a été DIT. Par exemple, et pour ouvrir le bal: «À faire frémir Hannibal!» titre intelligemment le Salvatore Adamo de l'idiotie vaguement écrite sur du papier à chiottes. Hannibal? Hannibal LECTER voyons, pour un lecteur, ou plutôt pour un journaliste du Journal de Montréal, il n'y a pas d'autre Hannibal que le personnage de tueur en série inventé par Thomas Harris. Comment dites-vous? Hannibal, de Carthage? C'est où, ça, Carthage? Mais passons là encore, et tâchons d'observer au plus près les polypes locutoires qui, en madrépores malodorants, tentent de s'accrocher à ce pauvre texte à la consistance squameuse comme sur le couvercle d'un water-closet dans un bar-tabac parisien (ceux qui connaissent l'expérience des toilettes dans les cafés de la Capitale de la République apprécieront, j'en suis sûr, la métaphore): «Est-ce un bon film? J'sais même pas. Dix fois que je me suis posé la question pendant le visionnement.» On passera sur la délicatesse avec laquelle ce souverainiste de choc défend la langue française, mais encore une fois passons. On constate surtout que la principale occupation de Franco Nuovo lorsqu'il va au cinéma est de savoir si c'est un bon film. Il faut comprendre: est un bon film ce qui pourra être proclamé «bon» dans les colonnes de sa prochaine rubrique. Ce n'est pas au film de décider s'il est «bon» ou non, par sa propre esthétique (c'est-à-dire l'ensemble des émotions qu'il vous apporte), cela fait un certain temps déjà que cette fonction n'est plus dévolue aux artistes, mais aux potinières culturelles des journaux qui «gagnent» leur salaire, en se demandant jusqu'à dix fois en une heure trente, lors des projections, si tel film est bon, ou pas. Continuons: «Est-ce qu'une histoire vue et revue et qui appuie lourdement sur la douleur jusqu'à la transformer en abomination, ça fait un bon film?» On pressent tout de suite la dimension abyssale de la question, on verra plus loin la non moins infinie dimension de la réponse. Mais constatons là encore: d'abord le martyre du Christ est une histoire «vue et revue». Ah bon? Pourtant, même dans les catéchismes de l'Église post-conciliaire, tout cela a été soigneusement expurgé, et à part la folklorisation pop-cool libertine hyper-tendance qu'en a fait Scorcese, il y a quelques années, je n'ai pas le souvenir que les cinémathèques soient remplies de bobines narrant cette expérience, pourtant cruciale pour toute l'humanité.

Ensuite, on essaie de nous faire croire que ce qui s'est passé lors de cette terrible journée de Gethsemani ne fut, après tout, qu'une promenade de santé. Pourquoi en effet appuyer lourdement sur la douleur? Et dire que c'est un «Italien» qui ose poser cette question insensée, dans son fond comme dans forme! Je parlais juste avant de la dimension inouïe des questions et des réponses que Franco Nuovo s'adresse à lui-même, grâce à son miroir-journal et ses lecteurs monoclonés la réponse à sa question est: PAS SÛR. Oumph! On est envahi d'admiration par une telle netteté et franchise de vue. Comme cela déclenche illico de sa part une sorte d'«approfondissement», le néant se creuse à la pelle mécanique, on craint le pire, et il survient. Dire que l'on paie des «critiques de cinéma» pour pondre des étrons locutoires tels que: «Pas certain que l'insoutenable soit un gage de qualité, et que l'intenable soit une garantie artistique» Sans blague? Ainsi donc l'insoutenable - par exemple la Passion du Christ, en effet, ou bien Auschwitz - devrait, selon Franco Nuovo, se voir adouber par le label «qualité française» ou «québécoise». Comme un film de Denys Arcand? On imagine avec une très sainte frayeur ce calamiteux metteur en scène du vide de sa génération oser s'aventurer sur les rails qui conduisent à l'entrée du Camp, là-bas, en Silésie orientale. Et donc l'intenable (le sens du mot me paraît sybillin dans la bouche de ce journabite), l'intenable n'est pas une garantie artistique.

M. Franco Nuovo, n'essayez donc pas de construire des phrases de plus de trois syllabes, vous vous exposez au tir de foire. Dites-vous bien que les artistes qui, dans votre langage de prêteur sur gages, recherchent une GARANTIE, ne sont pas des artistes. Comme vous, ils appartiennent plutôt à la race des banquiers, sous-ordre des petits commerçants. Car le masque tombe pour de bon dans un paragraphe suivant :

Le problème dans La Passion du Christ, s'il y a problème*, ne se situe même pas à ce niveau, ni dans l'araméen et le latin parlés, mais dans la conviction évidente du cinéaste de détenir la vérité et dans son obstination à résumer les dernières heures de cette vie à un cauchemar.

Comprenons bien ce que veut nous dire le monsieur: primo, un artiste qui croit détenir la vérité est un pitre, seuls les prébendiers appointés du journalisme cuculturel sont autorisés à avoir un avis et à le donner. Secundo: les dernières heures de «cette» vie ne furent en rien un cauchemar, cela se saurait tout de même si une flagellation en règle suivie de deux cents coups de fouet et de knout en guise d'apéritif pour une crucifixion avec montée au calvaire représentait la moindre once de souffrance, nous le saurions, nouzautres, journalistes béats sur nos photos d'identification qui ornent les immondices que nous jetons quotidiennement sur le papier chiottes qui nous publie.

