"Vivre était donc une expérience incroyable, où le plus beau jour de l'existence pouvait s'avérer le dernier, où coucher avec la mort vous garantissait de voir le matin suivant, et où quelques règles d'or s'imposaient avec constance".
Babylon Babies
maurice-g-dantec.png, 3,4kB
Maurice G Dantec

Interview Screen machine

par Maurice G. Dantec le 07/03/1995


A l'époque de l'affaire de la secte du Temple du Soleil, de l'attentat d'Oklahoma City, et de la secte Aum, il se passait également quelque chose de mystique et de terrifiant dans notre charmant pays. Maurice G. DANTEC terminait son second livre Les racines du mal ( le premier étant La sirène rouge ). On ne déplore heureusement aucune victime… France Info, n'en a pas parlé, CNN a tu l'événement. Que diriez-vous si un auteur français (!!!), écrivain mutant débarqué du cosmos, avait inventé une histoire maléfique, mêlant intelligence artificielle, tueurs en série, réalité virtuelle et puissances du Mal ? Eteignez la machine à propagande "alienazie", ça commence comme ça :

Andreas Schaltzmann s'est mis à tuer parce que son estomac pourrissait. Le phénomène n'était pas isolé, tant s'en faut : cela faisait déjà longtemps que les ondes cosmiques émises par les Aliens faisaient changer ses organes de place. Son cerveau était soumis à un tir de barrage de radiations destinées à le transformer, lui aussi, comme tous les autres, en un robot sans conscience au service de l'inhumaine machinerie. Depuis des années les nazis et les habitants de Vega s'étaient installés dans son quartier, et il était certain qu'ils ne s'en tenaient pas là. Partout, et jusqu'aux plus hautes arcanes de l'Etat, le complot des Créatures de l'Espace étendait ses ramifications destructrices. Andreas pouvait s'en rendre compte chaque jour, en regardant les émissions de télévision. Il y avait cet animateur de jeu qui complotait contre le Pape, et le Premier ministre Balladur dont tout laissait croire qu'il transformait les gens en poupées. Il s'était déjà rasé la tête, à cette époque, pour "surveiller les os de son crâne qui changeaient de forme", mais depuis quelque temps il portait une casquette de base-ball afin de se protéger des rayonnements psychiques. […] Le tunnel de lumière a déferlé dans mes optiques. La sensation de chaleur-déplacement s'est propagée dans les implants pseudo- sensitifs de la combinaison. Le tunnel s'est ramifié, en mille rhizomes chatoyants, comme dans un fantastique réseau sanguin… Non, comme à l'intérieur d'un réseau de neurones. J'ai réalisé que la neuromatrice me faisait voir ce qu'elle même percevait, en tout cas de la manière qu'elle avait choisie pour l'heure. Quelle que soit la nature du système que nous allions rencontrer, la machine l'intégrerait dans son propre neuromonde. […] En passant sur les univers virtuels je lui ai demandé de m'en ouvrir un, au hasard. C’est ainsi que j'ai pu jouer à la jungle de Zaroff, où vous pourchassiez un quarteron de jolies adolescentes, avec une meute de dobermans affamés. Il ne faisait aucun doute que Le Monde Tel Qu'Il Etait Présenté A La Télé était une fiction produite par les industries audiovisuelles secrètes de l'Empire de Vega… Cette fiction n'avait d'autre but que de masquer l'atroce réalité de la dictature alienazie. […]

Comment te situer face aux auteurs de polars classiques?

