"La peur est un langage. Le langage qui tue la pensée. Le langage qui tue la volonté"
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Maurice G Dantec

Interviews auteurs.net

par Maurice G. Dantec le 06/06/2000 auteurs.net

2000 -INTERVIEW AUTEURS.NET

Avec Le Théâtre des opérations, Maurice Dantec nous livre son analyse - un journal métaphysique et polémique - de la dernière année du siècle dernier. A la fois visionnaire et amphibologique, iconoclaste et réactionnaire, imprécateur et étouffant, ce "carnet de guerre" de plus de 600 pages impressionne. Que s’est-il donc passé en 1999 ? Entretien par e-mail avec Maurice G.Dantec (il réside depuis 1998 au Québec) pour quelques éclaircissements salvateurs.

par Emmanuel Caron 20/07/2000
 


auteurs.net : Le Théâtre des opérations est un livre amphigourique. Ni journal, ni essai,ni traité, il se veut pourtant "un journal polémique et métaphysique" de l’année 1999 (+ le mois de décembre 1998). Pensez-vous pouvoir réécrire de telle sorte un journal polémique et métaphysique pour les années suivantes ? En un mot, le genre (appelons-le pour aller vite "cyber-pop") que vous avez initié avec vos trois romans précédents peut-il s’appliquer aussi au journal ?


Maurice G. Dantec : Je tiens ce journal "amphigourique" comme vous dites, depuis 1991. Il s'agit d'un travail souterrain qui a couru sur toute la décennie, parallèlement aux écrits de fiction. Il est vraisemblable que sa publication sera périodique, mais sans doute pas une fois par an (peut-être un rythme biennal, ou triennal). Oui, je crois à la possibilité d'un journal de la fin du XXe siècle (ou, pour le prochain opus, du début du XXIe), donc à un journal qui épouserait peu ou prou les formes chaotiques de notre méta-histoire.

auteurs.net : Pour la majorité des lecteurs, l’originalité et la spécificité du "journal" tient dans sa capacité à énoncer le réel intime, factuel, sans l’écran d’une histoire (le roman), d’une idée (l’essai philosophique) ou de l’agencement des mots (le poème). Dans Le Théâtre…, au contraire, l’écran de l’Histoire (l’Otan, le Kosovo, le Timor oriental...), celui de l’essai philosophico-historique et celui des poèmes en prose sont omniprésents. Vous n’utilisez qu’à deux ou trois reprises (p.115,229 ) - et d’ailleurs en le précisant - l’écriture réaliste, factuelle, en un mot : "autobiographique" que l’on s’attend à trouver dans un journal. Comment interprétez-vous ce paradoxe ?


Maurice G. Dantec : Mon journal est un panoptique, il ne procède pas vraiment d'une chronologie, la longue suite des jours et des nuits, mais plutôt de la mise en condition de mon système nerveux central pour espionner de façon synchronique toutes les péripéties de cette fin de monde. Machine de décodage. Radar. Scanner. Spectrophysique. J'ai voulu capter les échos de tous les nihilismes contemporains, et en premier lieu ceux qui furent, ou sont encore les miens, et en rendre les mouvements perceptibles au moyen d'un dispositif textuel qui s'apparente à un scanner de police passant en revue toute la bande des fréquences disponibles. Le réalisme factuel - et "autobiographique" - n'est jamais qu'une plage d'ondes parmi les myriades ainsi proposées. Et elle n'est pas, il me semble, la plus intéressante d'entre toutes. (quant au scandale que représente cette offensive des catins bien-pensantes contre notre dernière liberté, offensive dont Renaud Camus aura été le bienheureux bénéficiaire - jamais il n'aurait pu espérer de tels chiffres de vente sans le crétinisme des maccarthystes de gauche - avouons qu'elle ne fait qu'exciter notre goût pour l'estocade dans la graisse des despotismes démocratiques.)

auteurs.net : Dès le début du Théâtre... (p. 15) vous présentez une réflexion sur l’écrivain du XXIe siècle, qui doit s’adapter pour survivre. Quels sont les dangers qui le guettent ? Ces dangers ne sont-ils pas en même temps ceux qui le sauvent ? ("Là est le danger, croît ce qui nous sauve" Hölderlin, repris par Heidegger).


