
Les enfants perdus de Babylon
par Maurice G. Dantec le 26/01/2004
En cette nuit du lundi 26 janvier, des rumeurs m'apprennent fort gentiment que je devrais "songer au plus vite à changer d'éditeur" - sous entendu : mon vieux, tu va bientôt être obligé de publier à la Pensée Universelle : un terrorisme intellectuel qui ose maintenant dire son nom s'abat sur le moindre écrivain qui ne suit pas la mouvement gentiment invariable de la pensée uniforme.
Je reviendrai un bref instant sur les crimes imprescriptibles que j'ai commis :
J'ai osé engager le dialogue avec un groupe "fascisant", certes il serait idiot de ma part de ne pas le reconnaître, puisque c'est ainsi qu'il est catalogué par les journalistes du Libémonde. Je n'ai pourtant pas caché mes prises de position "américano-sionistes" qui sont précisément la bête noire de cette partie de l'extrême-droite, comme de toute l'extrême gauche au demeurant, et d'une bonne partie de la population francaise, - sondages à l'appui - s'il faut être respectueux de la vérité.
"Ces gens-là" sont antisionistes, avec des relents d'antisémitisme ? Rappellez-moi donc le pourcentage des Francais qui considèrent Israël comme un plus grand danger que les États non démocratiques en possession de l'arme nucléaire, ou chimio-bactériologique ? Quelqu'un pourrait-il au passage me faire un résumé synthétique des 300 derniers épisodes des Guignols de l'Info ?
"Ces gens là" seraient des identitaires "archaïques" donc fascisants ? Mais qui dans ce beau pays, des écolos à l'UMP, du Ps aux Chasseurs ne nous vend-il pas sa petite salade sur fond de "terroir national" depuis des décennies pour certains, qui ne participe pas de cette pseudo-culture qui vante les mythologies mortes du passées, pour éviter que nous (re)fondions les mythologies vivantes du futur, autant dire de tous les Temps...
"Ces gens là" sont des nihilistes. Fort bien. Figurez-vous que c'était précisément la raison pour laquelle je voulais leur parler. Quiconque n'est pas allé au bout du nihilisme ne connaît pas l'urgence ressentie parfois d'aller rechercher les enfants perdus de Babylone.
"Ces gens là" sont parfois néo-paganistes ? La belle affaire ! Voilà deux siècles que la République tue chaque jour toute possibilité de transcendance et l'on s'étonne que des jeunes gens embrassent des sectes, ou des groupes politiques dont la pensée reste collée aux mythes factices du XXe siècle !
"Ces gens-là" défensent une très-réactionnaire paroisse "intégriste" contre une manipulation de la Mairie de Paris qui instrumentalise des "sans-papiers" (vocabulaire hideux de la Novlangue socialiste) pour des raisons éminemment "politiques" (soit extirper de la Néo-Capitale cette horrible bubon du traditionalisme catholique) ?
Oui, précisément, et je voudrais que l'on m'explique en quoi l'Église Romaine est responsable des atrocités commises par les régimes arabo-islamiques à l'encontre de leurs propres populations, les poussant ainsi à des exodes de masse.
Je me suis exprimé violemment vis-à-vis de l'Islam et des féodalités gansgterisées de ce que la République a le toupet de dénommer "cités" ?
Que l'on prie de m'en excuser, je visais moins les personnes que les idéologies et les manipulations mentales qui font qu'aujourd'hui l'islamisme politique se conjugue au nihilisme post-moderne (Canal-plus et consorts) et à la criminalisation considérée comme CULTURE, c'est à dire aux crimes contre l'Humanité commis chaque jour que Satan fait, sous le nom poétique de "tournantes" qui ne sont ni plus ni moins que des "centres de viols" de guerre civile, analogues à ceux que les exterminationnistes serbo-communistes mirent en place en Bosnie-Herzégovine: C'est cela moi, que j'appelle "nazisme".
Et ceux qui en font l'APOLOGIE, comme les groupes de rap "Sniper", ou "Overdose", sont aujourd'hui considérés par les Tribunaux commes des modèles d'engagement social.
Mais tout va bien bonnes gens, tout va bien dans le Grand Loft National où tout le monde se parle à condition ne n'avoir rien à dire et d'être d'accord sur tout, ou sur rien, puisque cela revient au même.
Et si j'avais dîtes moi, comme Houellebecq, envoyé une lettre aux Raëliens en leur disant - par exemple, que j'étais d'accord, partiellemment, sur certaines de leurs théories ufologiques, mais en désaccord sur le clonage humain ?
On m'aurait traité de cinglé, je suis habitué.
Mais là, j'ai vraisemblablement franchi la limite.
Je n'ai pourtant pas paradé en uniforme nazi dans les rues de Montréal.
Je n'ai pas crié Heil Hitler devant une synagogue, je n'ai pas profané de lieu de culte islamique. Ou un cimetière allié.
Je n'ai même pas tué quelqu'un, dans un acte de "terrorisme révolutionnaire" ou de "folie momentanée".
Je n'ai appellé à aucun programme génocidaire à l'encontre des personnes de confession musulmane, ou d'aucune autre : par exemple, lorsqu'une manif d'antimondialistes antisionistes défile devant moi, en criant "Mort aux Juifs", je ne crie pas, moi, en retour : "Mort aux Arabes !".
Mais je suis, selon le mutant acéphale du Couac, à Montréal, un dangereux "Arabophobe" !
Et l'on essaie de faire pression sur mon éditeur pour qu'il rompe le contrat qui nous lie.
Alors, voilà, en cette nuit très froide ici, tout va-t-il se jouer, mais déjà tout se confirme.
Défendre la littérature c'est évidemment défendre la liberté de penser, et réciproquement, vous entendrez cette antienne à saciété, sur toutes les chaînes de télévision, dans toutes les émissions culturelles.
Mais il faut bien s'entendre sur le sens des mots "liberté de penser".
Dans ce cas particulier il faut bien sûr les comprendre comme : "liberté de penser comme nous".
Toutes les déviances sont acceptées dans la société révolutionnaire-jacobine.
Sauf celle de n'être pas un révolutionnaire-jacobin.
Aux guillotines de papier de "trancher", maintenant.
Bien à vous,
merci à tous
MgD,
"NE PAS SUBIR"
Général de Lattre