Je suis en porte à faux avec tout le monde. Je suis en porte à faux avec une certaine idée du polar. Moi, je ne crois pas au réalisme, et en France justement le polar a été un des derniers grands bastions du réalisme. Mais pour autant je ne me sens pas non plus dans la littérature déréalisée des années 70-80 en France, avec ces histoires qui se passent dans le 6e arrondissement et dont personne n'a rien à foutre. Donc, entre le réalisme cru, urbain du roman noir, que j'apprécie, et la sorte d'évanescence pseudo-politique du roman blanc, évidemment, je choisis le roman noir. Mais maintenant, il faut savoir comment le roman noir va pouvoir se renouveler. Il me semble que c'est en se servant du réalisme comme d'une matrice que ça devient intéressant, et aujourd'hui, le réalisme prolifère dans tout un tas de dimensions, en particulier dans les nouvelles technologies. Faire un polar, aujourd'hui, qui parlerait une énième fois d'un flic alcoolique qui découvrirait une conspiration du silence, ou une corruption généralisée dans une petite ville de province, ça n'amènerait pas à grand-chose. Parce que ça y est, c'est déjà là, ça. Les journalistes et les juges vont s'en occuper de toutes ces affaires, je pense. Le rôle des écrivains n'est pas de montrer ce qu'il y a déjà partout à la télé, c'est d'essayer de voir un peu plus loin… L'affaire du sang contaminé, les différentes manipulations génétiques, la dissémination du nucléaire, y compris, à un niveau quasi privé, la création de "privatopia", d'utopies privées, d'espaces clos dans lesquels un ou des individus pourront faire à peu près ce qu'ils veulent. Ca, ça me semble être les enjeux du polar du futur.

Pourtant Crumley, ou Ellroy fonctionnent encore sur ces règles classiques?

C'est vrai, ils sont en quelque sorte mes grand frères, ils ont dix ou vingt ans de plus que moi. C'est sûr qu'ils ont été formés dans les années 60, mais déjà on peut sentir chez eux une vision de l'Amérique, qui se rapproche ­ au risque de paraître hérétique ­ de bouquins de SF des années 50-60, très réalistes, comme Après la déglingue, ou L'envol de la locomotive sacrée. Ces romans sixties complètement délirants, et qui nous montraient un futur qu'on pouvait toucher du doigt. C'est la même chose quand on pense à K. Dick, Ballard ou Spinrad. Pour moi, Bug Jack Baron (Jack Baron et l'éternité), est un roman noir, un roman noir futuriste. Il y a tous les éléments du roman noir, la lutte du Bien et du Mal, y compris le fait que la lutte contre le Mal ne peut pas laisser innocent.

Tu te rapproches plus d'une certaine littérature de science-fiction…

Je fais ma salade !! (rires). On m'accuse aussi avec Les racines du mal de n'avoir fait qu'une sorte de fatras…

Justement, c'est le chaos, et c'est ça l'intérêt.

J'te remercie… (rigolade) Je ne suis ni américain ni ouzbek, mais, le problème c'est qu'en France, on considère que la littérature… pour simplifier, la littérature doit amener de l'ordre dans le monde, elle doit lui donner un sens. C'est le grand truc de toute la littérature française du XXe siècle. Dans le chaos du monde, la littérature doit représenter une espèce de voie, à part, qui au contraire sera épurée, concise, avec des choses très fines… Et moi, je ne crois pas à ça. Si on veut être des "littérateurs" du XXe siècle, il faut qu'elle soit chaotique, monstrueuse, violente, pratiquement sans espoir. Il y a eu quelques défricheurs, comme Céline, Bataille, des gens qui comprenaient que la littérature n'était pas faite pour représenter l'avis d'un auteur sur le monde, quel que soit cet avis, mais que l'auteur devait prendre sur lui tout ce bazar. Etre une sorte de sampler branché sur la planète. Evidemment, ça fait des bouquins qui ne sont pas culturellement corrects… Mon bouquin est obèse, laid, il est noir, ça pue… Mais il est, il me semble, à l'image du siècle.

Une des choses frappantes du livre, c'est cette omniprésence du corps meurtri, broyé, brûlé, la référence au corps organique.