Maurice G. Dantec : Entièrement d'accord avec cette vision de Hölderlin via Heidegger. La littérature ne se porte jamais mieux que lorsqu'elle est en état de guerre, lorsqu'elle doit combattre du mieux qu'elle peut les dangers qui la menacent, soit aujourd'hui :

- le télétotalitarisme numérique qui veut transformer les bibliothèques en TGB (Très Gros Bouzins).

- les jésuites de l'antiracisme officiel et de la "bonne" pensée qui fichent et traquent tous ceux qui se permettent de penser, et de dire autrement.

- la médiocrité collabo de la plupart des écrivains nationaux qui perpétuent la farce en jouant aux punks de plateau-télé à Bernard Pivot tout en réclamant une "liberté" d'expression pleine et entière.

- Les lobbies et groupes de pression communautaires de tous acabits, toutes obédiences, qui entendent faire passer leurs "droits" avant le nécessaire travail de la vérité, donc de la critique.

- les dialectiques mortifères qui encombrent le terrain dévasté de notre philosophie ou de notre littérature : Pierre Lévy OU Vivianne Forrester, Ignacio Ramonet OU Alain Minc, BHL OU Régis Debray, etc.


auteurs.net : Internet peut-il être libérateur pour l’écrivain ? (créativité de l’hypertexte, brisure de la chaîne éditoriale auteur-manuscrit-éditeur-imprimeur-librairie-lecteur pour auteur-internet-lecteur...)


Maurice G. Dantec : Je me fiche complètement de ce qu’apportera l’hypertexte, ou non, dans la "chaîne éditoriale" (même si ce n'est pas indigne d'intérêt, loin de là). Ce qui m'intéresse c'est en quoi il peut nous apporter quelque chose sur le plan des techniques d'écriture, sur le plan des méthodes (rationnelles ou inconscientes) pour distribuer un récit, élaborer une narration, provoquer un choc esthétique, dissoudre des certitudes, ressouder de vieilles vérités, entreprendre une refondation de la morale. À ce titre il n'est qu'un outil encore paléolithique, et surtout, il n'est déjà plus que la métastase terminale de l'Operating System technomarchand.

auteurs.net : Votre installation au Québec en 1998 (début de votre livre) a-t-elle changé votre rapport à l’écriture ? Vous sentez vous plus proche de cette écriture "pop" dont les maîtres sont américains ?


Maurice G. Dantec : L'Amérique produit sur moi son effet escompté : la mise en perspective de ma (non) identité française, et européenne. Une méta-identité. Une cosmopolitique. Je suis un européen exilé en Amérique depuis fort longtemps, la lecture de la littérature nord-américaine a été un cataclysme psychique bien avant que mon existence physique ne suive la ligne de rupture jusqu'à l'exil outre-atlantique.

auteurs.net : Un européen exilé au discours politique "intempestif". Dans Le Théâtre ..., vos prises de positions pour l’intervention de l’Otan au Kosovo, vos critiques des actions militantes de José Bové contre la mondialisation, votre démantèlement des figures mythologiques de la Gauche (le bon Allende, les discours du MRAP, la reconnaissance des minorités, l’homme perfectible) participent-elles de cette manière stratégique d’écrivain « pop » de brouiller les cartes, annonciatrice d’une "éthique de la lame" ?


Maurice G. Dantec : Il s'agissait en effet de procéder sur moi-même à la nécessaire mise en abyme métaphysique, à la dissolution des valeurs - vieilles ou nouvelles - qui ont inversé les principes de souveraineté et accomplissent aujourd'hui la VULGARISATION TERMINALE DE LA PENSÉE. Il fallait en effet passer par cette phase de dé-re-construction, cette phase de Restauration, cette phase authentiquement évolutionniste (donc anti-révolutionnaire et anti-réactionnaire) pour que je puisse continuer à œuvrer en tant qu'écrivain.

auteurs.net : Malgré les axes d’une nouvelle politique définie page 212, le ton agonal, parfois prophétique et souvent "organistique" de votre livre véhicule des propositions imprégnées des penseurs de la "révolution conservatrice". Vous revendiquez-vous d’auteurs comme Jünger (Le Traité du rebelle, Le Travailleur) ou Carl Schmitt (La Notion du politique, La Théorie du partisan) ?


