
SÉCÉSSIONNISTES DE TOUS LES PAYS, SÉPAREZ-VOUS !
par Maurice G. Dantec le 30/03/2008
Dans mille ans, on se souviendra de notre
époque, s'il existe encore des cerveaux dotés de mémoire, comme celle de la fin
du monde historique tel qu'il s'était constitué depuis la fin du néolithique et
l'apparition des premières Cités-États.
Le progressisme humaniste venu
des noires « Lumières » de la Révolution française atteint le sommet de sa
courbe dominatrice, il étend son règne sans partage d'un bout à l'autre de la
planète dont il fait un immense hybris géopolitique, une masse indifférenciée de
peuples sans nations, et de nations sans peuples, soumis à la Législature de la
République jacobine universelle.
Nous voici face à la victoire globale
des idéologies socialistes de tous poils, désormais amalgamées dans le
gloubi-goulba universitaire post-soixante-huitard, qui ont fait de l'homme cet
animal biopolitique sans identité historique, sans singularité sexuelle,
ethnique ou culturelle, sans territoire symbolique, sans « topoï » particulier
inscrit dans la physique du monde, sans autres mythologies que celles qui font
l'actualité, sans plus le moindre écho de la Présence divine, sans même le
souvenir de ses origines, donc sans la moindre idée de son devenir, bref, sans
rien d'autre que lui, réduit à sa dimension spécifique et sociale devenue
l'horizon indépassable de cet « universalisme » de misère.
Voici l'âge de
l'Homme Nouveau réalisé selon les normes mécaniques et fonctionnelles des
ingénieurs sociaux internationalistes : un « être » reformaté telle une fourmi
ouvrière égale en tous points à toutes les autres grâce à l'arsenal liberticide
des « droits humains » qui le confortent sans cesse plus dans son rôle de
dispositif ethnoculturel manipulable et commercialisable à volonté, par les
commémorations festives, les narcissismes identitaires, et les diverses «
fiertés » qui ne vantent les différences qu'à la condition qu'elles soient
indifférenciables.
La démolition nihiliste contemporaine ayant déboîté
l'individu occidental de sa matrice ontologique, il ne restait plus qu'à
pulvériser la-dite matrice, c'est à dire la conception POLITIQUE de l'histoire,
et ce faisant s'en prendre directement à son invention fondamentale : LES
FRONTIÈRES. Depuis une quarantaine d'années une nouvelle forme
d'internationalisme, post-socialiste, écologiste, globaliste, relativiste, est
apparu pour finalement s'imposer comme horizon terminal de la pensée humaine au
tournant du siècle.
Ce néo-internationalisme entend poursuivre - et
dépasser - le projet marxiste-léniniste en proposant à notre époque une sorte
d'Hyper-social-démocratie planétaire, universelle, totale, seule capable, selon
ses défenseurs, de combattre les effets « néfastes » de la « mondialisation
économique » - lire « capitaliste-impérialiste-colonialiste-vachement-pas-sympa
» -, en imposant, par la force armée si nécessaire, sa conception anomique et
anti-historique du développement des civilisations humaines.
Au
développement cosmopolitique et paradoxal de l'humanité, fondé sur les
rencontres conflictuelles et les compétitions associatives des souverainetés
politiques, on substituera un ensemble de directives humanitaires, d'organismes
bureaucratiques chargés de les appliquer, de tribunaux internationaux chargés de
punir les contrevenants, afin d'imposer l'idée que toutes les cultures se
valent, tous les modèles politico-économiques sont somme toute comparables, que
l'histoire singulière des peuples n'est qu'un appendice de l'évolution générale
des hommes, alors qu'elle en est le moteur, et que, pour finir, les notions
mêmes de frontière/interface et de territoire/histoire sont dépassées,
obsolètes, conservatrices, réactionnaires, pour ne pas dire horriblement
fascisantes.
Il faut reconnaître que l'histoire du XXe siècle, le siècle
du Diable en mille costumes, aura fourni à cet ultime pseudopode de la pensée
gnostique/révolutionnaire tous les arguments nécessaires et suffisants pour
placer la souveraineté historique des nations au rang des accusées alors que
précisément les projets bolcheviques et nazis visaient - déjà - à son
élimination au profit d'une bureaucratie supranationale « biopolitique »,
raciste, ou ouvriériste.
C'est en ce sens qu'il faut comprendre en quoi
la seconde guerre mondiale - cette guerre civile européenne, comme le disait
Ernst Nolte - ne s'est jamais arrêtée en tant que telle. Elle est parvenue à se
transmuter et à se diffuser par capillarité dans les fondations mêmes de la
societé-monde pacifiste qui se mettait en place avec l'invention de
l'ONU.