Dois-je vraiment poursuivre, dois-je vraiment par exemple, immortaliser la prose de Richard Martineau, parue dans Voir du 26 février dernier, et dans lequel une version à peine moins ignare est donnée de la religion chrétienne? Il me suffira de rappeler que ce journaliste a cru bon se faire «débaptiser» en direct, lors de son émission «Les Francs-Tireurs», prouvant non seulement que l'horizon «spirituel» du Québec post-moderne reste bien Raël et sa secte antichrétienne (pour ne pas dire antéchristique), mais plus encore démontrant par ce geste l'ignorance crasse du guru et de ses disciples - d'un jour ou d'une «vie» - qui ignorent que, par la Sainte Volonté de Dieu, tout Baptême est IRRÉMISSIBLE. Même à la télévision.
Ce florilège exhilarant et démonstratif de ce qui tient lieu de «pensée» dans les pots de fleurs de la modernité québécoise n'est pourtant rien, absolument rien, en comparaison de ce qui s'est déversé - depuis les pots de chambre de la République Franchouille - sur ce pauvre film. Car un distributeur, arabe de surcroît, a finalement pris sur lui de le sortir en salles dans notre bô-pai-hi des Dro-has de l'Haume, ce qui a permis, ô subtils retournement de vestons et de pantalons de toute la classe médiaticollabo, d'accréditer la thèse de l'antisémitisme virulent de cette version - parfaitement orthodoxe - de la Passion du Christ. Jusqu'à Bigard, le roi des zumoristes pétomanes, qui y est allé de son couplet anticatholique et pseudo-judéophile sur le plateau d'Ardisson. Comme tous les antisémites modernes, Bigard et Ardisson n'aiment les juifs qu'en tant que VICTIMES. Dans un camp de concentration, s'il le faut. L'intervention du Zumoriste Made-In Frankistan a eu le mérite de clairement délimiter les forces en présence, et nous permet de penser que dans le cas qui nous occupe, avoir contre soi les zumoristes appointés du IVe Reich Total-Démocrate est définitivement un point d'honneur, une marque de fierté dans un monde qui en a fait le nécessaire appendice, parfois lubrifié, à des chars de parade. Il y a très probablement un monde, un monde tout entier, entre la cinématurgie selon Amélie Poulin, et celle de Mel Gibson; dans un autre registre, il y a tout aussi sûrement un monde, tout aussi entier, entre un hitléro-trostkyste de salon de toilettage pour caniches et le dit caniche. Car c'est bien tout un monde, béant, qui s'est ouvert, qui s'ouvre chaque seconde un peu plus, sous les pieds de ceux qui profèrent de telles âneries, car le monde qu'ils ont créé est celui-là même qui les détruira sans une once de pitié. Lénine avait raison de dire que les bourgeois fabriqueront et vendront la corde qui servira à les faire pendre. Les Français, bénéficiaires des fastueuses «Lumières», avaient pu, un siècle avant le marxisme, tester la rigueur de l'aphorisme grâce à celle de l'acier des guillotines. Quant au néo-marxiste de notre époque sans plus la moindre idée, ni âme, ni liberté, gageons qu'il aura tout fait pour que la corde, au bout de laquelle son corps se balancera, dans un stade taliban ou un autre, aura été produite équitablement, avec des matières premières éthiques, et de la main-d'½uvre assistée par l'ONU.

NovLangua Franca

Je termine cette chronique avec le «scandale» des abus commis sur les prisonniers irakiens de la prison d'Abu Grahib par une misérable poignée de pauvres abrutis de l'US-Army. Rien de plus qu'une séance de bizutage qui a mal tourné, et qui - comme par un fait exprès - a trouvé sur place une bonne âme charitable pour en immortaliser quelques clichés avant de les diffuser sur le net. Tout le monde a parfaitement compris, en effet, que si ces abus sont condamnables, et durement, ils ne sont en rien comparables aux atrocités qui se perpétraient chaque jour en MASSE dans cette même prison, et dans toutes les autres, du temps de notre ami le Petit Père des Peuples Arabes. Ceux qui font semblant de ne pas le savoir sont des criminels appointés par la nébuleuse grandissante du nihilisme en boîte, ceux qui font exprès de ne pas le savoir sont des toutous du tiers-mondisme, au Québec, les uns comme les autres tiennent le red light district de la Culture nationale-contemporaine comme les dealers haïtiens tiennent leur cheptel à Montréal-Nord. En France, le sort en est jeté: le professeur agrégé de Morale Humanitaire de l'Express, après deux colonnes de vertigineux appels à la conscience des hommes, et les désormais sempiternelles remémorations de la Shoah, en vient même, involontairement, à laisser passer la VÉRITÉ au milieu de son baratin d'instituteur stalinien: on a failli frôler les cas de tortures physiques. On a failli frôler. J'adore les euphémismes du nazisme pop. Pour un peu ils auraient bien pu être torturés, ces pauvres diables. Heureusement qu'Amnesty International est là! Pendant ce temps les véritables assassins décapitent leurs otages devant l'½il vidéo de leurs snuff movies «politiques», dans le silence contrit des futurs dhimmis, le silence si diaboliquement bavard des peuples d'esclaves.

Maurice G. Dantec