Maurice G. Dantec : Bon. Primo en ce qui concerne ce point de vue "organistique" que vous me prêtez, il me semble que ma pensée se fonde sur un paradoxe plus ambigu, car je ne crois pas à priori aux vertus des communautés humaines. Et ma vision "schizo-opérative " du corps humain est très éloignée des préceptes "mécanistes", typiquement "modernes" sur lesquels se sont élaborés les discours "organicistes", de gauche comme de droite - de Rousseau à Gobineau. Une communauté doit être jugée sur la typologie individuelle qu'elle est en mesure de produire même si c'est de la façon la plus rare. Une civilisation "autocratique" qui produit un génie par siècle est selon moi plus intéressante qu'une nation de fourmis industrieuses gavées de droits et de lectures insipides et qui ne produit plus que des clips de pub, du "rap" et du tourisme sexuel planétaire, en volumes astronomiques. Néanmoins, je sais pertinemment que cette phase de chaos et d'anéantissement des anciennes souverainetés dont l'événement fondateur est la Révolution Française (et sa conception égalitaire-fraternitaire de la "démocratie") fut une tragique mais nécessaire époque, car c'est de cette dissolution que purent s'accomplir l'individu, l'esprit critique, la science moderne, toutes les formes esthétiques et éthiques de la Renaissance que les Églises, catholiques comme calvinistes, étaient parvenues à endormir par le nationalisme religieux, puis ethnique, ou à brûler comme hérésies. Mais je ne laisserais pas dire non plus que cette époque post-Révolutionnaire est l'alpha et l'oméga de l'Histoire humaine, car en Occident tout du moins, l'invention de la politique, de la technique, de la science, de la philosophie, de la Cité, de la Souveraineté, appartient à ces peuples de l'Égée et de la Grèce qui s'en sont servis du même coup pour fonder notre civilisation alphabétique.

Deuxio, en ce qui concerne ces "révolutionnaires-conservateurs", il serait exagéré de ma part de prétendre les avoir écartés de mon champ de recherche, mais cela le serait tout autant d'imaginer qu'ils ont fondé de façon centrale mon actuelle réflexion théorique sur les problèmes politiques et métapolitiques de notre (fin de ) civilisation. Car Nietzsche l'aurait sûrement noté avec son mordant habituel, le principal défaut de ce courant de pensée est surtout d'avoir été allemand. Mes racines politiques se situeraient alors plutôt du côté de Joseph de Maistre. Ce qui ne m'empêche pas de retravailler en ce moment même à une relecture systématique de Bataille et de Foucault dans la perspective d'un questionnement radical sur la notion de Souveraineté.