Maintenant que le Canada lui-même vient de reconnaître cette
micronation « kosovare » forgée par le terrorisme islamique et la maffia
albanaise d'un côté, par les troupiers génocidaires communistes de l'autre, il
faut prendre acte qu'une partie non négligeable de l'Occident « démocratique »,
avec l'appui du IVe Reich Onuzi, vient d'entreprendre sa propre
autodissolution.
Il suffit de lire tous ces communiqués qui s'ensuivent,
nous prévenant gravement que cette reconnaissance ne « constitue en aucun cas un
précédent » ! C'est à croire que ces pauvres poires pensent sérieusement que
l'histoire se décrète entre deux réunions pour la sauvegarde des rhododendrons
des Galapagos. L'histoire avance précisément sur ce type d'accidents
catastrophiques que tous ces pathétiques « experts » nomment « précédents »,
c'est à dire par l'action des hommes, et non par les discours d'excuses qu'ils
leur arrivent de prononcer devant les charniers conséquents.
Précédent,
avez-vous dit ? Je suis sûr que les citoyens de ce monde « sans frontières »
vont très vite regretter leur existence face au world-mix immonde qui est en
train d'apparaître pour les remplacer.
Il devient donc enfin possible
d'envisager une authentique politique du pire qui mettra toutes ces nations
coresponsables de leur propre déclin face au fait accompli, à leur tour.
Politique du pire, sans aucun doute, car comment proposer quoi que ce soit de «
meilleur » quand le « bien » est désormais une institution policière mondiale,
et que c'est peut-être de cette leçon fatale qu'une résurrection sera
envisageable, une fois que le monde se sera évaporé, que les mouvements
migratoires seront devenus à notre échelle l'équivalent - au moins - des grandes
invasions du début du premier millénaire, une fois que les populations
survivantes recommenceront à penser en termes de politique et de souveraineté
civilisationnelle, une fois que les rescapés du désastre onuzi reconstruiront le
Royaume.
Dans l'attente de ce jour, la colère divine doit frapper. Pour
ce faire, nul besoin d'un autre Déluge. L'Homme sera sa propre catastrophe. Pour
ce faire, il suffira de lui tendre un vaste miroir, à l'échelle de son
narcissisme, de renvoyer leur image cosmétique à tous les utopistes, ces
constructeurs de camps de concentration festifs, ainsi qu'aux « experts »
spécialistes de la dénationalisation générale.
Cette colère sera donc
d'un calme infini, et glacial, elle doit ainsi nous indiquer la voie à suivre
pour assurer la désintégration de toutes ces démocraties finissantes, qui n'en
finissent pas de finir, en emportant dans leurs décombres ce qui restait encore
de sain en ce monde, c'est-à-dire les valeurs chrétiennes et les principes
civilisationnels indo-européens.
Alors, puisqu'il en est ainsi, dansons
tous ensemble autour de ce monde sans frontières, que la sarabande commence,
chantons avec tous les boys-scouts humanitaires la joie de voir les
constructions historiques s'autodétruire, faisons la fête avec tous les Kosovars
de ce néo-globe micronisé, autour des feux de camp de la dévolution terminale,
crions tous ensemble notre joie à l'idée de revenir à l'ère des féodalités
locales, à l'époque d'avant la Grèce, Rome, ou Israël, d'avant Sumer, Babylone,
Ur, et Ninive.
Que les Serbes de la Republika Srbska de Bosnie décrètent
au plus vite leur indépendance suivie ou non d'un rattachement organique avec la
Serbie.
Que les Croates de l'Herzeg-Bosna se séparent de la fédération
bosniaque et entreprennent la même opération avec Zagreb.
Que les Serbes
de Hongrie, les Hongrois de Voïvodine, les Russophones de Moldavie/Transnitrie
fassent de même au plus vite à leur tour.
L'Ukraine elle-même pourrait
fort bien être divisée en deux entités. Occidentale et catholique, d'influence
polonaise d'une part, orientale, russophile et orthodoxe de l'autre, on peut
faire confiance aux serviteurs de l'Assemblée Générale de la Fin de l'Homme pour
produire les conditions et les discours qui légitimeront la fin du berceau
historique de la Russie elle-même.
À ce titre on ne peut que féliciter la
grande Fédération eurasienne pour son soutien inconditionnel à la rébellion
abkhaze et aux séparatistes ossètes, menaçant d'implosion la jeune république
georgienne. Elle participe, à sa façon, au grand jeu de roulette russe mondial
qui vise à détruire les civilisations sous leurs propres libertés, et les hommes
qui les composent sous leurs propres « droits ».
Aux confins de l'Arménie
et de l'Azerbaïdjan, le Haut-Karabakh serait bien inspiré de suivre la voie
ouverte par le Kosovo, sa situation géographique atypique le lui permet, et il
n'y a aucune raison de laisser aux Albanais l'opportunité de changer le tracé
d'une nation par la loi des utérus, et des Kalachnikovs.