On peut ramener ça à tout un tas d'influences comme Francis Bacon, Egon Schiele, les expressionnistes allemands, ou Burroughs. Ce sont des gens qui témoignaient de notre état de viande, à mi-chemin entre la bête et l'ange, mais je dirais plutôt entre l'animal et la machine. On a envie de décrire l'humain, non plus sous sa vérité factice, la littérature est là pour écorcher, pour regarder ce qu'il y a en dessous. Inévitablement, tu vas retrouver les corps en décomposition qui représentent la présence de la mort dans la vie, et cette vacuité, cette fragilité du corps humain.

Pourquoi cette évocation du corps décomposé fonctionne si bien dans l'univers du cyberespace?

C'est ça qui m'intéresse. Il est clair qu'on va inévitablement vers une collusion, une collision bio-machine. De plus en plus, on va se retrouver avec de petites machineries à l'intérieur de notre corps, voire de notre cerveau. Il n'y a pas de démarche volontaire, mais cette irruption du corps en putréfaction/dislocation me paraissait intéressante à mettre en parallèle avec la virtualisation de nos modes de vies, par le biais des technologies diverses qui apparaissent. Il me semble que c'est lié. Dans l'histoire de l'homme, quand il y a une rupture dans un sens, il y a inévitablement une contre-rupture. C'est très schématique, mais aujourd'hui, si on fait le bilan du XXe siècle, on pourra y voir le siècle des plus grandes avancées de l'esprit depuis longtemps. La physique quantique, les neurosciences en passant par la conquête spatiale, et puis en même temps il y a eu Auschwitz, Hiroshima… C'est tout à fait concomitant, et tout ça forme l'humain. C'est le siècle des grands abattoirs et en même temps c'est le siècle d'Apollo. C'est ce que sont un peu la bande des "verres miroirs", les enfants d'Apollo et du Viêt-nam. Et moi, je suis aussi de cette génération. Il faut bien considérer les liens originels entre le Mal et la technique. Au lycée, on date le début de l'ère humaine à partir du moment où l'homme s'est relevé et a créé des outils, mais personne ne dira qu'il s'agissait en fait d'armes. Le premier outil que l'homme a fait, c'est une arme. La rupture de l'homme avec l'animal se fait grâce aux techniques de destruction. (Voir le roman de Philip K. Dick Dedalusman). C'est ce que le roman noir nous transmet… Dans les années 20-30, aux Etats-Unis, le roman noir nous montrait que sous l'apparence de cette grande civilisation, moderne, prospère, se cachait toutes les pulsions destructrices de l'humanité. La corruption, le crime, le viol sont le moteur même des sociétés avancées. Norman Spinrad, dans les années 70, avait parfaitement "prévisionné", le trafic d'organes à échelle mondiale. Il avait parfaitement compris que le corps humain était déjà devenu une marchandise.(Jack Baron et l'Eternité)

Quelles seront les armes du XXIe siècle ?

Ce ne sont pas tellement les armes qui m'intéressent. Ce qui m'intéresse, c'est la notion de pouvoir. Pour moi, le roman noir et la science-fiction sont les seuls genres à s'être intéressés à cette notion de pouvoir. Un des espaces que j'aimerais couvrir maintenant c'est la dissémination privée démocratique des techniques de destruction massive. C'est ce que j'aborde dans le roman. Grâce aux utopies, aux espaces virtuels d'un côté, et à cette prolifération des techniques de destruction je serais tenté de dire techniques tout court, parce que les technologies, pour moi, sont plutôt destructrices qu'autre chose , on va arriver à quoi? Peut-être qu'il sera possible d'avoir des formes d' "Auschwitz privés", quelque chose de vraiment terrifiant dans lequel la destruction de l'être humain devient le but en soi. Quelque chose de ludique, d'à la fois barbare et sacré. C'est d'ailleurs un des problèmes du siècle, que tout le monde coure après le sacré. Tout le monde a besoin de retrouver la lumière. Le problème, c'est qu'on entre dans tout le jeu des illusions, des hallucinations, ce qui fait que par exemple, même le nazisme était une sorte de quête du sacré.