Tertio, j'ai lu Ersnt Jünger dans ma jeunesse et je dois dire qu'à bien des égards le mouvement politique dont il fut un des fleurons fut le seul à l'époque à jeter un regard à peu près lucide sur la catastrophe annoncée qui se préparait à Weimar. La cristallisation du combat politico-idéologique entre les deux formes rivales de totalitarismes nées de la démocratie parlementaire (soit les deux populismes modernes : le courant socialo-bolchevique, et le courant national-socialiste) ne pouvait conduire l'Allemagne de l'entre deux guerre qu'au désastre. L'instauration d'un régime "spartakiste", une variante proto-trotskyste du stalinisme, au cœur de l'Europe en 1918-1919, fut le point de départ d'un "jeu de domino" où diverses "sectes" politico-dévolutionnaires nées du chaos de la 1e Guerre tentèrent de s'accaparer un morceau du rêve prométhéen de la Révolution. Dois-je rappeler que c'est D'Annunzio lui même, un poète italien donc, qui investit Trieste avec ces troupes prétoriennes en 1919, créant un précédent qu'un ex-anarcho-socialiste prénommé Bénito allait répéter avec succès trois ans plus tard, mais en marchant sur Rome cette fois ci ? Et qu'avait donc fait Lénine en octobre 1917, en envoyant ses milices d'assaut contre le Palais d'Hiver de Petrograd ? Qu'essayèrent les nazis une première fois, sans succès, à Munich, en 1923, mais qu'ils purent concrétiser dès que la pression du vote populaire leur donna accès au pouvoir dix ans plus tard ? Que firent donc les organisations armées du Front Populaire dès la victoire de la Gauche aux Cortès, après les élections générales de 1936 en Espagne ? Lorsqu'un principe de souveraineté est dissous au point que les nations d'Europe plongent toutes ensemble dans le bourbier mécanisé de la 1er guerre mondiale, la fin est déjà consommée. Dois-je rappeler que ce sont les braves et bonnes "démocraties" françaises et anglaises qui ont conspiré de concert avec les Serbes et les Russes pour anéantir les méchantes "monarchies" austro-hongroises ou prussiennes, et ainsi toute la Mitteleuropa, et tout le projet fédéral européen par la même occasion, et pour au moins deux siècles selon moi ?


auteurs.net : Le film Baise-moi, tiré du roman éponyme de Virginie Despentes (par ailleurs réalisatrice du film) a été classé X par le Conseil d’Etat. Sur le site du film on trouve une pétition contre cette censure et des réactions d’internautes. Je voudrais vous citer l’une d’entre elles : " Demandez à Dantec d’héberger le film sur un serveur au Canada et on montrera aux papys francisques à quel point leur combat est d’arrière arrière, arrière garde..." Quelles réactions avez-vous face à cette censure, et d’être ainsi interpellé?


Maurice G. Dantec : J'ai appris il y a peu les déboires de Virginie Despentes avec le Conseil d'État. Je ne sais trop que penser de l'intervention de cet internaute mais voici en quelques mots ce que je pense de cette "affaire" :

1) Le Conseil d'État n'a fait, il me semble, qu'appliquer la loi, ou plutôt l'absence de loi, le vide juridique total que deux septennats mitterandiens auront laissé comme héritage. Voir Jack Lang se trémousser dans ses postures de rébellion contre la "censure" alors qu'il est le principal responsable de cette chienlit juridique est , disons le franchement, la blague la plus drôle de l'année.

2) sans avoir vu le film , la lecture du livre permet de penser qu'il ne s'agit pas d'un conte pour enfants destiné à la petite bibliothèque rose, l'aberration bureaucratique et juridique permet d'expliquer comment la crudité de certaines scènes a pu offrir aux militants anti-pornographie l'opportunité de saisir la plus haute institution judiciaire du pays. Qu'on le veuille ou non les questions qui sont posées sont celles-ci : un artiste peut-il tout montrer ? La réponse est : oui. Peut-il tout montrer à tout le monde dans n'importe quelles conditions ? La réponse est clairement : non. Il existe des barrières psychiques, des tabous sexuels entre autres, qui ne peuvent être franchis sans précautions, sans initiations, et donc à partir d'un certain âge, dit de la "majorité". il ne fait aucun doute, à mon sens, que le livre de Virginie D. est basé sur une surexploitation consciente du sexe et de la violence (ce qui n'en fait selon moi ni un modèle ni un contre-modèle mais surdétermine un certain nombre de questions morales et esthétiques) et qu'on pouvait raisonnablement s'attendre à ce que sa "mise en scène", sa mise en image, poserait à tout le moins un certain nombre de "problèmes" nés de l'éternel dilemme du créateur devant les représentations des deux termes les plus ultimes de notre existence : la sexualité et la mort.