On peut espérer
que cette désagrégation du Nord-Caucase aura des répercussions jusqu'en Turquie
et qu'un, voire plusieurs Kurdistans (Irakien, Turc, Iranien, Syrien) se
mettront à éclore dans cette poudrière pétrolifère.
En retour, les USA
pourraient fort bien susciter un beau retour de flammes en Tchétchénie et dans
les républiques musulmanes voisines. C'est tellement beau une ville qui brille
la nuit. La Russie actuelle est un laboratoire ethnique conçu à marche forcée
par les crânes d'½ufs du communisme, il ne sera pas très difficile de susciter
le « progrès des droits humains » au sein de cet ordre artificiel, comme toutes
les constructions historiques au demeurant. Des dizaines de républiques
indépendantes sont déjà en gestation à l'est de l'Oural.
L'Afrique, une
fois n'est pas coutume, est pleine d'opportunités inexploitées encore à ce jour.
L'histoire spécifique de ce continent, pré-coloniale, coloniale, post-coloniale,
nous indique à quels niveaux de complexité les peuples ont été entremêlées au
gré de frontières arbitraires. Osons le dire : voici un magnifique terrain
d'expériences pour nous, qui nous instituons d'emblée comme l'avant-garde
éclairée des Nations Désunies et des droits de l'homme biopolitique
matriculé.
Entre-temps, on peut espérer que les Corses et les Basques
sauront saisir leur chance. Quelques bombes ne suffisent pas, il faut pousser
les États français et espagnols à bout de patience, au bout de leurs ressources
répressives, jusqu'à ce que la réprobation internationale soit unanime et que
les déclarations d'indépendance soient dès lors soutenues par une poignée de
crétins instruits et dûment diplômés venus de Californie, de Londres, de
Brasilia ou de Yokohama. Il faut prier de toutes nos forces pour que les
Écossais fassent de même en amputant le Royaume Uni d'un quart de son
territoire. Un Kosovo avec des Châteaux hantés, des landes brumeuses et du
whisky pur malt à volonté, vous avouerez que la communauté internationale ne
perdra rien au change.
Il faudrait dans le même temps songer à dire aux
Protestants d'Ulster qu'après tout, leur indépendance, de l'Irlande catholique,
comme de l'Angleterre anglicane, est leur seule voie de salut, vous verrez
qu'ils finiront par le comprendre.
Aux États-Unis, les revendications
territoriales des Sioux sur les États du North ou du South Dakota, tout comme
l'hispanisation à marche forcée du Texas, du Nouveau-Mexique et de la Californie
doivent conduire à un redécoupage général des frontières intérieures, sous les
auspices de l'ONU, et des défenseurs d'icebergs.
En votant pour
Boubamack, ou pour Nillary, en novembre prochain, les bobos américains ne se
contenteront pas - comme toujours - de faire perdre à leur pays une guerre qui
est pliée depuis plus d'un an maintenant, ils produiront les conditions d'une
balkanisation interne de l'Irak : Arabes Sunnites contre Chiites, Kurdes contre
Turcs et Arabes, mais aussi entre diverses factions - d'obédience iranienne
probablement selon la complexe rivalité intra-islamique, politique et
interethnique qui divisera territorialement et sociologiquement le pays, en
créant autant de « précédents » au Liban, au Pakistan, et dans toute l'Asie
Centrale.
Remercions les bureaucrates de l'ONU et de l'Union Européenne
qui, sans s'en douter, viennent de coller le canon du pistolet contre leur
propre tempe. Remercions les gauchismes institutionnels et les post-marxismes
pro-islamiques, ils conduisent tous ces peuples au désastre, le sourire aux
lèvres, cela nous évitera l'effort de le faire nous-mêmes.
Il est bien
évidemment impératif que le Canada se voit amputé, pour le moins, du Québec
francophone qui, en retour devra céder aux revendications territoriales des «
peuples autochtones » pour leur laisser le contrôle de tout le nord de leur
province-devenue-nation ; espérons, pour l'avancée des droits humains, qu'un
jour l'Alberta, devenu plus riche à lui seul que l'État fédéral en son entier,
proclame son autodétermination, en même temps que certains territoires arctiques
dont le centre de gravité politique se sera déplacé vers le pôle magnétique
boréal, une république sibérienne onuproclamée, un État libre d'Alaska, voire un
Commonwealth du Groenland.
Nous devrons appuyer sans la moindre
hésitation les revendications nationales flamandes et plaider pour la
dissolution de la Belgique, à qui l'on se doit de faire connaître au plus vite
l'expérience que les petites fiottes de Bruxelles ont conduit sur une des plus
anciennes nations chrétiennes d'Europe.