On voit très bien cette dualité entre le Bien et le Mal, puisque le roman est la lutte d'une "neuromatrice", et d'une famille de tueurs en série.

Toutes ces tendances aujourd'hui visent à revenir à l'état de machine. D'un côté on invente des machines de plus en plus humaines, et d'un autre côté on invente une humanité de plus en plus machine. On ne pourra dire qu'on a créé une intelligence artificielle, ou une conscience artificielle, que le jour où elle sera capable de faire le mal. C'est aussi con que ça… Mais moi, je n'ai pas de réponse.

La forme chaotique du roman?

En matière d'écriture, je me refuse à vouloir faire une littérature trop consciente. Il me semble que si on doit parler de l'humain tel qu'il est vraiment, il faut revenir, par exemple, à ce que les surréalistes avaient pressenti. Ce bouquin, il est fait d'autres bouquins, de bribes de littératures éparses: rapports d'autopsies, trucs tirés des Cartea Negra sur le nazisme roumain, journal des tueurs, bribes de conversations échangées sur Internet. Il me semble que pour nous, la réalité n'est plus capable que comme ça.

La représentation du Mal "Schaltzmann"?

Dans de nombreux cas patentés de tueurs en série ou de tueurs de masse psychotiques, les cas de vampirisme ou d'anthropophagie sont assez fréquents. Parce que derrière tout ça, il y a une quête du sacré, les psychopathes les plus vils ont aussi une quête du sacré. Ça nous trouble, évidemment. Pour nous le sacré correspond à une élévation de l'âme humaine… Moi je ne crois pas, ça n'a rien à voir avec tout ça. C'est beaucoup plus ambivalent. Mais, encore une fois, je n'ai pas de réponse, je suis obligé de le décrire. Freud, il me semble, explique je crois dans Totem et Tabou comment le mot sacré vient en fait d'impur. D'impur, et non de pureté! Comme si la quête du sacré était aussi la quête de la mort, de la décomposition. J'en viens à dire que la seule littérature qui va pouvoir émerger du XXe siècle, est une littérature paradoxale, qui ne prétendra pas à avoir circonscrit l'humanité dans un système bien fermé, rassurant. Il faut regarder nos cadavres en face…

La violence dans le bouquin ?

C'est une question que je me pose, évidemment, il y a tellement de pression! Maintenant, ça va bientôt être de la faute des artistes si des fous furieux décident de balancer des bombes à gaz dans le métro. Ça va être de la faute de ceux qui auront émis l'hypothèse que ça allait arriver. On nous dit que si les mômes tuent à l'âge de dix ans, c'est à cause des films. Mais, bon Dieu! Les mômes tuent depuis l'origine de l'humanité. Pour ce qui est de la violence dans les dessins animés japonais, je me souviens moi, qu'à l'âge de dix ans, je lisais Fantasc, Marvel, et qu'à l'époque, ça avait été interdit. Je ne connais pas de plus vaste complot du mensonge que de dire que les jeux vidéo, ou les dessins animés, poussent les enfants à tuer. C'est-à-dire qu'on refuse de dire qu'il existe des mômes capables de tuer. Il n'y a rien de plus facile que de transformer un môme en tueur. C'est d'ailleurs pour ça qu'un des responsables de la secte dans le livre explique qu'il tue depuis l'âge de dix ans. On veut nous faire croire que la télévision n'est pas de notre responsabilité, qu'elle nous est étrangère. Ce que j'ai voulu expliquer dans le livre, c'est cette vision qui consiste toujours à envisager la technique comme étant extérieure à l'humain. Non, elle en est sa création, son extension la plus pure justement. La situation devient assez insupportable, car on se retrouve accusé de tous les maux. Si jamais la situation que je décris devient un jour réelle ­ c'est-à-dire l'existence de chambres à gaz privées ­, c'est qu'on aura franchi un pas de plus vers l'horreur. Mais si c'est sorti de mon cerveau malade, crois-moi, c'est déjà en gestation dans un cerveau quelque part. C'est tout ce que j'ai à dire pour ma défense!

