
Les Goebbels de l'Info
par Maurice G. Dantec le 25/04/2005 Ring
Le Pape Benoît XVI, celui dont l'Eglise avait besoin,
est surnommé "Adolf II" par les Guignols de l'Info. Bah on peut plus rigoler ?
Indignation du CEF et du CRIF, saisine du CSA, Caillera-Plus va réaliser qu'on
fait pas joujou avec sa Sainteté comme avec le slip de Loana. Et Maurice Dantec
de livrer aux lecteurs de Ring un texte au plus près du
réacteur.
Il fallait bien sûr que cela arrive à la
télévision. Il fallait bien sûr que cela arrive à la
télévision française. Il fallait bien sûr que cela arrive sur le
canal spécialisé « Caillera-Plus » destiné aux « cités » de la
« République ». Déjà, dès l'annonce du choix du conclave, on
avait pu constater une élongation caractéristique de la mine d'ordinaire
bienheureuse des journalistes chargés d'annoncer les nouvelles, quelque soit la
chaîne regardée, au demeurant. Véritables Poulidor de la
tartufferie continentale (seuls les Belges, peut-être, l'emportent sur nous dans
ce fameux Paris-Roubaix de l'hypocrisie néo-bourgeoise), les mêmes s'étaient
pourtant livrés à une étrange séance de spiritualisme de prime-time où,
par le jeu des réversibilités modernistes, la nomenklatura merdiatique nationale
s'était trouvée, pendant deux ou trois jours, lors du décès de Jean-Paul II, des
accents de nécrologue jésuite ou de correspondant de l'Osservatore
Romano. Il fallait bien, tout de même, honorer la
mémoire de Léon Zitrone, sans compter que - ô bienheureux miracle pour paparazzi
- un monarque monégasque n'allait pas tarder à casser sa pipe à son
tour. Bon, d'accord, c'est bien joli tout ça, - se
dirent alors les gestapettes de la presse aux ordres, mais maintenant que nous
avons accompli notre petite B.A. démocratique et interconfessionnelle, on va
enfin pouvoir passer aux choses sérieuses. Nous n'allons tout de même pas avoir
l'air de rester en deçà des bonnes blagues anticléricales, et centenaires, du
Canard Enchaîné. En matière de production d'étrons
télévisuels, cela fait longtemps que la chaîne de Bruno Gaccio et du si bien
nommé Karl Zéro occupe une place de choix dans cette industrie
d'asservissement de la pensée aux transits intestinaux de ses « animateurs », au
point que son odeur pestilentielle a même fini par « inspirer » ses concurrents,
comme le «service public » qui a ressorti des poubelles des années 80 le célèbre
duo Labaffe/L'Ardicon, genre d'Abbott-et-Costello pétomanes, francophones (ou
presque), mais parfumés Gucci. J'oserais ajouter, en ce qui concerne les
pestilentielles ablutions des anus parlants de Canal-Plus, qu'il ne manque à
ceux-ci que la médaille de Meilleur Ouvrier de France. Propagandistes
palestino-islamistes confirmés, pro-yougoslaves aussi à une (autre) époque,
anti-américains plus crétinisés encore que leurs grands frères de mai-68 et que
ceux dont ces derniers s'inspirèrent - nazillons reconvertis dans le
tiers-mondisme, communistes de diverses obédiences, abrutis théosophes et/ou
déconstructionnistes ‑, ils ne peuvent, on le comprend aisément, être autre
chose qu'antichrétiens tous azimuths, maintenant anti-russes (puisque
pro-tchétchènes), antisémites de luxe et pro-turcopéens de base, le jour où le
Ministère de la Collaboration Franco-Islamique sera en place, nul doute que nos
humoristes de choc y trouveront rapidement un poste de
choix. Seul, sans doute, un torche-cul islamiste
aurait pu ainsi oser surnommer le cardinal Ratzinger, devenu Benoît XVI, du
tordant sobriquet Adolf-II. Et encore, lorsqu'on connaît la fascination
que le Mahomet du Tyrol exerça et exerce encore sur les officines de
désalphabétisation coraniques, on peut se dire qu'une telle assertion, sur une
radio-télévision iranienne, pakistanaise, syrienne ou saoudienne, a été diffusée
à une heure de grande écoute, en vue d'une hagiographie sans doute ironique de
l'homme de l'Opus Deï, et que celle-ci a pu être captée subséquemment par
l'antenne satellite de Karl Zéro, ou d'un de ses acolytes, branchée sur les
fréquences d'Al-Manar ou d'Al-Jazeera, dont ils ont du mal à suivre les
sous-titres. À la limite, la sous-humanité « instruite » de
Radio-Islam, ou du site négationniste ARRRGH, voire quelques névrosé(e)s
hitlero-trotskistes, auraient probablement pu, et sans le moindre cahot
« dialectique », s'offrir une telle glissade vers cette piscine coprolalique où
seuls des hommes de télévision peuvent ainsi sans vergogne s'ébrouer. Il est
même quasiment certain qu'à l'heure où je vous parle, ils ne se sont pas gênés,
les pourceaux adorent s'ébattre dans leurs propres déjections rectales, c'est
bien connu. Mais les aspirants Reichführer de
la chaîne chirako-mitterrandienne n'ont, en cette matière, ô combien fécale, de
leçons à recevoir de personne. La grande lessiveuse démocratique est entrée
en action. Les Sections d'Assaut médiatico-culturelles sont fin prêtes. L'Ordre
Vert émet désormais depuis les berges de la Seine. Nos Goebbels de l'Info se croient
les animateurs de leur marionnettes. Ils semblent ignorer les grands classiques
du film d'épouvante. Dans la Maison de Cire de la Modernité,
c'est ce qui est inanimé qui peut se prévaloir d'être vivant, et ce sont ceux
qui croient l'être qui s'agitent au bout des fils du
nihilisme.
Il fallait bien sûr que cela arrive.
Nous sommes un certain nombre à aiguiser chaque jour nos paires de ciseaux.
Bien dégagé derrière les testicules ?
Maurice G. Dantec
Montréal - le 25 avril 2005