Espérons que les tragiques
événements en cours aujourd'hui au Tibet s'étendent au plus vite au Turkestan
ouighour qui, vu de plus près, semble pouvoir jouer le rôle d'un magnifique
Super-Kosovo asiatique.
Le Hamas doit diriger au plus vite sa République
Islamique de Gaza, l'OLP doit régner sur sa Cisjordanie nationale-socialiste.
Ils ne tarderont pas à se faire la guerre - comme toutes les organisations
maffieuses - pour s'assurer une domination sans partage sur le « peuple
palestinien » et on peut espérer, du coup, voir surgir d'autres subdivisions
ethniques, politiques ou religieuses qui à chaque fois feront régresser les
entités en questions plus rapidement vers le stade tribal, ce néo-néolithique
que les Agences de la Mort de l'Homme veulent voir s'étendre sur toute la
surface du globe.
Osons être du côté de la Mort. Cette Mort souriante,
pacifiée, démocratique est sans doute notre meilleure alliée. Elle est en train
de poser les prodromes de la grande guerre civile planétaire durant laquelle
tous les comptes en suspens, parfois depuis des siècles, voire des millénaires,
seront réglés une bonne fois pour toutes.
Osons être du côté de cette
dénationalisation du monde humain, osons pousser sa logique jusqu'au bout,
puisque elle-même ne l'ose pas vraiment, ses thuriféraires nous expliquant d'un
air embarrassé leurs diverses théories sur les « droits humains » et les «
précédents historiques ».
Soutenons sans tarder la moindre revendication
territoriale, une République autonome de Paris-treizième ou de
Neuilly-sur-Seine, l'indépendance du Plateau Mont-Royal et du quartier
d'Outremont, un Émirat pour Marseille, un autre pour la Seine Saint-Denis,
soyons parfaitement décomplexés, poussons avec allégresse la civilisation
humaine sur la voie de la balkanisation générale, que chaque ville, région,
province, État fédéré, canton, bourgade, bref que chaque sous-entité se sépare
de sa matrice et se subdivise à son tour, et ainsi de suite, comme dans le
magnifique processus de la division cellulaire, jusqu'à son stage oncologique,
inextinguible, irrémissible.
Nous voulons, avec l'ONU, l'administration
US, le Canada, les pays islamiques et leurs colonies européennes, nous voulons,
je le répète, la multiplication des bantoustans ethniques et des micro-états
autodécrétés, il est temps que le monde entier comprenne en quoi le XXe siècle
n'était rien d'autre qu'une répétition générale, il est temps sans doute que des
centaines de millions d'hommes meurent à la chaîne dans ce monde sans
frontières, mais saturé de nations-simulacres chargées de faire croire qu'elles
existent encore, sans exister vraiment, tel le rêve éveillé d'un électeur de
Ségolène Royal.
Oui, il faut prier pour que les grands nombres prennent
les commandes, il faut prier pour que Dieu nous accorde jusqu'au bout la liberté
d'opter pour l'ignorance, le révisionnisme et l'anarchie liberticide.
On
n'est jamais trop démoniaque contre le Diable, il suffit de le laisser faire,
voire de lui donner un petit coup de main, tout petit, en lui offrant un sourire
au moment où il s'approche de l'abysse dans lequel lui même ira se perdre.
Partout, chaque fois désormais que des revendications de « Kosovars » en mal de
reconnaissance internationale se feront entendre, nous devrons les appuyer de
toutes nos forces, pétitionner, manifester, contre-manifester, voire plus
pourquoi pas, il est temps de donner à ce néo-marxisme encore enfantin ses
marques de noblesse, sa masse critique et son slogan fédérateur, il est temps de
renvoyer aux « démocrates » de tous poils, siégeant à l'Organisation du Néant
Universel ou dans un parlement quelconque, leurs propres mots, leurs propres
concepts, leur propre vision, ils doivent comprendre qu'un nouveau totalitarisme
se lève sous leurs auspices et que nous nous offrons de précipiter un peu le
mouvement vers la catastrophe. Nous aimerions que ce monde sans frontière
vachement sympa assume enfin sa vocation et proclame en toutes lettres, sur
chaque t-shirt révolutionnaire-humaniste en vente libre partout à la surface de
son globe unifié par sa propre atomisation :
Nul doute que nous trouverons très vite un groupe de
rock québécois ou une actrice made-in-France engagés, prêts à devenir au plus
vite les « haut-parleurs » des nouvelles formes du progrès et des droits
humains.
C'est peut-être ce qui, au fond, sera retenu de notre époque :
cette fin de l'homme se déroulera dans une ambiance de Club Méditerranée
revisité Rwanda 1994.
Radio Mille Conneries diffusera des airs de Diam's
et de Cali, accompagnant la versification érudite de Marion Cotillard ou de
Thierry Meyssan.
Je crois que nous l'aurons bien mérité.
Montréal,
Amérique du Nord
30 mars 2008 -