Les coïncidences maléfiques entre la fin de la rédaction de l'ouvrage et certains événements tragiques…

J'ai fini ce bouquin en décembre 1994. Le jour, à peu de chose près, où je l'ai remis à mon éditeur, il y a eu l'affaire de la secte du temple du Soleil, une espèce de mégasuicide collectif. Déjà, je me suis un peu inquiété. A la période où je faisais la correction des dernières épreuves, il y a eu en l'espace de quinze jours Oklahoma City et l'histoire de la secte Aum, au Japon. Le grand challenge va être de savoir comment on va se dépatouiller dans une humanité où on pourra se trimbaler avec des isotopes radioactifs achetés au marché noir, avoir accès à des techniques de destruction et de communication ­ moi, j'essaie de montrer que c'est la même chose ­, pourtant je suis un fan d'Internet. Mais par exemple, ce que je ne supporte pas, ce qui me met en colère, c'est les discours à la Joël de Rosnay. Cette espèce de vision… Il nous fait le coup d'ailleurs tous les cinq ans. "Le monde va changer, vous allez voir, on va entrer dans une ère de communication avancée, ça va être cool…". Comment on peut encore sortir des âneries pareilles au siècle d'Auschwitz, de Tchernobyl! Internet est une formidable invention de l'esprit humain, mais comme toutes les inventions de l'esprit humain, elle charrie tout ce qu'il y a dans l'esprit humain. A mon avis, c'est d'ailleurs à cause de cet aveuglement qu'on a ces dérèglements dont je parle. L'homme est encore une machine très sauvage, qui ne se comprend pas du tout lui-même et qui pourtant dispose d'un cortex surpuissant. Alors, en 1995, on est en train de générer une forme de méta-cerveau mondial, c'est vrai, qui comme tous les cerveaux aura ses zones obscures. Et si, comme J.D.R, qui est contre le cryptage privé, donc pour une certaine forme de flicage, il refuse de voir la réalité humaine en face, le cyberespace va reproduire, sans doute même à une échelle encore plus tendue, dramatique, les tensions qui sont à l'œuvre dans l'humanité. Les 99 % de "sombre" contenu dans l'esprit humain.

Les nouvelles technologies et l'histoire…

A l'époque de la chute du mur de Berlin, à la fin du communisme, on a vu arriver tout un tas de bouquins, dont un d'un nippo-américain, Furyama, sur la fin de l'histoire. Le capitalisme avait vaincu, maintenant on allait rentrer dans une espèce de paradis, or bizarrement, c'était exactement la vision du communisme. Ce que montre le cyberespace, et toutes ces choses en gestation, c'est que l'histoire est loin de s'arrêter, au contraire elle va devenir de plus en plus cruciale. Les noyaux de pouvoir vont devenir de plus en plus durs, les affrontements, cette guerre civile larvée présente à l'échelle de la planète dans chaque société, vont prendre sa mesure. Là, Joël de Rosnay, on en reparlera en 2010 !

Le cyberespace…

Pour moi, l'idée du cyberespace est très intéressante, parce qu'il se situe très exactement à la frontière du réel et de la fiction. Quand William Gibson a commencé à élaborer son cyberespace du futur, il était très branché sur ce qui se passait, au moment où il l'écrivait, au début des années 80 quand Internet a commencé à apparaître. Mais il a également influencé en retour les gens qui ont développé le truc. C'est ce qu'il y a de très intéressant, c'est le fait que ce cyberespace est un lieu où fiction et réel copulent pour créer une nouvelle sphère d'activité humaine, qu'on pourrait appeler neuro-sphère. Bizarrement, c'est aussi bien des écrivains de science-fiction que des gens qui travaillaient dans le réel scientifique qui l'ont créé en interaction. Chaque jour sur Internet, on découvre un espace créé à partir de la fiction personnelle de quelqu'un, et tu l'as devant les yeux. Ça, je trouve ça fascinant…