3) Il est tout à fait significatif que ce soit les habituels bénis-oui-oui du post-mitterandisme qui réclament désormais le retour à la bonne vieille "interdiction au mineurs de 18 ans". Cette solution de bon sens aurait été proposée il y a quelque temps encore, ne serait-ce que deux ou trois semaines avant que le "scandale" n'éclate, et tous nos "rebellocrates" (comme le dit Muray) se seraient dressés d'un bel ensemble contre ce "retour des papys francisques de la censure" (désolé pour l'internaute inconnu).

4) La liberté d'expression est une et indivisible. Mais la liberté de s'exprimer n'implique pas l'obligation faite à tous de nous écouter.

5) Je crois qu'un artiste qui se veut en "rébellion" contre l'ordre moral et social ne doit pas avoir peur des interdits et des tabous. Vouloir les braver demande d'accepter, voire d'invoquer, leur existence. Il doit comprendre qu'il est normal que la société et la morale soient en "droit" de désapprouver certaines de ses œuvres, même si elles n'ont plus le "droit" ou même la simple possibilité pratique de les bannir (au sens d'une interdiction pure et simple). Mais vu que la société et sa morale sont désormais du côté des "rebelles" à l'ordre social et moral, ce sont des associations "minoritaires" sur le plan politique qui entendent faire respecter un ordre défunt depuis au moins deux générations. À ce que j'entends, l'infamie née du label-ghetto "X" se double aujourd'hui de la véritable mort commerciale que cela représente pour un film. Cette situation me paraît la résultante d'une politique de "droits" et de "contrôles" cinématographiques qui chaque jour montrent un peu plus leur parfaite adéquation à notre monde contemporain. Qui je le rappelle, est parfaitement absurde.

6) Il est tout à fait évident qu'Internet est une des voies royales permettant de contourner l'obsolescence des législations nationales. Mais je permettrais d'ajouter que cela ne fera qu'accroître la confusion, car comment pourrons-nous alors différencier "baise-moi" de toute la production X qui sature le réseau ?

7) quant au fait que l'association à l'origine de la plainte soit apparentée au FN, ou au MNR de Mégret, je me permettrais de rappeler que jusqu'à preuve du contraire, ces partis (dont je ne partage pas l'idéologie) sont encore situés dans le cadre de la légalité dite "républicaine" et que ces gens ont eux aussi, le "droit à l'expression" de leurs "idées", y compris devant une cour de justice.


auteurs.net : Votre premier roman La Sirène rouge va être adapté au cinéma par le jeune réalisateur Olivier Megaton (le réalisateur d’Exit). Seriez-vous impliqué dans l’écriture du scénario ?
Maurice G. Dantec : Non. Je ne désire pas m'impliquer - à quelque titre que ce soit - dans l'industrie du cinéma.

Le journal comme le dernier lieu où l’écrivain avance à découvert. Renaud Camus a pu découvrir qu’on ne pouvait pas tout dire dans un journal.

La révolution conservatrice : courant de pensée des années trente en Allemagne. Il prône l’abrogation de la république de Weimar dont le système parlementaire ne pouvait plus, selon son analyse, ni répondre aux exigences économiques et industrielles d’un pays moderne ni contenter les aspirations des citoyens. Pourtant, cette transformation n’impliquait pas la création d’un « homo sovieticus », mais au contraire le maintien des hiérarchies sociales. Le courant se caractérise aussi par une fascination pour la technique et la science, un pessimisme anthropologique et un langage conflictuel.

Biographie :

Né le 13 juin 1959 à Grenoble, dans une famille communiste, Maurice G.Dantec passe une enfance difficile à cause de crises répétées d'asthmes à Ivry-sur-Seine. Au lycée à 12 ans, il rencontre Jean-Bernard Pouy (futur fondateur du poulpe), alors animateur culturel qui l'initie à la SF. Etudiant il fréquente la mouvance punk, joue dans des groupes, s'essaie à toute sorte de drogues dures. Il travaille dans la publicité, le marketing téléphonique, et crée en 1992 une agence multimédia. La guerre du golfe a raison de son projet. Il commence l'écriture de son premier roman La Sirène Rouge, vendu à 200000 exemplaires. Depuis 1998 il vit au Québec, Le Théâtre des opérations est son quatrième livre.